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Sens dessus dessous

Publié le 14 juin 2018 par Paulo Lobo
D’abord supprimer le je.
Je suis égocentrique, je l’ai toujours été mais là depuis quelque temps j’ai eu plusieurs fois la sensation qu’il faut passer à autre chose. Il est temps d'amplifier mon regard. De prendre conscience du fait que la terre tourne et continuera à tourner, avec ou sans moi. Il m'importe aussi de réaliser que je peux être heureux sans forcément être ailleurs. Au fur et à mesure que le temps passe, j'apprends à effacer mes désirs, à m'effacer moi-même.Ce détachement progressif de mon être vis-à-vis du monde, de mon monde vis-à-vis de l'être, ressemble comme une goutte d'eau à une faculté d’émerveillement amenuisée, je dirais même plus, à une résignation philosophique. Ou encore, hypothèse terrifiante, n'y aurait-il pas là une dégradation de mes connexions neuronales découlant de mon âge grandissant...
Disons que l'appétit vient en mangeant ...
L'autre jour, je suis entré dans un café. Plusieurs personnes âgées étaient assises, buvaient leur bière ou café, certaines lisaient leur journal. On lit encore des journaux aujourd'hui, pas seulement parce qu'ils disent la vérité, mais aussi parce ça fait du bien de les lire.
Il régnait un silence dans la salle, un silence de cinq heures du matin, une silence comme ceux qu'on ne voit jamais à la télé.
Il faudrait que je prenne des décisions radicales. Douloureuses probables, mais porteuses de bons fruits pour le futur. Cesser de vouloir attraper le vent et de courir après des ombres.
Le futur d'ailleurs, parlons-en.
Jamais auparavant je n'ai eu autant peur de l'avenir. Il me semble qu'il ne contient rien de bon. Il me semble que le soleil ira en déclinant, que le ciel ira en se dissipant, que l'amour ira en se fourvoyant.
Mes pensées sombres me permettent d'apprécier tout ce qui est dans ma main actuellement.
Ai-je encore le droit de dire "beauté" ? De regarder une chose, un objet, un être, et de penser "quelle merveille, quelle pureté, quelle élégance"? Les restrictions, interdictions et autres contraintes brident nos pas, font de nous des moutons mouillés. Toute l'innocence est perdue, toute tentative d'évasion est vouée à l'échec. Je ne sais pas vous, mais
moi ça me stresse.
Sens dessus dessous

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