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La nuit je vole, Michèle Astrud

Par Antigone

La nuit je vole, Michèle Astrud

Tu as été attirée par ce livre car tu as aimé follement Un funambule sur le sable de Gilles Marchand chez le même éditeur, et que tu suis l’éditeur, justement, (plein d’humour et de dérision) sur les réseaux sociaux… A quoi tiennent parfois le choix des romans que l’on ouvre ? Et il est vrai que tu as retrouvé dans le récit de Michèle Astrud ce même esprit décalé et fantastique qui t’avait déjà plus dans les romans de Gilles Marchand. Michèle, la narratrice (on imagine la trentaine), est une femme très active. Avec son mari, Guillaume, ils sont dans l’immobilier, et travaillent d’arrache-pied pour leur avenir et s’assurer une vie confortable. Pour l’instant, ils n’ont pas d’enfant, et pas de place ni de temps non plus pour s’en occuper. Il n’y a d’ailleurs guère de place non plus dans leur vie pour la fantaisie. Alors, quand Michèle s’avère souffrir d’une forme rare de somnambulisme qui l’amène à s’envoler en plein sommeil dans les airs, tout est extrêmement chamboulé. Les médias et les autorités s’en mêlent. Il faut dire qu’elle a le don pour atterrir au final dans des endroits très dangereux ou spectaculaires. Les débuts sont laborieux, la faculté nouvelle guère maîtrisée. Michèle devrait-elle devenir un phénomène, assurer des spectacles ? Et tandis que tout s’agite autour d’elle, qu’elle doit se recentrer continuellement pour prendre les bonnes décisions, la voici prête à changer de vie et pleine des souvenirs de son enfance… Voler, de plus en plus régulièrement, devient à la fois pour elle une addiction, quelque chose d’impérieux, et une force. Et si tout avait commencé auprès des montagnes de sa jeunesse, auprès de son grand-père mutique et mystérieux ? Et toi lectrice, tu as aimé retrouver dans ce roman fantaisiste les doux rêves de ton enfance, lorsque toi aussi en songe tu étais capable de voler. C’était, tu t’en souviens, à la fois doux, facile et extrêmement agréable. Voilà donc comment tu es tombée en empathie avec Michèle, l’ascensionniste. Puis, tu as beaucoup pensé à l’excellent Monsieur Vertigo de Paul Auster, et ce souvenir de lecture récent a un peu parasité ta présente lecture, comme si ce roman était un écho contemporain à cet autre récit. Pour autant, ces deux histoires n’ont rien à voir, mise à part la volonté du porteur du don de lévitation d’en tirer profit sous la forme de spectacles. Un roman qui s’avère au final un bien joli conte, dont tu as goûté personnellement plusieurs scènes, qui désarçonne aussi un peu, qui critique à sa façon notre monde moderne, et dont tu as gardé longuement après la dernière page dans l’esprit des images (de montagnes principalement, mais aussi d’envols ouatés).

Editions Aux forges de Vulcain – janvier 2018

Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…

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Une autre lecture chez… Virginie

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