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Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 37-38-39

Par Blackout @blackoutedition
Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 37-38-39

Photo de Simon Woolf

Pour le livre de Richard Palachak, "Kalache", c'est par ici : KALACHE

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 37

– C'est son exhalaison qui était sucrée, quelque part entre la fraise des bois et la barba-papa. Mon sang bouillonnait sous la chaleur d'une excitation méphistophélique. Alors quand elle s'est re-baissée pour chasser ses vêtements civils à l'intérieur de la mallette, et que sa croupe est sortie de sa jupe tel une faîne de son prépuce, je n'ai pas su résister. Mon poignard enflé jusqu'à l'explosion s'est évadé de mon falzar. Je me suis rapproché en silence, par derrière, et j'ai brutalement chopé la poupée par le cou, l'étreignant des deux mains. Comme elle a tenté d'hurler, j'ai tiré sa nuque en arrière et j'ai serré à nouveau, plus fort, étouffant son cri dans l'asphyxie. Mon pal a trouvé l'entrée de son petit calice engraissé du premier coup. C'était parti pour le marmitage. – Le marmitage ? – Ouais, mais profitant du fait que je relâche mon étranglement, la frangine s'est remise à brailler comme une écorchée vive. Du coup, je l'ai sanglée plus fort et elle s'est résignée. C'en était fini des protestations, j'ai enfin pu me lâcher. Je lui ai tiré les cheveux de la main droite, tout en appuyant sur la cambrure de son dos de la main gauche. La mignonne s'est effondrée sous ma lourdeur, à genoux et la tête au sol, arrachant au passage une partie de sa crinière. Cette brutalité de l'acte m'a rendu complètement fou, le dérouillage a redoublé de vigueur et mon pied droit s'est mis dans le ciboulot d'écraser son petit minois de neuchié sur le plancher. Le regard de la showgirl s'est éteint et son visage empourpré s'est mis à dégouliner d'un mélange de larmes et de maquillage. Aucun gémissement, pas même le moindre sanglot. Je me suis retiré au dernier moment pour lui enfoncer la balane dans l'étoile sombre... et envoyer le yaourt. – Si j'ai bien suivi ton envolée lyrique de gros dégueulasse, t'as violé la strip-teaseuse ? Mais t'es qu'une grosse raclure de pelle à chiasse, Kalache ! Je m'en vais de ce pas te dénoncer aux condés, sale enculé de gros porc infect. Et à mon retour, sur la très sainte Virgem Maria, je te crèverai. – Du calme Felicio, je te faisais marcher. Ha ! Si tu tombes dans le panneau de toutes les conneries qu'on débagoule sur ma gueule, t'as pas fini de voir la lune en plein midi... et d'avoir carrément les boules.

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Il était minuit et demi à ma montre et toujours pas un chat. On était comme deux andouilles à col roulé devant la porte blindée, tournés vers le grand parking de la boîte vide. La pleine lune flottait au loin, dans l'air asphyxié de la Peuge, partiellement voilée par une traînée de nuages sombres. Il faisait chaud en cette nuit caniculaire de mois d'août, Felicio et moi baignions dans une mare infectée de sueur sous nos costumes de pingouins. Virgile, notre gardien de parking anémique, faisait les cent pas vêtu de son grotesque gilet de sécurité jaune fluo, agitant désespérément sa lampe torche en quête de clients. Puis d'un coup, ce fut le rush... Un flot ininterrompu de bagnoles afflua au « Jet » en file indienne. Et ça bouchonnait sec sur l'artère centrale de la zone industrielle. À des kilomètres à la ronde, on entendait le bourdonnement sourd des basses qui s'échappait des habitacles, où l'électro-house et la hardtech faisaient rage. Alors Virgile, notre rouquin de service, se mit à convulser sa lampe torche dans tous les sens, tel un agent de chaussée sur un tarmac. Beaucoup de clients rappliquaient déjà bien éméchés et nous gonflaient d'entrée, car ils ne comprenaient pas que notre apparence de connards était fondamentale. Et dans ce domaine, Luc n'avait pas besoin de se forcer. À ses yeux dessillés, tous les oiseaux de nuit étaient des débiles mentaux et l'alcool ne faisait que faire tomber les masques.

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Je suis déjà un vieux con. J'ai beau tenter de m'adapter, je reste à côté de la plaque. Kestu veux, les vieux ringouzes de mon espèce ne seront jamais des « Go-Fast » de l'ère numérique. Je suis un beauf du vingtième siècle, une espèce en voie de disparition, avec mes vieilles histoires de cul, d'alcool et de baston. Je suis hors-champ des go-pro, définitivement largué, un blaireau des années 80, une vieille lune exclue du courant de la lumière, me caressant devant le Soleil et la Terre en train de bourrer.

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