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[Critique] PACIFIC RIM UPRISING

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] PACIFIC RIM UPRISING

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Titre original : Pacific Rim Uprising

Note:

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Origine : États-Unis
Réalisateur : Steven S. DeKnight
Distribution : John Boyega, Scott Eastwood, Cailee Spaeny, Rinko Kikuchi, Jing Tian, Adria Arjona, Charlie Day, Burn Gorman…
Genre : Science-Fiction/Action/Suite/Saga
Date de sortie : 21 mars 2018

Le Pitch :
10 ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre contre les Kaiju, ces gigantesques créatures venues d’une autre dimension. Une décennie qui a permis à l’humanité de perfectionner ses armes pour se préparer à un éventuel retour des créatures. Les Jaegers sont désormais plus perfectionnés et plus légers. Pourtant, quand les Kaiju vont effectivement revenir à la charge, plus puissants que jamais, épaulés par un ennemi de l’ombre, les pilotes de Jaegers vont avoir fort à faire…

La Critique de Pacific Rim Uprising :

Guillermo del Toro, le réalisateur du premier Pacific Rim, devait réaliser cette suite. Mais finalement, il dut se résoudre à lâcher l’affaire pour pouvoir mettre en scène La Forme de l’eau, avec le succès que l’on connaît. Ce qui n’a pas signé l’arrêt de mort du projet. On dépêcha simplement un remplaçant, à savoir Steven S. DeKnight, un réalisateur de télévision, en charge sur Daredevil notamment, et une équipe de scénaristes. del Toro quant à lui, figure tout de même au générique en tant que producteur. Et si on sait depuis bien longtemps que la présence à la production d’un grand nom ne veut pas dire que le résultat final va être à la hauteur (cf. Spielberg avec Transformers), on se doute qu’ici, bien trop occupé qu’il était sur son histoire d’amour aquatique, del Toro ne dut jeter qu’un œil discret au déroulement des opérations. Parce qu’il faut bien avouer que Pacific Rim 2 confirme les craintes soulevées par ses multiples bandes-annonces…

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Le scénario de Pacific Rim Uprising cumule à peu près tous les clichés et toutes les tares de la parfaite suite d’un blockbuster à succès. On charge bien la mule, on introduit de nouveaux personnages, on fait le lien avec le film précédent et on tente de faire mieux en ne faisant au final que démontrer qu’on a absolument rien compris. Ici, c’est donc John Boyega qui mène la danse, lui qui incarne le fils du personnage joué par Idris Elba dans le premier volet. Un héros désinvolte qui doit faire équipe avec un autre beau gosse (Scott Eastwood) pour sauver le monde. Ils ne s’entendent pas mais vont devoir faire…. on connaît ça par cœur merci bien. Rajoutons à cela une escouade d’ados plus moins têtes à claques et le tour est joué. Ah oui, et n’oublions pas le super duo de têtes d’ampoule du premier épisode ! Ils sont là eux aussi, tout comme Rinko Kikuchi, qui contrairement à Charlie Hunnam ou Ron Perlman, a accepté de rempiler. Une flamboyante équipe à la tête d’un blockbuster lent au démarrage, dont l’un des premiers torts est de penser que ce qu’il a à nous raconter dans ses dialogues interminables est super passionnant et mérite donc de passer avant l’action. Jamais le script ne fait preuve de la moindre once d’originalité mais le récit avance bille en tête en enfonçant un nombre record de portes ouvertes. Les nouveautés ? Elles sont toutes ou presque foireuses. On ne les mentionnera pas ici pour ne pas gâcher la surprise mais sachez que ce que les scénaristes nous ont dégotté pour faire progresser l’intrigue et justifier cette suite, est relativement foireux, hyper bordélique, souvent très con et surtout parfaitement calibré pour nourrir des invraisemblances dont la fréquence vient fragiliser une structure déjà pas bien solide.

Film catastrophe

Et si le début n’a rien d’audacieux, il a au moins le mérite de se tenir à peu près. Car plus le long-métrage progresse et plus il s’enfonce dans le tréfonds d’une débilité qui atteint des sommets à la fin, alors qu’enfin, Jaegers et Kaiju se mettent joyeusement sur la gueule. Un climax tellement retardé que ça en devient ridicule, mais parfaitement bâclé en cela qu’il se résume à une sorte de cinématique sans beaucoup de sens, putassière au possible et, encore une fois, complètement stupide. Empêtrée dans un politiquement correct embrassant (« c’est bon, la ville a totalement été évacuée, vous pouvez vous battre » Sérieusement les gars ? Une ville de près de 14 millions d’habitants vidée en moins de 24 heures ?) et en même temps visiblement pas complexée de bafouer à peu près tout ce que del Toro avait accompli avec Pacific Rim, cette suite fait preuve d’un je-m’en-foutisme vraiment embarrassant, y compris quand on n’est pas vraiment venu pour se prendre la tête avec des détails, mais juste pour voir des trucs géants se taper sur le coin de la tronche. Parce que le vrai problème est là : modèle de divertissement grand public, parfaitement orchestré et hyper généreux et finalement assez mesuré et raisonnable, le premier Pacific Rim parvenait à éviter tout ce que sa suite se fait un plaisir de se prendre en pleine poire. Un autre exemple : on nous dit que les humains ont mis à profit les 10 années écoulées depuis la fin de la guerre pour mettre au point de nouveaux Jaegers et de nouvelles technologies mais pourtant, l’armée ne dispose que d’une poignée de gamins dans son académie pour piloter les Jaegers en question. 6 ou 7 gosses dans le monde entier ? Sérieusement ? On est censé adhérer à ça ? Voici donc le vrai soucis avec Pacific Rim 2 : il ne se contente pas d’envoyer du bois mais en fait trop, sans soigner les formes, il est brouillon, bancal et stupide à tel point qu’au bout d’un moment, ça se voit tellement que le show devient secondaire et profondément inintéressant. Un peu à la façon des Transformers que Michael Bay enfile comme des perles. On nous balance au visage les biftons dépensés pour nous aveugler et nous encourager à oublier que tout ceci n’a aucun sens. Et c’est justement parce qu’il donne l’impression de vouloir nous bourrer le mou et qu’il ne se contente pas de se poser tel un roller-coaster spectaculaire, que Pacific Rim Uprising est aussi quand même un peu gonflant.
Dommage, car sur un point de vue strictement visuel, le film fait le job. Les effets-spéciaux sont très réussis, on voit les Jaegers et les Kaiju en plein jour, il y a quelques trucs vraiment cool, mais voilà… L’histoire qu’on nous narre est tellement à la ramasse, et les personnages deviennent tellement cons comme des balais avant la fin du chrono, qu’on a qu’une envie : s’éjecter…

En Bref…
Certes, visuellement, Pacific Rim Uprising assure la plupart du temps. Le problème principal vient plutôt de son scénario, de plus en plus débile. Les personnages aussi sont bien aux fraises, malgré les acteurs recommandables. Ça n’arrange rien. Tapageur, vain, anecdotique et parfaitement calibré pour taper dans l’œil d’une génération habituée à ingurgiter ce genre de produit industriel sans aucune saveur et méchamment indigeste, Pacific Rim 2 est aussi anecdotique que son prédécesseur avait de la classe, du panache et une véritable fougue. Pacific Rim premier du nom qui, aujourd’hui plus que jamais, fait figure d’exemple à suivre en la matière…

@ Gilles Rolland

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   Crédits photos : Universal Pictures International France


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