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Ania Ahlborn : Que le diable soit avec nous

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Que le diable soit avec nous d’Ania Ahlborn  3,75/5  (22-03-2018)

Que le diable soit avec nous (352 pages) est sorti le 8 février 2018 aux Editions Denoël (traduction : Samuel Sfez)

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L’histoire (éditeur) :

Deer Valley, Oregon. Le jeune Jude Brighton a disparu depuis trois jours. Les autorités commencent à perdre espoir, et la thèse d’une fugue laisse progressivement la place à des hypothèses plus inquiétantes. Malgré son jeune âge, Steve Clark, le meilleur ami de Jude, est bien conscient de cela. Grand fan de séries policières, il sait que chaque minute qui passe est capitale. D’autant plus que ce drame n’est pas le premier à frapper Deer Valley. Un jeune garçon a été retrouvé mort dix ans plus tôt, son corps atrocement mutilé. Sans oublier tous ces animaux domestiques disparus sans laisser de trace… Lorsque Jude réapparaît de façon tout à fait inattendue, tous pensent que la vie va reprendre son cours. Mais Steve se rend vite compte que quelque chose ne va pas. Et si le garçon qui était mystérieusement ressorti des bois n’était pas vraiment Jude?

Mon avis :

Jude Brighton, jeune garçon de 12 ans un peu rebelle (surtout depuis le mort de son père), peu aimé par ses camarades (considéré comme un emmerdeur) et par les parents de ces derniers (à cause de sa grossièreté), a disparu depuis dimanche. Trois jours que les recherches, très minimalistes, ne donnent rien et que les habitants de Deer Valley se persuadent de plus en plus que la fugue  ne fait plus de doute. Même si pour Stevie, son cousin, voisin et meilleur ami, un départ volontaire reste envisageable, il ne peut toutefois pas s’empêcher de repenser à une affaire vieille d’une dizaine d’années, l’affaire Max larsen, un autre gamin disparu et retrouvé deux semaine plus tard mutilé et à moitié dévoré.

Malgré cette présence malfaisante et terrifiante aux abords de la foret, le conseil de l’épicier de s’écarter des bois et l’interdiction de sa famille de se mêler à l’enquête de police en cours, Stevie, 10 ans, décide de partir à sa recherche. Mais lorsqu’il décide de mener l’enquête, Jude réapparaitrait…

« Ce n’était pas Jude, à la télé. Il lui ressemblait, mais ce n’était pas du tout son cousin ? Ce regard vide – il l’avait déjà vu. Vide, comme quand Jude avait menacé Stevie de la jeter du fort, quand il avait plaqué ce morceau de métal sur sa gorge. Et maintenant, sa mère s’excusait comme si elle savait que tout était fini. Stevie et Jude. Leur amitié. Que rien ne serait plus jamais pareil, comme si elle aussi savait que Jude avait changé. Mr Greenwood avait dit la même chose. Comme si tous deux savaient que rien ne serait plus pareil ; que la seule chose positive dans la vie de Stevie venait de connaître une fin brutale et cruelle. » Page 122

Que la Diable soit avec nous, à mi-chemin entre le thriller psychologique et le roman fantastique, est un titre de la collection Sueurs froides dans la ligné de Troupe 52. On y retrouve là tous les ingrédients pour une lecture horrifique (sans trop d’effusion de sang toutefois ni trop de surnaturel) angoissante et captivante.

J’ai adoré l’ambiance et y ai trouvé là un jeu ne sait quoi de vintage, comme si l’intrigue se déroulait dans les années 60, avec un je ne sais quoi de la première partie du roman de Ça de Stephen King, celle qui met en scène des gamins qui construisent des cabanes, où il y a des durs à cuire et des gamins plus mal dans leur peau et bégayant (un peu trop bousculé par le beau-père), qui joue avec nos peurs enfantines, ces ombres monstrueuses et terrifiantes… Bref, Que le diable soit avec nous m’a captivée.

J’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver aux cotés de Stevie pour qui le capital sympathie marche parfaitement. Ce gamin sujet aux cauchemars depuis ses 5 ans, qui a peu d’amis car jugé étrange avec sa mains mutilée (des doigts manquants à la suite d’un accident avec le broyeur d’évier), m’a beaucoup touchée. Sa relation avec les membres de sa famille difficile, son amitié avec son cousin, sa trouille qui ne lâche jamais (ou presque) et le fait que personne ne veuille le croire… voilà évidemment beaucoup d’éléments qui permettent une excellente accroche et mêlés à la disparition inexplicable (pour Stevie) de Jude, le scénario démarre très fort. Et pourtant, la narration est assez lente. On parcourt sur plus d’une centaine de pages, la vie des protagonistes et on s’imprègne doucement de chaque personnalité (et des liens qui les unis), tandis que l’inquiétude et la tension gagne graduellement du terrain.

Lorsque Jude réapparaît, plus troublant que jamais, et que  la seconde partie commence, le roman bascule alors doucement dans le fantastique et l’horreur.  C’est alors dans une autre histoire qu’Ania Ahlborn nous embarque pour finalement  revenir vers les deux garçons. Inutile dans dévoiler d’avantage, il faut se plonger dans Que le diable soit avec nous pour comprendre et découvrir jusqu’où peut aller l’amour maternel….

Que le diable soit avec nous marche très bien. Malgré un rythme un peu oscillant, l’ambiance est là, bien là et rend la lecture étouffante, inquiétante.  


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