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Bernard Rapp et Nostromo

Par Dcmky
Je crois que c'est par l'intermédiaire de Bernard Rapp que j'ai pour la première fois entendu parler de Joseph Conrad.
Vers l'année 1995, ou peu après je pense - si l'on en croit Wikipedia, les diffusions de l'émission 'Un siècle d'écrivains' ont débuté en 1995.
Il expliquait que, pour lui, Conrad était peut-être le romancier majeur du XXième siècle. A mon grand étonnement; car j'avais beau être extrêmement ignorant à l'époque, je me figurais quand même avoir  - au moins une fois - entendu parler de n'importe quel candidat au titre de plus grand romancier du XXième siècle.
Et, pour étayer son propos, il évoquait Nostromo, selon lui le chef d'oeuvre de Conrad.
J'ai toujours gardé l'idée en tête et c'est d'ailleurs par Nostromo que j'ai commencé la lecture de Conrad.
Je me suis acheté 'Nostromo' le 15 novembre 1997. D'occasion, chez Gibert Faubourg Saint Denis. Dans la collection Folio, avec en couverture ce tableau de Jorge Gil de Castro intitulé ' Le martyr Olaya'.

Illustration de l'édition Folio de 'Nostromo'

Jorge Gil de Castro ' Le martyr Olaya'


Pour autant, je n'ai pas commencé aussitôt ma lecture - j'aime bien laisser reposer les grands livres, je sais qu'ils sont là - comme des lingots de joie et de bonheur à disposition sur un compte en banque; j'attends simplement le bon moment, un vif désir né d'une mystérieuse conjonction des planètes qui, tout à coup, rendra la chose évidente: il est l'heure.Et pour moi, l'heure de Nostromo a sonné en octobre 2001, je vivais près de la Place d'Italie, et je lisais ce livre pendant mes voyages de chaque jour: le long de la ligne 6 qui m'emmenait jusqu'à Nation où je récupérais le rer A direction Boissy Saint Léger...


Dans ce blog, il y aura forcément des anecdotes concernant la vie de Joseph Conrad, mais il est hors de question qu'elles puissent en venir à prendre le pas sur l'oeuvre elle-même.C'est pourquoi je terminerai chaque billet par un extrait d'un roman, d'une nouvelle....Je veux me tenir à cette discipline que j'inaugure aujourd'hui avec ce superbe passage, extrait de 'Nostromo' évidemment, dans la magnifique traduction de Paul Le Moal auquel je compte bien rendre hommage dans un billet à venir..'Ce fut seulement lorsqu'il me vint à l'esprit que le voleur du trésor ne devait pas nécessairement être un gredin endurci, qu'il pouvait même être un homme de caractère, acteur et peut-être victime des vicissitudes d'une révolution, ce fut seulement alors que j'eus la première vision d'une contrée crépusculaire qui devait devenir la province de Sulaco, avec sa haute sierra ombreuse et son campo brumeux comme témoins muets des événements découlant des passions d'hommes aux courtes vues dans le bien et dans le mal.'(Nostromo, édition Folio Gallimard page 41)J'aime beaucoup ces 'passions d'hommes aux courtes vues dans le bien et dans le mal'. Et puis ce paysage qui tout à coup émerge du néant à la faveur d'une idée: ça y est, tout à coup - nous sommes en 1903 ou en 1904 - Joseph Conrad voit la province du Sulaco, elle se tient là devant lui....


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