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Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Lahrer

Par Antigone

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Lahrer

Il était temps que tu ouvres ce roman acheté l’an passé au Printemps du livre de Montaigu, et dédicacé si gentiment par Erwan Lahrer… Déjà, d’emblée, cette dédicace, justement, te fait sourire, puis les premières phrases du roman t’enchantent. Tu aimes ce style alerte, tu dirais même qu’il tombe bien. Le fait que Marguerite, la trentaine, sorte de pigiste pour une maison d’édition, affublée d’un mec accroc à ses écrans et qui vit à ses crochets, n’aime pas ses fesses n’est pas si important, et pourtant. Marguerite n’aime pas grand chose chez elle, voilà sans doute pourquoi, malgré son style impeccable, sa libido est en berne, et son manque de confiance en soi si présent. Il faut dire que sa mère, qui enchaînent les amants et ne la comprend visiblement pas, et Jonas son compagnon, qui la traite de bonne poire, n’aident en rien Marguerite à s’estimer mieux. Mais tout va changer. Lors de son passage aux éditions Paulin, elle croise Aymeric Delaroche de Montjoie dans un couloir, l’ancien président de la République (une réplique à la fois de Giscard d’Estaing et de Chirac). Il semble fasciné par la jeune femme qui lui rappelle fortement quelqu’un, mais qui ? Peu importe, ce sera elle qui écrira ses mémoires, il en est décidé ainsi. Marguerite passe donc de longs moments en compagnie du vieil homme, et change peu à peu à son contact un poil libidineux mais flatteur, tandis que chez elle Jonas, le futur père de ses enfants (croit-elle), mate des filles sur internet. Et là on pourrait croire qu’Erwan Lahrer a écrit un roman feel good (ce à quoi tu ne t’attendais pas du tout), que son héroïne va trouver bientôt le véritable amour, et faire fi enfin de ce monde d’apparences, drame de notre société d’aujourd’hui. Mais pas du tout. Puisque ce serait oublier la couche politique de ce livre, les diverses allusions à des événements ayant réellement existés, et le basculement de l’intrigue vers un genre thriller, avec la présence, entre autres, de Jacek, flic en quête de sens, et bien décidé à mettre à jour une conspiration d’assassinat. Et toi lectrice, tu as aimé beaucoup de choses dans ce roman plein d’humour, mais dans l’ensemble d’un style bien plus léger que ce à quoi tu t’attendais (au vu des nombreux billets tentateurs lus). Tu as souri aussi lorsqu’il était question de l’activité de blogueuse littéraire de Marguerite et de ses manies sur internet. Tu as moins aimé passer du temps en compagnie de Jonas et de ses perversions, et tu t’es parfois demandée où cherchait à nous entraîner l’auteur. Cependant, et même si Erwan Lahrer ne montre pas dans son roman le meilleur de notre monde moderne, il le fait sans conteste avec acuité et lucidité. Certains passages sur le terrorisme semblent prédire l’avenir et font froid dans le dos, et tu as mieux compris quand tu as lu en postface que ce livre avait été corrigé après l’attentat du 13 novembre 2015 par celui qui a écrit ensuite Le livre que je ne voulais pas écrire

Editions Quidam – avril 2016 – J’ai lu – avril 2017 – 

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Lahrer
  
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Tu as aimé ce livre, un peu, beaucoup…

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