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De nouveau à Glasgow - 43

Publié le 15 mars 2018 par Detoursdesmondes
1hunterian


J'ai découvert l'année dernière ce merveilleux et vieux musée qu'est l'Hunterian Museum de Glasgow, et j'ai déjà eu l'occasion d'écrire une note à son sujet. Mais dans la perspective des collections Cook, reprenons brièvement ici l'histoire de ce musée pour ses collections du Pacifique.
Si l'une des plus grandes personnalités de Glasgow est sans nul doute Charles Rennie Mackintosh, un architecte et designer talentueux, nous remontons un peu plus loin dans le temps afin de retrouver au 18ème siècle, William Hunter, un médecin notamment spécialisé dans le domaine de l'obstétrique et un incroyable collectionneur de spécimens d'anatomie à des fins pédagogiques. Mais il ne s'en tint pas là et accumula des spécimens d’histoire naturelle de toutes sortes, des livres, des pièces de monnaies et des curiosités provenant des mers du Sud. À sa mort en 1783, il laissa sa collection à ses associés et à l'université de Glasgow où elle fut transférée dans un musée dédié en 1807.
2couteau-mori-glasgow La trace la plus ancienne de catalogue date de 1813 et a été établie par un certain Capitaine J. Laskey. Ce dernier travaillait à Glasgow, il venait souvent au musée, l’appréciait et pensait que réaliser un ouvrage sur celui-ci pourrait encourager de généreux donateurs. Son livre apparaît comme une description vitrine par vitrine du contenu de chaque salle assortie parfois de certains commentaires personnels, ici vantant la qualité du matériau et l’habilité du travail de celui qui l’a réalisé sans l’aide du fer ou de l’acier : « Long War Clubs om the Sandwich Islands ; these are formed of a species of wood almost equal in hardness to the brazilian, and superior in beauty to mahogany. When it is remembered iron and steel were who y unknown to these people, few specimens of laborious and skilful workmanship can vie with them; the carving though with no better instrument than a she or shark's tooth, or perhaps a flint or hard stone, by dint of industry and ingenuity is perfectly uniform in pattern, and highly ornamental». (Hall de l’éléphant) (2).
Mais Laskey ne connaissait pas la provenance des acquisitions faites par Hunter et ne pouvait pas documenter correctement les objets. L’entomologiste John C. Fabricius qui suivait de près la collection remarque que William Hunter avait su s’entourer de toute une série d’experts (dont son frère John qui était aussi chirurgien) qui surveillait de près tout ce qu’on pouvait acquérir sur le marché, d’où probablement l’existence d’une multitude de sources possibles pour les objets ethnographiques de sa collection.
3dance-paddle-paquesOn retrouve le Capitaine James King qui fit don de quatre objets dont un couteau maori superbement sculpté et orné de dents de requin et de coquilles d’haliotis (E352, photo ci-dessus).
(Deux autres couteaux de la sorte sont conservés à Oxford et au British Museum).
Bien que Hunter et Cook aient été tous les deux membres de la Royal Society, il semble que Hunter ait acquis la plupart des artefacts au cours de ventes aux enchères. A. Kaeppler a ainsi repéré des objets acquis par ce dernier à la vente de David Samwell, le chirurgien du troisième voyage (un tapa tahitien, une patu maorie, un kahili (sceptre) d’Hawaii ainsi qu’une étoffe d’écorce et une lance) (3).
Il y a encore cette petite palette de danse de l'île de Pâques (E348) qui est un objet rare, daté du 18ème siècle. Elle provient d'un don de James King bien que ce dernier ne fît pas partie de la seconde expédition, seul voyage où il y eut une escale pascuane : King a dû l’acheter au retour de celui- ci.
Les deux autres objets donnés par King sont des patu maories (E 563/1 et /2)
GlasgowE329
On note encore l’existence d’une étrange sculpture (E329) dont on a dû mal à la situer géographiquement.(cf. ci-contre). Elle figure déjà dans le catalogue de Laskey de 1813 et on peut songer à un style d’influence maorie (?). Une mention indique « Wlliam Hunter from Captain Cook » mais aucune preuve n’est donnée.
Avant le transfert des collections dans un nouveau bâtiment sur Gilmorehill en 1870, s’ajoutèrent aux objets des Mers du Sud plus d’une centaine de nouveaux artefacts polynésiens et mélanésiens donnés en 1860 par George Turner qui fut étudiant à l’université de Glasgow. Ce dernier fit partie de la London Missionary Society et, après un court séjour au Vanuatu, il fut missionnaire pendant une vingtaine d’années aux Samoa.
Actuellement, dans la base de données du Hunterian museum, la recherche James Cook fait état de 101 objets. Peu sont exposés, probablement parce que ce n’est pas la priorité du musée puisque ce n’était pas celle de son fondateur, plutôt tourné vers l’anatomie et les sciences naturelles en général.
Notes :
1. in Laskey J. p.77, A general account of the Hunterian museum, Glasgow
2. in Kaeppler A., 1978, Artificial Curiosities p. 286
Photos :
1. Vue de la grande salle de l’Hunterian Museum, Glasgow, photo de l’auteure 2017.
2. Couteau maori @ Hunterian Museum Glasgow, E352 – photo de l’auteure 2017.
3. Palette de danse de l’île de Pâques @ Hunterian Museum Glasgow, E348 – photo de l’auteure 2017.
4. Figure polynésienne @ Hunterian Museum Glasgow, E329 – photo de l’auteure 2017
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