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[Critique série] THE WALKING DEAD – Saison 8

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] THE WALKING DEAD – Saison 8

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Titre original : The Walking Dead

Note:

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Origine : États-Unis
Créateurs : Frank Darabont, Robert Kirkman
Réalisateurs : Greg Nicotero, Rosemary Rodriguez, Dan Liu, Michael E. Satrazemis, John Polson, Larry Teng, David Boyd, Jeffrey F. January, Michael Slovis.
Distribution : Andrew Lincoln, Lauren Cohan, Norman Reedus, Danai Gurira, Chandler Riggs, Melissa McBride, Lennie James, Jeffrey Dean Morgan, Alanna Masterson, Christian Serratos, Seth Gilliam, Josh McDermitt, Ross Marquand…
Genre : Horreur/Épouvante/Drame/Adaptation
Diffusion en France : OCS
Nombre d’épisodes : 16

Le Pitch :
Lassé de se faire humilier par Negan, fatigué de savoir à quelle sauce il sera cuisiné et quand cela se produira, Rick décide de se rebeller. Essayant de fédérer toutes les communautés autour de son projet de soulèvement contre les Sauveurs, il est désormais bien décidé à se battre jusqu’au bout…

La Critique de la saison 8 de The Walking Dead :

Précédemment dans The Walking Dead : le grand méchant Negan et sa batte pleine de fils barbelés a réduit Rick et sa bande en esclavage. Complètement abasourdi 90% du temps, soumis, le poil terne et l’œil torve, ce dernier finit néanmoins par se rebiffer et tente d’organiser une rébellion en fédérant tous les clans qui entourent son bled…
C’est donc un Rick déterminé que nous retrouvons au début de cette saison 8 largement plus redoutée que véritablement attendue. Ce n’est plus un secret pour personne : The Walking Dead n’est plus ce phénomène de société dont tout le monde parle mais une série en plein naufrage, incapable d’endiguer le flot de téléspectateurs qui abandonnent, vaincus par une nullité croissante inhérente à une somme folle de problèmes dont le showrunner, les réalisateurs, les scénaristes et même les acteurs ne semblent même pas conscients. Une huitième saison en effet encore plus mauvaise que la précédente, portée par une bêtise quasiment élevée au rang de discipline olympique…

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Mange-moi si tu peux

Ce qu’il faut comprendre par là, c’est que ces 16 nouveaux épisodes semblent prendre un malin plaisir à amener le récit dans tout un tas de directions pour livrer au final un spectacle au choix complètement frénétique ou carrément plat et ennuyeux comme ce n’est pas permis. Au lieu de tenir compte des nombreuses critiques émises lors de la saison 7, les scénaristes ont continué dans la même direction. The Walking Dead s’obstine et mise sur de longues plages de dialogues parfaitement creuses. Ces mêmes dialogues d’une débilité parfois affligeante, et en plus, comble du comble, ce n’est même pas drôle. Le truc, c’est que rien de ce qui se passe n’a d’intérêt ou de sens. Prenons les choses au début. C’est le calme plat. Rick échafaude des plans, fidèle à lui-même, il en fait des caisses, brasse beaucoup de vent et les autres partent méchamment à la dérive pendant que Negan jubile et gonfle tout le monde avec ses interminables tirades en carton et sa batte dont il ne se sert d’ailleurs plus beaucoup si ce n’est pour faire peur. De temps en temps un zombie est tué et on nous promet un affrontement d’envergure. Quand vient l’affrontement entre les gentils et les méchants, l’action prend enfin le dessus. Mais il faut voir de quelle façon ! C’est ainsi que débute la deuxième partie de la saison : par plusieurs épisodes où les personnages passent le plus clair de leur temps à se tirer dessus sans se toucher. On ne sait pas d’où sortent les gens, quelque soit leur camp, les protagonistes « identifiés », soit Rick, Daryl, Michonne, Rosita et compagnie sont de la fête mais personne de crucial n’est atteint ou même mis en danger. Negan passe entre les balles quand ce n’est pas Rick qui semble faire exprès de le louper. Il faut voir le duel tout pourri dans une cave pleine de zombies pour se convaincre que The Walking Dead a vraiment touché le fond. Engagé dans une partie de cache-cache qui n’a que trop duré, Rick et Negan mènent la danse avec la délicatesse d’un troupeau de rhinocéros, et passent finalement plus de temps à se causer, proférant des menaces et autres inepties crétines au possible, qu’à se taper dessus.

L’histoire sans faim

Autrement dit, tout ce que la saison 8 raconte aurait pu tenir sur 3 épisodes. Sans exagérer, c’est bien ça le pire. Du premier au dernier épisode, tout ce qui se déroule à l’écran aurait pu, de manière autrement plus efficace, tenir sur 2 heures. Et ce n’est pas quand la série sacrifie enfin un personnage principal, dans un élan désespéré pour raviver l’intérêt, que les choses s’arrangent. Bien au contraire. À vrai dire, c’est pire, car le personnage en question est devenu insupportable depuis très très longtemps. Personne n’en a plus rien à cirer de lui, comme de la majorité des autres. L’empathie que l’on pouvait ressentir pour ces survivants de l’apocalypse zombie n’est plus. Désormais, on se demande surtout comment chacun va y passer, sans ressentir la moindre émotion. Alors oui, ce personnage passe l’arme à gauche et c’est très mal fait. Mal écrit, mal joué aussi et mal dirigé. Maladroit également mais ce n’est pas si grave en comparaison du reste. En voulant toujours plus s’affranchir de son modèle (le comics), la série s’évertue à faire les mauvais choix et plonge tête la première pour se vautrer dans la fange, se gavant de sa propre bêtise sans désormais chercher à prétendre en avoir quelque chose à faire. Sinon pourquoi massacrer des personnages à la base souvent intéressants ? Pourquoi les transformer en clichés sur pattes et faire de chacune de leurs actions des prétextes à les détester encore plus ? Daryl le beau gosse torturé et taiseux, Maggie la matrone furax dont la grossesse passe totalement à la trappe en cours de saison, remettant salement en cause la pertinence de la timeline, Morgan la schizo tête à claques… Sans oublier Eugene, soit probablement le pire personnage jamais créé pour une série TV, avec ses dialogues cons comme la pluie, son air de crétin auto-suffisant et son atroce coupe de cheveux. Quoi que Jadis, la femme qui mène une communauté d’éboueurs mous du bulbe pourrait elle aussi prétendre au titre… Quelle tristesse.

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Les feux de la l’amour de la mort qui tue

Lentement mais sûrement, The Walking Dead en est arrivée là : au moment où tout fout le camp. Jamais les scénarios n’ont été aussi mal écrits, jamais l’action aussi mal filmée. Le seul qui n’a pas totalement lâché la rampe est Greg Nicotero avec ses maquillages. Il s’amuse, nous gratifie de quelques beaux zombies mais pour le reste, c’est la catastrophe absolue. D’escarmouches dignes d’un vieux nanar moisi des années 80 dans toujours les mêmes décors à des échanges qu’on dirait tout droit sortis d’une tele novelas torchée à la va-vite, The Walking Dead ne se contente pas de s’auto-parodier mais repousse sans cesse les limites de sa propre débilité, imposant de nouveaux standards en la matière et se la jouant philosophe au détour de quelques insupportables leçons de vie. Tout particulièrement à la toute fin, qui, on nous l’avait promis et c’est en effet comme ça que ça se passe, voit l’histoire entamée à la fin de la saison 6 prendre fin. C’est à quelques minutes du générique qu’intervient un twist incroyable, à faire crever de jalousie les créateurs des Feux de l’Amour. Un truc hallucinant de stupidité bien crasse. A t-on rêvé ou ce qui vient de se passer à l’écran a bien eu lieu ? Comment peut-on saborder à ce point la série ? À ce niveau, autant afficher un message à l’écran en encourageant le public qui reste à changer de chaîne.

En Bref…
À l’image des zombies qui peuplent son intrigue, The Walking Dead est une série morte-vivante. Elle ne tient plus débout et se traîne au fil de 16 nouveaux épisodes indigents, alors que les personnes aux commandes semblent avoir eux-mêmes lâché l’affaire depuis longtemps. Ne racontant rien de particulier, gâchant tout son potentiel au fil de dialogues débiles et de scènes d’action décousues, la série n’assume même plus sa vraie nature et prend des détours aussi inutiles que méchamment préjudiciables à sa propre intégrité. Pour faire simple, c’est nul de chez nul au niveau du fond et de la forme et ce ne sont pas les deux ou trois séquences miraculeusement potables cachées au fil de ces 16 épisodes interminables qui sauvent quoi que ce soit. On nous promet un renouveau pour la suite. Mais qui sera encore là pour le voir si jamais il a bel et bien lieu ?

@ Gilles Rolland

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   Crédits photos : AMC


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