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[Critique] OCEAN’S 8

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] OCEAN’S 8

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Titre original : Ocean’s 8

Note:

★
★
½
☆
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Gary Ross
Distribution : Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna, Anne Hathaway, Sarah Paulson, Mindy Kaling, Awkwafina, Helena Bonham Carter, Richard Armitage, James Corden, Elliot Gould, Dakota Fanning, Katie Holmes…
Genre : Thriller/Saga
Date de sortie : 13 juin 2018

Le Pitch :
Debbie Ocean, la sœur du célèbre cambrioleur Danny Ocean, a passé plus de 5 ans derrière les barreaux. Alors qu’elle vient d’être libérée pour bonne conduite, elle s’empresse de retrouver une ancienne complice et de monter une équipe pour mettre en route le plan qu’elle a échafaudé toutes ces années : dérober une parure de bijoux d’une valeur de 150 millions de dollars pendant le célèbre gala du Met à New York…

La Critique de Ocean’s 8 :

Le film de casse est un genre à part entière, à l’image du film de prison. Un sous-genre dirons-nous, particulièrement populaire de surcroît, qui a souvent donné l’occasion à de brillants réalisateurs de fournir des œuvres mémorables à plus d’un titre. On pense notamment à Un après-midi de chien, de Sydney Lumet, à Inside Man, de Spike Lee ou encore à Heat, de Michael Man et Point Break, de Kathryn Bigelow (n’hésitez pas à lire notre dossier spécial). Impossible de ne pas penser également à Ocean’s 11, de Steven Soderbergh, soit le remake de L’Inconnu de Vegas, qui voyait George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt ou encore Don Cheadle faire la nique à un patron de casino à Las Vegas. Un film rapidement devenu culte, qui a engendré deux suites plus ou moins dispensables. Ocean’s 11 de retour dans l’actualité avec la sortie du film qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir cet Ocean’s 8, où comment refaire le même truc avec des femmes à la place des hommes…

Oceans-8-Mindy-Kalling-helena-bonham-carter

« J’adore quand un plan se déroule sans accroc »

L’idée était bonne. Le casting étourdissant. Car la perspective de voir Sandra Bullock frayer avec Cate Blanchett, Mindy Kalling, Anne Hathaway ou encore Helena Bonham Carter a bien évidemment quelque chose de très alléchant. Sur le papier, le projet consistant à offrir à la trilogie des Ocean’s un spin-off féminin n’était donc pas nécessairement mauvais, à défaut de s’imposer de lui-même. Mais encore fallait-il donner sa chance au long-métrage et ne pas en faire une sorte de remake déguisé derrière des bonnes intentions peut-être un peu forcées. Des bonnes intentions en forme de distractions, pour un film au final aussi prévisible que redouté et surtout dénué de la moindre once d’originalité ou d’audace.
Car Ocean’s 8 est exactement, mais alors exactement, comme on peut se l’imaginer quand on lit le pitch ou, encore mieux, quand on regarde le trailer. Il s’agit ni plus ni moins que d’une déclinaison féminine de Ocean’s 11, avec les mêmes gimmicks, les mêmes tics, les mêmes idées… Mais sans la virtuosité de Steven Soderbergh. Gary Ross (Hunger Games) n’étant pas un manche pour autant, mais force est de reconnaître, qu’ici, il ne force pas trop non plus et se repose sur le charisme de ses actrices.

Tout passe sauf la classe

Reste donc la classe. Malgré son caractère très plan-plan, Ocean’s 8 est aussi fadasse que classe. Tout est beau. Les actrices, les décors, les diamants qu’il faut chouraver, tout. Rien ne déborde, rien de dépasse. Ça brille et c’est tout. Sur un scénario incroyablement plat car simplement adapté à partir d’un schéma vieux comme le septième-art, Ocean’s 8 ne fait jamais le moindre effort pour se démarquer, capitalisant mollement sur l’image et le succès de la franchise à laquelle il vient se greffer avec un opportunisme confondant. Au point d’ailleurs de totalement desservir son propos féministe et de se poser comme un projet très calculé, sans vigueur et originalité et donc sans véritable force de frappe. Si le métrage avait eu le courage de ne pas raccrocher ses wagons à la franchise de Soderbergh et de tenter des nouveautés, quitte à se planter par moment, il aurait eu une autre allure c’est certain.
Mais heureusement les actrices sont là. Pas nécessairement Sandra Bullock, curieusement en pilotage automatique, mais Cate Blanchett, qui semble s’amuser, à l’image d’Helena Bonham-Carter ou de Mindy Kalling. Cependant, si il ne fallait retenir qu’une seule performance, ce serait sans problème celle d’Anne Hathaway. En roue libre, brillante dans un rôle lui permettant d’explorer un registre qui lui sied à merveille, l’ex-Catwoman fait des merveilles et permet au film de garder la tête hors de l’eau. Le vrai hold-up, c’est d’ailleurs le sien !

En Bref…
Plus de 10 ans après l’inutile et creux Ocean’s 13, Ocean’s 8 joue tire sans vergogne les mêmes ficelles sans forcer ni chercher à prendre le moindre risque. Résultat des courses : le butin de cet hold-up n’a rien de spectaculaire. On s’amuse devant le numéro d’Anne Hathaway, on peut prendre un certain plaisir devant un casting de grande classe mais c’est quasiment tout. Ocean’s 8 emprunte un chemin bien trop balisé. Son scénario joue la facilité, prend trop de raccourcis quand ça l’arrange et ne se gêne pas pour maquiller maladroitement une recette qui aurait demandé un peu plus d’audace. Pas désagréable mais dispensable et de toute façon très anecdotique.

@ Gilles Rolland

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  Crédits photos : Warner Bros. France


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