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En n'imaginant aucun ailleurs possible

Publié le 11 avril 2018 par Paulo Lobo
En n'imaginant aucun ailleurs possible
J'ai pris cette photo en n'imaginant aucun ailleurs possible. J'écoutais de la musique, certes, et la musique est, comme tout le monde sait, une voie royale vers la sublimation du réel. J'assume la contradiction. J'ai de plus en plus de mal à m'assurer de mon sol. Ce n'est pas une question de fatigue. La sollicitation permanente de ma curiosité, de mon attention ? Le corps se prosterne devant l'esprit. Je suis un être pensant, ma tête est constamment traversée d'impulsions électriques, je suis un être lucide. Tout ce que j'ai vu, lu, écouté, ressenti, malaxe inlassablement mon âme. Il en sort des pensées. Des envies. Des regrets. Une grosse fatigue, parfois. Une sorte de crépuscule qui ne dit pas son nom.
On doit avoir regret de ne pas être ailleurs, là où le soleil brille et la mer est bleue. M'ordonne la société de consommation. Le voyage immobile est un faible lot de consolation. Il faut avoir du carburant pour faire tourner le moteur.
Seul. Je marche seul dans la rue. Et alors ? Brasse, brasse le vent, brise la bise, monte le ton, repousse ta poisse.
Je passe mon tour.
Dis, toi t’es où ?
this is not what I wanted I have grown-up as a child and I became a man never knowing exactly where my steps would lead me I think the questioning of each moment in my life has always been striking I watch people around me I tell myself they all seem to know what they’re doing but this is just what I don't understand I tried to focus on the road it’s a dangerous track through a wild country do I love to live dangerously
I want to be comfortable I want to be at peace inside my head with myself
Am I at the right place at the right moment
If I talk to you I want to be talking to someone else
Puisque tout est sombre et que je n'y vois plus clair, je vais essayer de générer ma propre lumière, afin d'éclairer mes pas, d'éviter les trous béants et les pièges à sots.
Dans la confusion tourbillonnante des jours, bienheureux celui qui ne cherche pas à comprendre et qui se contente de sa bière et de sa télé. Plus je lis, plus je m'enfonce dans le plus immonde des mondes.
Dans mes rêves je suis un fugitif, je cours, je saute, je grimpe, la peur au ventre, tel un évadé du bagne je fuis et je me terre, tout sauf retourner sous terre, dans la cellule rance et fétide.
Dehors, il y a l'air. La vie suit son cours, le matin se lève et le soir se couche, les hommes et les femmes vont et viennent, selon un horaire et des rituels précis. La nuit, ils comptent les moutons pour s'endormir.
- Rien n'est plus comme avant... dit le garçon derrière le comptoir.
Je m'asseois à la table près de la fenêtre, là-bas.
Ok, je vous apporte ça.
Pendant les vacances au Portugal, il faisait chaud, très chaud. Un jour, mon fils m'a posé la question
- Papa il ne pleut jamais ici ?
J'ai répondu bah, non, pas vraiment, pourquoi ?
- Il fait trop chaud ici et moi j'aime la pluie. Ici tout est sec et au Luxembourg tout est vert
j'ai dit c'est normal c'est parce que là-bas il y a plus d'eau et des températures plus fraîches.
- Papa, est-ce que tu préfères le Luxembourg ou le Portugal ?
Écoute, comme je suis né au Portugal et que j'y ai vécu mes premières années alors il y a certainement chez moi un très fort attachement pour cette terre.
- Ah c'est pareil pour moi,  sauf que moi je préfère le Luxembourg, parce que c'est là-bas que je suis né.

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