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[Critique] LE SECRET DES MARROWBONE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] LE SECRET DES MARROWBONE

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Titre original : Marrowbone

Note:

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☆

Origine : Espagne/Grande-Bretagne
Réalisateur : Sergio G. Sánchez
Distribution : Anya Taylor-Joy, George MacKay, Mia Goth, Charlie Heaton, Matthew Stagg, Kyler Soller, Tom Fisher, Nicola Harrison…
Genre : Drame/Épouvante/Horreur
Date de sortie : 7 mars 2018

Le Pitch :
Aux États-Unis, à la fin des années 60, Jack, 20 ans, ses deux frères et sa sœur, vivent cachés du monde extérieur dans une grande bâtisse isolée dans la campagne, essayant de dissimuler le décès de leur mère, afin de ne pas être séparés par les services sociaux. Bientôt, des phénomènes paranormaux se produisent, indiquant que leur maison abrite un esprit malveillant…

La Critique de Le Secret des Marrowbone :

Scénariste de L’Orphelinat et de The Impossible, Sergio G. Sánchez signe, avec Le Secret des Marrowbone son premier film de cinéma. Film qu’il a par ailleurs également écrit, appliquant plus ou moins les recettes ayant fait leurs preuves avec L’Orphelinat, à ce jour l’une des productions horrifiques les plus efficaces du cinéma espagnol…

Le-Secret-des-Marrowbone-Anya-Taylor-Joy

Ghost in the attic

Tourné en langue anglaise, avec des acteurs anglais et américains, Le Secret des Marrowbone n’en demeure pas moins un pur film d’épouvante espagnol, en cela qu’il applique des codes propres aux productions ibériques les plus mémorables en matière d’horreur, vues ces dernières années, tout en mettant en avant une ambiance qui se rapproche là encore de films comme L’Orphelinat. Pas de jump scares vulgaires et opportunistes ici. Sergio G. Sánchez travaille son atmosphère et tient à distiller dès le début une poésie prégnante dans laquelle s’ancre son récit, avant de s’y développer. Idem niveau mise en scène. Loin du cahier des charges des longs-métrages américains vus ces derniers temps, souvent caractérisés par cette tendance à noyer un scénario famélique avec une tonne d’effets dispensables, Le Secret des Marrowbone lui, s’apparente rapidement à une alternative douceâtre beaucoup plus exigeante. La musique, la réalisation donc, léchée mais pas trop, soignée en permanence, prudente dans son audace, la photographie… Tout va dans le sens d’une démarche dont l’un des objectif et de provoquer l’empathie, de favoriser le bon épanouissement de la peur, la vraie, puis enfin de prendre le spectateur à revers, avec un bon vieux twist des familles.

Tragédie familiale

Ainsi, si Le Secret des Marrowbone est bel et bien un authentique film d’épouvante, c’est aussi et surtout une tragédie familiale. Un film centré sur le combat d’un frère pour garder sa famille unie, alors qu’un terrible secret met en péril la sécurité de toute la fratrie mais aussi sa place fragile dans une société qui juge d’un mauvais œil le mode de vie de ces enfants coupés du monde par la force d’un événement entachant pour le coup véritablement l’image qu’ils renvoient aux autres. La peur vient ensuite. Elle s’extrait justement de ce terreau et s’exprime par petites touches redoutablement efficaces, montant en puissance d’un seul coup, grâce à une écriture dans un premier temps spectaculaire de sobriété puis à une mise en scène pertinente. Le cinéaste qui choisit aussi d’éclater sa narration pour mieux préparer le terrain à la révélation finale. Un peu à la façon de Shyamalan, en parvenant relativement bien à ne pas se perdre dans les méandres d’un scénario alambiqué mais relativement limpide. Oh bien sûr, on voit où le récit veut en venir d’autres films un peu similaires sont passés par-là avant, mais la chose n’en reste pas moins convaincante. Surtout dans ce désir de ne jamais perdre de vue l’aspect intime, la mélancolie et l’émotion qui s’en extirpe dès lors que les liens puissants entre les personnages sont mis à mal.
En cela, la toute fin n’est pas vraiment à la hauteur de la formidable première partie. Le Secret des Marrowbone ne raconte pas une simple histoire de fantôme. Il va plus loin et au fond, difficile ne pas se dire qu’il aurait dû s’en contenter…
Cela dit, le film finit par emporter la mise malgré ce dénouement un peu boiteux. Pour toutes les raisons précédemment évoquées et pour les acteurs, tous magnifiquement dirigés, Charlie Heaton (le nouveau Edward Furlong, vu dans Stranger Things), le jeune et épatant Matthew Stagg et Mia Goth (A Cure For Life) bien sûr, le toujours excellent George MacKay (Captain Fantastic) et l’incroyable Anya Taylor-Joy (Split), qui illumine de sa présence chaque scène.
Des acteurs au diapason des intentions d’un réalisateur méritant plus qu’à son tour…

En Bref…
Véritable film d’épouvante, effrayant et troublant, Le Secret des Marrowbone confirme la bonne forme d’un cinéma de genre espagnol encore capable de surprendre en gardant son intégrité, malgré une fin moins convaincante, croulant un peu sous le poids d’une ambition un poil démesurée.

@ Gilles Rolland

Le-Secret-des-Marrowbone-cast
   Crédits photos : Metropolitan FilmExport


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