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Dans les eaux troubles du Golfe de Finlande avec Denis Lépée

Par Samy20002000fr

C’est le 21 mars dernier que 30 lecteurs de Babelio ont été reçus aux Éditions de l’Observatoire, non pour fêter un printemps désespérément absent, mais pour échanger avec Denis Lépée autour des Engloutis, son nouveau livre à la frontière entre roman noir et roman d’aventures, qui arrivait le jour même en librairie. Et les derniers frimas offraient finalement un cadre plutôt adapté pour parler de cette plongée dans les eaux sombres du Golfe de Finlande…

Dans les eaux troubles du Golfe de Finlande avec Denis Lépée

Dix ans après

Les Engloutis marque le retour de l’archéologue Tommaso Mac Donnell, spécialisé en plongée sous-marine, dont les lecteurs avaient pu faire la connaissance il y a plus de dix ans dans L’ordre du monde. Si pendant la décennie qui a séparé les deux livres, Denis Lépée s’est plutôt adonné à son autre veine littéraire, celle du roman historique, il n’a de son propre aveu jamais cessé de converser avec son personnage. Et il était curieux de voir comment Tommaso avait pu évoluer en dix ans. Il l’a retrouvé avec plaisir, l’archéologue ayant toujours compté parmi ses personnages préférés.

Un écrivain à sa table

Interrogé sur ses méthodes d’écriture, Denis Lépée, explique avoir toujours avant de prendre la plume un point de départ – en l’occurrence, une plongée sur une épave réelle, coulée par un sous-marin allemand dans des conditions proches de celles du roman – et un point d’arrivée, mais pas nécessairement les étapes qui mèneront de l’un à l’autre. Les connexions se font ensuite, au fil de l’écriture. Sachant qu’il n’écrit pas de manière linéaire. Il peut tout à fait rédiger un chapitre situé vers la fin de l’histoire, puis un passage antérieur. Et il écrit toujours beaucoup plus que la matière que l’on trouve dans le livre édité. Une part de son travail s’apparente à celui d’un sculpteur : il passe et repasse sur le texte pour le polir, élaguer ce qui pourrait alourdir ou ralentir l’intrigue.

Quant à savoir quand achever son livre, c’est un travail délicat, une forme de décélération qui doit conduire à une fin ni trop abrupte, ni trop languide. Il n’est pas toujours facile de s’arrêter au bon endroit, et cela se fait souvent par tâtonnements.

Dans les eaux troubles du Golfe de Finlande avec Denis Lépée

Bienvenue en Finlande

« Les zones de débat, de marge, sont toujours des endroits riches. »

Pour beaucoup de lecteurs, Les Engloutis a notamment été un appel à découvrir la Finlande. Aux yeux de Denis Lépée, cette terre si particulière n’est pas qu’un simple cadre, mais bien un personnage du roman à part entière. C’est une ligne de fracture historique entre les blocs Est et Ouest, dont les eaux sombres cachent nombre d’épaves et plus encore de mines sous-marines. C’est un pays à l’envers, où la mer l’emporte sur la terre. Une mosaïque d’îles à la topographie changeante. Lorsqu’on pose le pied quelque part en Finlande, on ne sait jamais si ça va être sur de la terre ou de l’eau. Pour un visiteur étranger, cette géographie unique est troublante, comme peut l’être la psychologie des Finlandais, un peuple qu’on connaît peu, moins que ses voisins suédois ou russes.

Le long des golfes sombres

«Les épaves sont fascinantes. Ce sont des témoignages de la défaite du monde des hommes face au monde marin. »

Auvergnat d’origine, Denis Lépée n’en a pas moins développé une passion pour la mer. Passion littéraire, Hermann Melville figurant très haut dans son panthéon personnel, même si d’autres écrivains plus terriens y ont aussi leur place, comme Alexandre Dumas, Charles Dickens ou Ernest Hemingway. Mais également passion de plongeur : sans être un découvreur d’épaves, il prend un grand plaisir à visiter celles déjà répertoriées, et dès que ses obligations parisiennes lui en laissent le loisir, ne manque pas une occasion de rallier la Bretagne nord pour en explorer les eaux glacées.

« Celui qui n’est plus un ami n’a jamais été un ami », Aristote

Cette phrase, Denis Lépée l’avait placée en exergue d’un de ses précédents romans. Mais l’amitié, est un thème qui traverse aussi Les Engloutis, une question qui lui tient particulièrement à cœur. L’amitié est un sentiment qui peut prendre des couleurs variées, être vécu avec légèreté, ou au contraire de manière absolue tel un code d’honneur, comme c’est le cas pour Tommaso.

Tommaso qui semble avoir gagné de nombreux nouveaux amis à l’issue de cette lecture et de cet échange, puisque les lecteurs ont pressé Denis Lépée de questions pour savoir s’ils allaient le retrouver dans un prochain roman. Réponse de l’auteur : « La question n’est pas tant de savoir si, car l’envie est bien là, mais quand, car il n’est pas toujours facile de savoir quel ordre donner à ses différents projets d’écriture. »

En attendant, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est déjà possible d’explorer la Finlande et ses mystères en compagnie de Tommaso Mac Donnell dans Les Engloutis, de Denis Lépée, aux Éditions de l’Observatoire.

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