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Persée et Andromède

Publié le 22 avril 2018 par Robert Lavigue @RobertLavigue

Persée et Andromède

Jean-Baptiste Regnault - Le retour d'Andromède - 1782
Huile sur toile - Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg


Persée arriva en Éthiopie, où régnait Céphée, et il découvrit qu'Andromède, la fille du roi, avait été exposée pour devenir la proie d'un monstre marin. Car Cassiopée, l'épouse de Céphée, avait osé défier les Néréides dans un concours de beauté, en se vantant d'être plus belle qu'elles toutes. Les Néréides s'étaient offensées, et Poséidon se mit en colère : il envoya une inondation pour dévaster tout le territoire, et aussi un monstre marin. Ammon avait alors donné sa réponse : la seule façon de faire cesser ce fléau était de livrer Andromède, la fille de Cassiopée, en pâture au monstre. Céphée, sous la pression de ses sujets Éthiopiens, obéit : il enchaîna la jeune fille à un rocher. Quand Persée l'aperçut, il tomba immédiatement amoureux d'elle, et il promit à Céphée de tuer le monstre et de sauver Andromède, à condition de l'avoir pour épouse. L'accord fut scellé par un serment. Persée attaqua le monstre marin d'en haut, le tua et libéra la jeune fille. Mais Phinée, le frère de Céphée, à qui Andromède avait été promise, fomenta un complot contre Persée. Ayant découvert le piège, le héros brandit la tête de la Gorgone devant Phinée et ses complices, et, aussitôt, tous furent pétrifiés. Revenu à Sériphos, il vit que sa mère s'était réfugiée sur les autels, avec Dyctis, pour échapper à la violence de Polydectès. Aussitôt le héros se rendit auprès du roi ; il entra dans son palais, où Polydectès avait invité tous ses amis ; il sortit la tête de la Gorgone, il la fit voir et, immédiatement, à cette apparition, tous se changèrent en pierre, dans l'attitude même qu'ils avaient à ce moment-là. Pseudo-Apollodore - La Bibliothèque - vers 200 (traduction Ugo Bratelli)

Persée et Andromède

Jean-Baptiste Regnault - Le mariage de Persée et d'Andromède - 1782
Huile sur toile - Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg


Je n'ai pas trouvé de traduction libre de droits des Fables de Hygin. Il faudra donc se contenter du texte latin !
LXIV.  ANDROMEDA.
Cassiope filiae suae Andromedae formam Nereidibus anteposuit. ob id Neptunus expostulauit ut Andromeda Cephei filia ceto obiceretur.
  2  quae cum esset obiecta, Perseus Mercurii talaribus uolans eo dicitur uenisse et eam liberasse a periculo; quam cum adducere uellet, Cepheus pater cum Agenore, cuius sponsa fuit, Perseum clam interficere uoluerunt.
  3  ille cognita re caput Gorgonis eis ostendit omnesque ab humana specie sunt informati in saxum. Perseus cum Andromeda in patriam redit.
  4  Polydectes [siue Proetus] ut uidit Perseum tantam uirtutem habere, pertimuit eumque per dolum interficere uoluit; qua re cognita Perseus caput Gorgonis ei ostendit et is ab humana specie est immutatus in lapidem.
Via Bibliotheca Augustana

Persée et Andromède

Anton Raphael Mengs - Persée et Andromède - 1778
Huile sur toile - Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg


Persée et Andromède

Carle van Loo - Persée et Andromède - c. 1735-1740
Huile sur toile - Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg


Persée et Andromède

Donato Creti - Persée et Andromède - c. 1710
Collection privée


Persée et Andromède

Domenico Fetti - Persée et Andromède - c. 1620-1622
Huile sur toile - Kunsthistorisches Museum, Vienne

Une version très chaste. Comme quoi en cherchant bien, on y arrive !

Persée et Andromède

Persée et Andromède - Dernière décennie du 1er siècle av. J.C.
Peinture murale de la villa impériale Boscotrecase - MET, New York


Persée et Andromède

Persée et Andromède - 1ère moitié du 16ème siècle
Majolique de Castel-Durante - MET, New York


Persée et Andromède

Jean II Reymond (attribué à) - Persée et Andromède - c. 1615-1625
Couvercle de montre (?), émail. MET, New York


Persée et Andromède

Allemagne du sud - Persée et Andromède - c. 1600
Sculpture sur panneau de bois - MET, New York


Persée et Andromède

Persée et Andromède - Rome, 1er siècle avant-J.C.
Camée - MET, New York


Persée et Andromède

Persée délivrant Andromède du monstre marin - Corinthe, -500, -400Céramique - Altes Museum, Berlin


Persée et Andromède

Paul Véronèse - Persée délivre Andromède - c. 1576-1578
Huile sur toile - Musée des Beaux-Arts, Rennes


Persée et Andromède

Le Titien - Persée et Andromède - Entre 1554 et 1556
Huile sur toile - Wallace Collection, Londres


Persée et Andromède

Joachim Wtewael - Persée secourant Andromède - 1611
Huile sur toile - Musée du Louvre, Paris


Persée et Andromède

Pierre Mignard - Métamorphoses d'Ovide : Le roi de Grèce Céphée et la reine Cassiopée remercient le héros Persée d'avoir délivré leur fille Andromède, offerte en sacrifice à un monstre marin - 1679
Huile sur toile - Paris, Musée du Louvre


Persée et Andromède

Frederic Leighton - Persée et Andromède - 1891
Huile sur toile - Walker Art Gallery, Liverpool


Persée et Andromède

Persée et Andromède - Fresque provenant de la Casa dei Dioscuri
Museo archeologico nazionale di Napoli


Persée et Andromède

Giuseppe Cesari - Persée délivre Andromède - entre 1594 et 1598
Huile sur panneau - Gemäldegalerie, Berlin


Persée et Andromède

Giorgio Vasari - Persée et Andromède - entre 1570 et 1572
Huile sur panneau - Palazzo Vecchio, Florence


Persée et Andromède

Eugène Delacroix - Persée et Andromède - 1853
Staatsgalerie, Stuttgart


Persée et Andromède

Edward Burne-Jones - Perseus Cycle 7 : The Doom fulfilled - 1888
Huile sur toile - City Art Gallery, Southampton

Cependant Éole avait renfermé les vents dans leur prison éternelle. L'étoile brillante du matin, déjà levée dans les cieux, avertissait les humains de recommencer leurs travaux. Persée reprend ses ailes, les attache à ses pieds, s'arme d'un fer recourbé, et s'élance dans les airs, qu'il frappe et fend d'un vol rapide. Il a déjà laissé derrière lui d'innombrables contrées et cent peuples divers, lorsqu'il abaisse ses regards sur les champs d'Éthiopie, sur les états où règne Céphée.Là, par l'injuste oracle d'Ammon, Andromède expiait les superbes discours de sa mère. Persée la voit attachée sur un rocher, et, sans ses cheveux qu'agite le Zéphyr, sans les pleurs qui mouillent son visage, il l'eût prise pour un marbre qu'avait travaillé le ciseau. Atteint d'un feu nouveau, il admire; et, séduit par les charmes qu'il aperçoit, il oublie presque l'usage de ses ailes. Il s'arrête, et descend : "Ô vous, dit-il, qui ne méritez pas de porter de pareilles chaînes; vous que l'amour a formée pour de plus doux liens, apprenez-moi, de grâce, votre nom, celui de ces contrées, et pourquoi vos bras sont chargés d'indignes fers" ! Elle se tait : vierge, elle n'ose regarder un homme, elle n'ose lui parler. Elle eût même, si ses mains avaient été libres, caché son visage de ses mains. Du moins elle pouvait pleurer; ses yeux se remplirent de larmes; et comme Persée la pressait de répondre, craignant enfin qu'il n'imputât son silence à la honte qui naît du crime, elle lui dit son nom, celui de son pays, et combien sa mère avait été vaine de sa beauté. Elle parlait encore : l'onde écume et retentit; un monstre horrible s'élève, s'avance sur l'immense Océan, et fait, sous ses vastes flancs, gémir de vastes ondes.Andromède s'écrie; son père affligé, sa mère criminelle, étaient présents à ce spectacle affreux. Tous deux malheureux, ils ne sont pas également coupables. Trop faibles pour secourir leur fille, ils ne font entendre que des plaintes stériles; ils ne peuvent que pleurer, qu'embrasser leur fille attachée au rocher."Vous aurez, dit le héros, assez de temps pour répandre des larmes; mais nous n'avons qu'un instant pour la sauver. Si je m'offrais pour votre gendre, moi, Persée, fils de Jupiter et de Danaé, qui, renfermée dans une tour, devint féconde au milieu d'une pluie d'or; moi, Persée, vainqueur de la Gorgone à la tête hérissée de serpents; moi, qui, soutenu sur des ailes légères, ose m'élancer dans les airs, vous me préféreriez sans doute à tous mes rivaux; mais je veux, si les dieux me secondent, joindre à tant de titres, pour obtenir Andromède, celui de la mériter. Que, sauvée par mon courage, elle soit à moi : telle est ma condition". Céphée et Cassiopée l'acceptent (et comment la refuser !). Ils pressent, ils conjurent le héros, et lui promettent leur fille pour épouse, et le royaume pour dot.Tel qu'un vaisseau à la proue aiguë, cédant aux efforts de rameurs ardents, sillonne et fend l'onde écumante, le monstre approche, divisant les flots qui résistent; et déjà le jet d'une fronde eût mesuré l'espace qui le sépare du rivage. Soudain, frappant de ses pieds la terre, qu'il semble repousser, le héros impétueux s'élance au haut des airs; son ombre réfléchie voltigeait sur les eaux; le monstre voit cette ombre et la combat. Tel que l'oiseau de Jupiter apercevant dans les guérets un serpent qui expose son dos livide aux ardeurs du soleil, l'attaque par derrière, pour éviter son dard cruel, et enfonce ses serres dans son col écaillé; tel Persée vole, et se précipite, et fond sur le dos du monstre, et plonge tout entier son fer dans ses flancs.Le monstre, qu'irrite une large blessure, bondit sur l'onde, ou se cache dans les flots, ou s'agite et se roule tel qu'un sanglier que poursuit une meute aboyante. Le héros, par l'agilité de ses ailes, se dérobe à ses dents avides, et de son glaive recourbé le frappe sans relâche sur son dos hérissé d'écailles, dans ses flancs, et sur sa queue, semblable à celle d'un poisson.Avec des flots de sang le monstre vomissait l'onde, qui rejaillit sur les ailes du héros; il les sent s'appesantir, et n'ose plus s'y confier. Il découvre un rocher dont le sommet domine l'onde tranquille, et disparaît quand la tempête agite les mers; il s'y soutient, et d'une main saisissant la pointe du roc qui s'avance, de l'autre il plonge et replonge son fer dans les flancs du monstre, qui expire sous ses coups redoublés.Au même instant, le rivage retentit de cris et d'acclamations qui montent jusqu'aux cieux. Céphée et Cassiopée, heureux et pleins de joie, saluent, dans le héros, leur gendre, et le proclament le sauveur de leur maison. Objet et prix de la victoire, Andromède, libre de ses fers, s'avance et vole dans leurs bras.Ovide - Les Métamorphoses - Traduction de G.T. Villenave (1806), via Bibliotheca Classica Selecta

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