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[Critique] AVENGERS : INFINITY WAR

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] AVENGERS : INFINITY WAR

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Titre original : Avengers : Infinity War

Note:

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☆

Origine : États-Unis
Réalisateurs : Joe Russo, Anthony Russo
Distribution : Josh Brolin, Robert Downey Jr. Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Chris Evans, Chadwick Boseman, Benedict Cumberbatch, Mark Ruffalo, Tom Holland, Chris Pratt, Zoe Saldana, Elizabeth Olsen, Don Cheadle, Paul Bettany, Dave Bautista, Tom Hiddleston, Anthony Mackie, Danai Gurira, Carrie Coon, Peter Dinklage, Sebastian Stan…
Genre : Action/Fantastique/Science-Fiction/Adaptation/Suite/Saga
Date de sortie : 25 avril 2018

Le Pitch :
Thanos est passé à l’action. Son but : réunir les six pierres d’infinité et acquérir le pouvoir suprême qui lui permettra de dominer la galaxie toute entière. Alors qu’il progresse dans sa quête à une vitesse alarmante, Thanos ne tarde pas à trouver sur son chemin les Avengers. Des héros réunis dans un grand élan collectif pour stopper un ennemi à la puissance incroyable…

La Critique de Avengers : Infinity War :

Le troisième volet d’Avengers est enfin là. Avec un budget estimé à quelques 300 millions de dollars, les studios Marvel n’ont pas lésiné pour fêter dignement les 10 ans du MCU et offrir à des fans, quoi qu’on dise, toujours en demande, un film XXL en forme de promesse difficile à tenir. Car sur le papier, si Avengers 3 avait en effet de quoi faire monter la pression et encourager une attente plus ou moins frénétique, son ambition pouvait aussi entraîner une certaine méfiance. Comment faire tenir autant de personnages (presque 70 ou quelque chose de cet ordre) dans une même histoire ? Certes tous les films Marvel sortis depuis le premier Iron Man en 2008 ont mené à cet instant mais quand même… Quand on sait à quel point il est difficile de faire cohabiter des personnages dont certains sont connus pour être les piliers de leur propre univers, et quand on connaît aussi les faiblesses du MCU, notamment en ce qui concerne les méchants, il y avait de quoi nourrir certains doutes.
Et après c’est un Thor : Ragnarok très réjouissant, un Gardiens de la Galaxie 2 tout aussi jubilatoire et le carton planétaire de Black Panther que déboule le mastodonte… Alors ? Lisez sans crainte, aucun spoiler ne se cache dans les lignes qui suivent…

Avengers-Infitiny-War-Thanos

Main de velours dans un gant de fer

Les frères Russo ont rapidement pris du gallon. Remarqués avec l’excellent et percutant Captain America : Le Soldat de l’Hiver, qui marqua leur entrée dans le MCU, après deux comédies sympathiques mais oubliables, les Russo ont organisé la trop gentille escarmouche de Civil War, avant de se voir confier les clés d’Avengers 3, soit le plus gros défi que Kevin Feige, le grand patron, s’est lancé jusqu’alors. Avengers 3 qui, et ce n’est pas une première, se paye le luxe de changer certains détails des comics, concernant Thanos et ses motivations tout particulièrement, mais tient aussi à faire cohabiter, sans les sacrifier, un nombre dingue de super-héros. On nous avait promis du jamais vu et c’est en effet le cas : rapidement, et même si les Russo ont divisé leurs effectifs pour mieux régner, le fait de voir des personnages comme Starlord et Iron Man combattre au coude à coude fait vraiment plaisir. Tout aussi vite, Avengers 3 parvient à se montrer terriblement divertissant et généreux. Et à vrai dire, il parvient à maintenir le cap jusqu’au bout, et tant pis si le résultat n’a rien de parfait non plus. Mais nous y reviendrons car pour le moment, il convient de nous intéresser à celui qui donne une grande partie de son sel à l’entreprise, à savoir Thanos ! Un bad guy enfin à la hauteur des super-héros, bourrin comme prévu, plus brutal qu’espéré (quand on garde à l’esprit qu’on est en face d’un film grand public) mais surtout doté d’une personnalité solide. C’est là qu’est LA bonne surprise du film : Thanos est complexe. Il est fort, tout puissant et tout ce que vous voulez mais il conserve aussi paradoxalement une part d’humanité. Il n’est pas dénué de scrupules et sa quête, plutôt simpliste sur le papier, s’avère en réalité beaucoup plus intéressante car définie par la psyché du personnage. Incarné par un Josh Brolin en grande partie responsable de sa grandeur et de son charisme, Thanos est sans problème le méchant le plus consistant du MCU. Et de loin a-t-on envie d’ajouter. Rien à voir avec tout ce à quoi Marvel nous avait habitué jusque là. Ici, le pivot de l’histoire, c’est ce colosse doté d’un pouvoir incommensurable mais surtout d’un cœur. Et mine de rien, ça fait toute la différence, sans pour autant que cela ne sonne mielleux d’une quelconque façon que ce soit. Parce que via Thanos, Avengers 3 offre tout ce qu’il nous avait promis. Concernant la disparition de certains héros notamment. Une preuve du caractère sombre et sans concession d’un bad guy remarquablement exploité, car bénéficiant d’un soin tout particulier, du côté du scénario et de la mise en scène.

Du monde au portillon

Intervenant après la bataille de cours de récré de Civil War, Avengers 3 voit donc les super-héros refaire équipe. Enfin presque, car comme dit plus haut, le récit se morcelle en plusieurs parties pour mieux gérer l’action. Une action qui se déroule sur la terre mais aussi ailleurs, exploitant pour la première fois là encore un univers étendu fascinant, plein de possibilités pour la suite des opérations. De quoi permettre à Iron Man, Spider-Man, les Gardiens, Docteur Strange, Captain America, Black Panther et les autres de briller chacun à tour de rôle. Oh bien sûr, certains ont une partition plus importante à jouer, comme Thor et Iron Man, et c’était prévisible, mais au fond, il est impressionnant de constater qu’au final, personne n’est jamais totalement mis sur la touche. À part les absents bien sûr, mais c’est une autre histoire. Jouant sur notre connaissance des personnages, des plus iconiques, à savoir les piliers du MCU, aux valeureux nouveaux, le long-métrage parvient à leur attribuer à tous une place dans une chorégraphie ultra-spectaculaire au sein de laquelle les super-pouvoirs combinés font avancer les choses mais rythment aussi le show avec une précision rarement vu dans le MCU (et ailleurs). Particulièrement généreux, Avengers 3 ne retient pas ses coups et offre quelques bastons mémorables. La mise en scène des Russo est toujours lisible, pleine d’ampleur. En IMAX tout particulièrement vu que c’est pour ce format que le long-métrage a d’abord été conçu. LA 3D n’apporte pas grand chose mais ce n’est pas grave. L’important est dans cette valse incessante en plusieurs actes dont nous gratifie ce super blockbuster. Les effets-spéciaux étant aussi aboutis que possible, que l’on parle du design de Thanos aux nombreux affrontements, au cœur de New York ou au Wakanda. Pas de moments pour se dire que les Russo ont relâché leur attention, aucune scène d’action en dessous d’une autre : le spectacle est non seulement dantesque mais aussi superbement cohérent vis à vis de ses propres ambitions. Le divertissement est total et plus qu’à son tour jubilatoire. Surtout si on prend en compte qu’Infinity War arrive aussi, quand il choisit de se poser, à faire preuve d’un certain lyrisme. Quand il est question des tourments de Thanos tout particulièrement. Oui, encore lui.
Au fond, et c’est une excellente chose, les frères Russo ont réussi à réunir tous les personnages, en parvenant à se les approprier sans dénaturer le travail des réalisateurs ayant le plus marqués le MCU, comme James Gunn concernant l’univers des Gardiens de la Galaxie ou Taika Watiti pour celui de Thor.

Sombre mais pas trop

Pourtant, malgré toutes ses qualités, Avengers : Infinity War n’est pas parfait. Peut-être trop gourmand, il a parfois un peu le cul entre deux chaises. Par rapport à l’humour notamment. Ne pouvant pas laisser tomber du jour au lendemain les vannes faisant partie intégrante de l’ADN du MCU, le film tente de faire cohabiter une véritable noirceur, visible dans des scènes comme l’invasion de New York (une des meilleures du lot) et des blagues, certes souvent drôles ou au pire amusantes mais aussi responsables de ruptures de rythme pas toujours très heureuses et à l’arrivée dommageables à l’émotion voulue. Avengers 3 se veut mélancolique et crépusculaire, mais ne lâche pas l’affaire niveau vannes, sinon lors du dernier quart. L’héritage qu’il doit gérer est lourd et cela se sent. Comment faire basculer du côté obscur des personnages ayant toujours existé dans une légèreté manifeste ? Ce n’est pas le cas pour tous mais pour ceux que cela concerne, cela se sent quand d’autres se fondent mieux dans une dynamique plus adulte. Il est ainsi clair que Marvel doit négocier un virage décisif, devant principalement répondre à une question primordiale, dont la réponse définira la nature de tout ce qui suivra : est-il possible, 10 ans après les débuts, de grandir avec celles et ceux qui ont accompagné la naissance des héros et continuer dans le même élan à rameuter les plus jeunes ayant pris le train en marche ? Vu la maladresse avec laquelle le scénario d’Avengers 3 gère certaines tournures de son récit, il est fort probable que les studios Marvel tentent de toujours jouer sur deux tableaux, mais cela demeure très casse-gueule. Parce que franchement, comment continuer après ça, vu la manière dont le film se conclu, à payer ses blagues à intervalles réguliers tout en restant crédible dans la noirceur ?
La prise de risque est donc ici bien réelle. Pas évidente de prime abord mais bien là. Sans oublier l’éternel problème du MCU, moins marqué dans le cas d’Avengers 3 mais tout de même toujours présent. Comment, en connaissant le calendrier des futures sorties, accorder trop de crédit à certains événements choquants du scénario ? Cela fait déjà un moment que Marvel essaye de se dépatouiller, pris à son propre piège car devant gérer des impératifs mercantiles désormais dommageables aux films tout en essayant de préserver une certaine spontanéité. Alors oui, c’est en effet moins marqué avec Avengers 3, vu le nombre de personnages et la radicalité de séquences inattendues, mais cette impression demeure. L’impression que le fait de connaître malgré nous, avec l’assentiment du studio, la suite du menu, fasse perdre de la saveur à ce qui se trouve dans notre assiette…

En Bref…
Visuellement maîtrisé de A à Z, porté par un nombre hallucinant de personnages, pour la plupart très bien exploités, et dominé par le charisme d’un méchant enfin consistant car plein de nuances, Avengers : Infinity War remplit la plupart de ses objectifs avec un panache certain. Reste que l’émotion a parfois du mal à percer. La faute à un humour un peu mal géré, qui jure avec la noirceur d’un récit violent et mélancolique. Mais bon, on ne va pas non plus faire la fine bouche devant un spectacle aussi généreux, bourré de morceaux de bravoure et habité par des acteurs parfaitement à l’aise, dont la seule présence contribue au prestige d’un film destiné à faire date. Un véritable rollercoaster de plus de 2h30, dont l’intensité ne faiblit jamais. On imagine la tête que doivent faire les pontes de DC…

@ Gilles Rolland

Avengers-Infinity-War-cast
  Crédits photos : The Walt Disney Company France


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