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[Critique] SOLO : A STAR WARS STORY

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] SOLO : A STAR WARS STORY

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Titre original : Solo : A Star Wars Story

Note: ★★★½☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Ron Howard
Distribution : Alden Ehrenreich, Emilia Clarke, Woody Harrelson, Donald Glover, Thandie Newton, Paul Bettany, Joonas Suotamo, Phoebe Waller-Bridge, Warwick Davis…
Genre : Science-Fiction/Aventure/Saga
Date de sortie : 23 mai 2018

Le Pitch :
Ancien garçon des rues, Han s’est toujours débrouillé pour s’en sortir, de magouilles en manigances. Un enfant devenu un homme embarqué dans une aventure aux confins de l’univers, aux côtés de Chewbacca, un wookie rencontré dans de bien curieuses circonstances…

La Critique de Solo : A Star Wars Story :

Le feuilleton de la genèse douloureuse de Solo, l’origin story de Han Solo, l’un des personnages les plus fameux de l’univers Star Wars, a passionné la planète cinéma pendant de longs mois. Et ce dès le renvoi assez brusque de Chris Miller et Phil Lord (La Grande Aventure Lego), les réalisateurs tout d’abord embauchés pour faire le job. Solo qui fut donc repris en main par le solide Ron Howard, un proche de Lucasfilm (pour lequel il avait réalisé Willow à la fin des années 80), qui dut faire face à plusieurs problèmes reportés par divers intervenants plus ou moins bien renseignés. Des soucis notamment relatifs à Alden Ehrenreich, l’acteur principal chargé de jouer Han Solo… Alors qu’en est-il vraiment, maintenant que le film est enfin visible ? Solo : A Star Wars Story, le second spin-off après le flamboyant et valeureux Rogue One, mérite-t-il les critiques désastreuses qui ont presque tué dans l’œuf l’enthousiasme de certains fans et qui l’ont peut-être condamné à faire un four au box-office ? Autant le dire sans tourner autour du pot : non, Solo n’est pas un grand Star Wars mais ce n’est certainement pas un mauvais film pour autant. Plus important encore : c’est loin d’être le pire Star Wars. Lucas lui-même s’étant déjà occupé de saboter son propre boulot avec La Menace Fantôme et, de manière moins flagrante, L’Attaque des Clones

Solo-Emilia-Clarke

Cowboy de l’espace

C’est parce qu’il a osé s’attaquer à ce qui demeure peut-être le personnage le plus populaire de toute la saga, que le présent film s’est exposé aux feux croisés des critiques et des fans hardcore. Pour le dire autrement, il semble évident que beaucoup étaient franchement déterminés à le clouer au piloris avant même d’en avoir vu une seule image. Juste pour confirmer leur rejet de la stratégie de Lucasfilm depuis le rachat par Mickey. Après, bien sûr, il est aussi admissible ne pas goûter au show dont Ron Howard est parvenu à accoucher dans la douleur d’une production il est vrai chaotique. Mais ça, à la limite, on s’en fout un peu. Avant, quand personne ne savait comment les films sortaient de l’usine à rêves, on se contentait de prendre ce qu’on nous donnait. Maintenant, les informations sont trop nombreuses et on a souvent tendance à juger un long-métrage à l’aulne des ragots sur sa gestation. Parce que Solo, on y revient, est loin d’être mauvais. Et voici pourquoi…
Premièrement, il s’agit de Han Solo. Un héros campé par un Alden Ehrenreich méritant. Peut-être a-t-il eu des problèmes sur le tournage et peut-être un coach dut venir l’aider mais à l’écran, le comédien est néanmoins à la hauteur de la tâche qui est la sienne. Forcément, difficile de le comparer à Harrison Ford sans noter qu’il ne lui arrive pas à la cheville. Mais il fait de son mieux et du début à la fin ne démérite jamais. Son « jeune » Solo fait le job et difficile de ne pas se dire que son interprétation est aussi bonne qu’elle pouvait l’être compte tenu des circonstances, de l’aura du personnage et de l’histoire dans laquelle il évolue. Alors si on fait abstraction du fait que la fonction de l’acteur n’est au fond que d’imiter Ford, alors qu’il aurait pu proposer quelque chose de plus frais (ce que faisait Ewan McGregor avec Obi-Wan malgré tout le mal qu’on peut penser de la seconde trilogie), on peut apprécier sa proposition. Au moins, Han Solo est respecté et vu qu’on cause d’un monument de la pop culture, c’est le principal. Charismatique, insolent juste ce qu’il faut, méritant dans l’action et dans la comédie, Ehrenreich se paye aussi le luxe de faire sonner juste une certaine émotion. Mais il faut dire qu’il est bien entouré…

« Allez Chico on met la gomme ! »

Quel plaisir par exemple de retrouver ce bon vieux Chewbacca. Leur rencontre est par ailleurs impeccable. L’une des meilleures scènes du film assurément. Même si ce n’est pas le même type dans le costume, Chewie assure comme une bête. Woody Harrelson aussi, lui dont le charisme et le métier s’avèrent plus que salutaires quand il s’agit d’assurer les arrières. Emilia Clarke malheureusement, ne parvient pas à vraiment s’imposer. Un autre coup d’épée dans l’eau pour l’actrice qui, sortie de Game Of Thrones, peine à vraiment transformer l’essai. Mais à sa décharge, son personnage n’est pas des plus intéressants. Contrairement à Donald Glover, le Lando jeune, dont la performance, sans faire trop d’étincelles, fait le job. Avec un détachement appréciable, Glover donne le change et raccroche les wagons avec la performance de Billy Dee Williams (Lando « vieux ») dans L’Empire contre-attaque. Même si son implication est ici un peu limitée pour vraiment se montrer pleinement satisfaisante… Et c’est d’ailleurs un peu symptomatique d’un film qui prétend plus qu’à son tour vouloir vraiment raconter le background de Han Solo mais qui peine un peu à faire exister les nouveaux arrivants. Et cela nous amène à l’autre problème de Solo…

Braquage dans l’espace

Assez curieusement, et pas de manière positive, Solo est un autre film de braquage. Comme Rogue One. Sauf que dans le cas présent, la quête du héros ne vient pas directement se raccorder à la grande histoire de la saga. Quand les personnages de Rogue One dérobaient les plans de l’Étoile Noire, Han Solo lui, doit juste voler des trucs. Et ce n’est pas la fin en forme de points de suspension qui permet de donner à sa quête l’importance qu’elle n’a pas.
Mais là encore, si ce côté un peu anecdotique et résolument léger interdit au long-métrage de venir tutoyer l’excellence des meilleurs volets de la saga, cela ne l’empêche pas de faire preuve de flamboyance. Ainsi, le scénario, plutôt classique, est prétexte à un spectacle parfaitement calibré. Derrière la caméra, Ron Howard sait emballer des séquences ultra spectaculaires, comme cette évasion à bord du Faucon Millenium aperçue dans le trailer, ou encore la fameuse rencontre entre Han et Chewbacca. Pas super aidé par une photographie un peu trop sombre, Howard fait montre d’un savoir-faire indéniable, même si il peine aussi à faire valoir sa patte. En d’autres termes, c’est quand il s’efface devant les sacro-saints codes séculaires de la saga que son arrivée tardive en lieu et place de Miller et Lord se fait la plus visible. Mais sinon, pas de quoi bouder son plaisir. Visuellement, Solo assure. Les effets-spéciaux sont remarquables, tout comme toutes les créatures peuplant l’univers. À une exception près : le nouveau droïde, ultra maladroit dans sa propension à aborder l’égalité des droits entre les différents êtres, à l’aide d’un humour mal placé. Un personnage qui dessert le propos dont il est censé se faire le vecteur. Un autre exemple du caractère parfois maladroit d’un film néanmoins attachant et généreux. Un bon vieux divertissement à l’ancienne en somme.

En Bref…
Solo en a sous la pédale. Vif, spectaculaire, très divertissant, il pêche par contre un peu plus au niveau du scénario, prévisible, même si les quelques surprises qui le jalonnent suffisent à épicer le tout. Un script un peu léger, modeste et anecdotique, prétexte à cette aventure de jeunesse du plus célèbre vaurien de la galaxie. Mais le plaisir de le retrouver, lui et son meilleur ami à fourrure, est bien là. En conclusion, on peut donc dire que si on aurait aimé voir Solo prendre plus de risques, au moins, il ne se crashe pas…

@ Gilles Rolland

solo   Crédits photos : The Walt Disney Company France


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