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Onyx Collective ‘ Lower East Suite Part 3

Publié le 15 juin 2018 par Heepro @heepro

Onyx Collective ‘ Lower East Suite Part 3Comme l’indique le titre, Lower East Suite Part 3 avait été précédé des parties 1 et 2 il y a plusieurs mois, chacune sortie sous forme d’un EP en version digitale et regroupant des improvisations enregistrées en direct.

Aujourd’hui, ce tout premier album se veut l’aboutissement logique de ce qu’Onyx Collective a pu faire jusqu’à ce jour, à la différence notable qu’il s’agit pour la première fois d’enregistrements de compositions. Pour autant, les musiciens ont enregistré comme à leur habitude, avec un petit budget, au point que l’on entende une sirène venue de dehors, ce qui est coutume à New York. Il y a donc bien un lien étroit dans Lower East Suite entre les EPs (formant un prologue en deux parties) et cet album.

La musique jazz d’Onyx Collective continue dès lors son petit chemin dans son envie, ou plutôt besoin de conter sa ville de New York, qui s’impose non seulement comme une scène mais surtout comme un cadre naturel pour le groupe (« Don’t get caught under the Manhattan bridge », « Rumble in Chathan sq. »). La notion de live, ou life pour être exact, semble indubitablement liée au collectif new-yorkais, avec des références explicites à leur changement de quartier : « There goes the neighborhood », « Eviction notice », ou « Magic Gallery », leur nouvelle base.

Les dix musiques ont beau être des compositions écrites pour la majeure partie en amont, l’album demeure encré dans sa vivacité live, sa propension à nous donner l’impression d’assister à une représentation où musique jazz et esprit punk paraissent, comme rarement, s’entendre à merveille.

En effet, à l’écoute de chacune de ces nouvelles « comprovisations », j’ai le sentiment de me retrouver dans un squat urbain dans lequel divers artistes seraient présents pour nous offrir et leurs points de vue et un espace de liberté total, en toute légèreté et frivolité, mais sans jamais oublier de se prendre au sérieux. En somme, de l’art, par les gens, pour les gens.

La peinture choisie – comme ce fut le cas sur les deux premières parties déjà – met en évidence la multiplicité des buts visés par Onyx Collective, dont les différents membres habituels (Isaiah Barr, à l’alto et au saxophone ténor, Austin Williamson à la batterie, Walter Stinson à la contrebasse, Spencer Murphy à la basse électrique) n’hésitent pas à faire venir tant d’artistes de divers horizons à leur côté, ici : Julian Schnabel pour la couverture, ou encore Roy Nathanson au saxophone sur quatre morceaux.

Aujourd’hui, le but de cette première sortie en physique est de propager leur esprit libertaire, certes, mais avant tout de faire que leur univers musical sorte de leur ville, LA ville par excellence, et puisse, chez vous, vous faire voyager, réfléchir ou, simplement, vous délecter d’un splendide moment comme seul le jazz, même en 2018, peut y parvenir.

À mon avis, Onyx Collective propose une musique résolument urbaine (et c’est ainsi que je comprends qu’ils aient signé sur le label Big Dada), chaque morceau durant trois-quatre minutes, et il est plus que jamais évident qu’il y a un endroit où il faudra absolument les suivre : sur scène. Profitez vite de leur passage en Europe… à moins que vous ne soyez à New-York et puissiez assister à l’une de leur représentation, et je ne peux écouter cet album sans avoir l’impression qu’ils sont à côtés de moi, alors que je suis dans un café new-yorkais !

(in heepro.wordpress.com, le 15/06/2018)

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