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[Critique] THE CLOVERFIELD PARADOX

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] THE CLOVERFIELD PARADOX

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Titre original : The Cloverfield Paradox

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Julius Onah
Distribution : Gugu Mbatha-Raw, David Oyelowo, Elizabeth Debicki, Daniel Brühl, Chris O’Dowd, Ziyi Zhang, Aksel Hennie, John Ortiz…
Genre : Science-Fiction/Suite/Saga
Date de sortie : 5 février 2018 (Netflix)

Le Pitch :
L’humanité est au pied du mur. Les ressources sont presque entièrement épuisées et le peu qu’il reste fait l’objet de multiples conflits armés. Néanmoins, un espoir subsiste : dans l’espace, sur la Station Spatiale Internationale, des scientifiques s’apprêtent à démarrer un accélérateur de particules capable de générer une source inépuisable d’énergie. Alors qu’après de multiples essais infructueux, l’opération semble avoir fonctionné, l’équipage de la station ne tarde pas à s’apercevoir que la Terre, qu’il gardait en ligne de mire, a disparu…

La Critique de The Cloverfield Paradox :

J.J. Abrams préparait depuis un petit moment le troisième volet de la franchise Cloverfield. Comme d’habitude dans le plus grand secret, de mèche avec la Paramount, le réalisateur bossait sur le projet sans trop en dévoiler. Sur internet, le film était annoncé pour le mois de juin. Néanmoins, le trailer diffusé lors du Superbowl nous a appris que Netflix avait récupéré les droits de diffusion et comptait donc proposer le long-métrage à ses abonnés dès le soir-même. Une démarche totalement inédite qui a pris tout le monde à revers et qui nous a donc permis de découvrir The Cloverfield Paradox dès ce lundi. Un film qui n’a donc bénéficié d’aucune promo, mais qui fait d’ores et déjà figure de cas d’école, tant son mode de diffusion relève du jamais-vu. On peut en plus souligner que la démarche est complètement cohérente avec le secret au sein duquel les deux précédents films de la franchise ont été développés… Mais sinon, le film, que vaut-il ? Parce que c’est bien joli de prendre tout le monde par surprise, mais faut-il que le résultat soit à la hauteur. À la hauteur du gigantesque séisme qu’il a réussi à provoquer au sein de l’industrie et à la hauteur de deux précédents volets…

Cloverfield-Paradox
Space Oddity

L’action de The Cloverfield Paradox prend plus ou moins place au même niveau que celle du premier film et du second film. L’invasion des monstres racontée dans le premier est ici également narrée, d’un autre point de vue. Ce qui était aussi le cas dans 10 Cloverfield Lane, qui se proposait quant à lui de raconter comment des personnages avaient trouvé refuge dans un abri enterré, alors qu’au dehors, l’apocalypse faisait rage. Le truc, c’est que cette fois-ci, ce sont justement les causes de l’apocalypse en question qui sont au centre du récit, The Cloverfield Paradox se proposant de répondre à la grande question : pourquoi ces créatures sont-elles arrivées sur Terre (et accessoirement, d’où viennent-elles ?). Pour cela, le film nous emmène dans les étoiles, dans la Station Spatiale Internationale. On apprend que la Terre se meurt, à bout de ressources (ce que le premier volet ne disait pas) et que le seul espoir de l’humanité réside en la capacité d’une poignée d’astronautes d’arriver à faire fonctionner une machine révolutionnaire capable de fournir des ressources énergétiques illimitées. Mais si le film se déroule en majeure partie dans la station, il prend aussi la peine de s’attarder sur l’invasion en question, à travers un personnage « coincé » au sol et donc soumis au chaos qui, dans le premier épisode, ravage New York.

Monster Bash

Niveau cohérence, The Cloverfield Paradox s’insère relativement bien dans la mythologie déjà mise en place dans les deux films précédents. Il y a juste un petit détail qui coince : en effet, jamais dans Cloverfield il était question de l’agonie de l’espèce humaine et d’une guerre aussi totale qu’imminente ayant pour objet le contrôle des dernières ressources. On voyait juste un groupe de jeunes réunis pour dire adieu à l’un des leurs en partance pour le Japon. Mais mis à part cela, c’est tout bon. The Cloverfield Paradox parvient rapidement à raviver le climat anxiogène de ses deux prédécesseurs, en faisant à la fois preuve de l’ampleur nécessaire pour traiter de cette potentielle fin du monde, mais jouant aussi sur le côté claustrophobique et angoissant propre au cadre choisi, à savoir la Station Spatiale Internationale.
Surtout qu’en l’occurrence, la production design sait véritablement se montrer à la hauteur. Le réalisateur, Julius Onah jouant avec une belle maestria avec son environnement et les possibilités qui s’offrent à lui, tout en exploitant un script malin, bien qu’un peu frustrant. Notamment quand on sent que certaines pistes ou certains éléments auraient pu être plus exploités. On pense, et sans spoiler, au passage durant lequel Chris O’Dowd se heurte directement au fameux paradoxe du titre et dont les implications ne sont finalement qu’effleurées.
Très ambitieux, The Cloverfield Paradox se contente ainsi parfois de prendre ce qui l’arrange pour faire progresser son histoire et il devient difficile de ne pas imaginer un autre épisode qui pour sa part, se montrera encore plus audacieux. Mais en l’état, le film fait plus que le job tant il se paye le luxe d’embrasser plusieurs genres en parvenant à chaque fois à se montrer convainquant ou mieux, carrément flamboyant. Pour ce qui est de la gestion de l’angoisse notamment, et pour tout ce qui touche aux relations entre les personnages. Des protagonistes tous parfaitement campés par des acteurs excellents. Parce qu’au fond, si The Cloverfield Paradox est bel et bien un pur trip de science-fiction dans la lignée des grands classiques des années 50/60, avec tout le côté métaphysique très bien intégré, c’est aussi un film plus intimiste qui prend le temps de s’intéresser à l’humain. De la remarquable Gugu Mbatha-Raw à David Oyelowo en passant par Elizabeth Debicki, Daniel Brühl, Chris O’Dowd ou Ziyi Zhang, tous trouvent leur place et quand vient le moment de déconstruire la dynamique de groupe, alors que le film se rapproche de productions comme Sunshine, Alien et le récent Life, tous parviennent à favoriser l’empathie et l’émotion qui découlent des situations.

Un cri dans l’espace

Moins original qu’il n’en a l’air, aussi passionnant que prévu et bien plus dense et malin qu’il pouvait le laisser présager, The Cloverfield Paradox est, malgré ses quelques travers, une réussite indéniable. Il continue à raconter la grande histoire de Cloverfield et sait, à l’instar des deux autres volets, trouver sa propre tonalité, tout en nourrissant une dynamique d’ensemble qui ne cesse de s’étoffer. Visuellement très réussi (même si on pourra toujours trouver à redire sur la pertinence de quelques concepts), le film est aussi très bien rythmé et sait jouer sur les bons vieux clichés pour les reprendre à sa sauce (la plupart du temps), sans faire de sur place, justifiant ses choix au fil de morceaux de bravoure qui forcent l’admiration autant qu’il parviennent à captiver sur la longueur.

En Bref…
Pur film de science-fiction à taille humaine faisant partie d’un ensemble dans lequel il s’imbrique très bien, apportant une nouvelle dimension, The Cloverfield Paradox est un passionnant voyage métaphysique aux accents paranoïaques et horrifiques. Une œuvre maligne et ambitieuse qui prouve au passage la spectaculaire et inexorable montée en gamme de Netflix…

@ Gilles Rolland

cloverfield-paradox-cast
   Crédits photos : Netflix


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