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[Critique] À NOUS LA VICTOIRE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] À NOUS LA VICTOIRE

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Titre original : Victory

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : John Huston
Distribution : Sylvester Stallone, Michael Caine, Max Von Sydow, Pelé, Bobby Moore, Carole Laure, Osvaldo Ardiles…
Genre : Drame
Date de sortie : 23 septembre 1981

Le Pitch :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp de prisonniers, une équipe de foot se forme afin d’affronter une sélection de joueurs allemands sur la demande d’un commandant nazi. Rapidement, alors que l’entraînement s’organise en vue de la grande rencontre, un ambitieux projet d’évasion est mis au point par les détenus…

La Critique de À nous la Victoire :

Quand il met en scène À nous la Victoire, le monument du cinéma qu’est John Huston, jouit d’une réputation acquise grâce à des films cultes comme Les Désaxés ou Le Trésor de la Sierra Madre. Alors âgé de 75 ans, il se retrouve en 1981 aux commandes d’un film dont l’action s’articule autour du foot. À nous la Victoire qui n’est pourtant pas vraiment considéré comme un pur film de football. Et ce pour une raison simple : ce n’est pas vraiment un film de foot. En fait, À nous la Victoire est autant un film sur le football que Rocky est un film sur la boxe. Ici, le sport est surtout un prétexte. Un prétexte véritablement pris au sérieux mais un prétexte quand même… En réalité, À nous la Victoire est tout autant un film sur la Seconde Guerre mondiale. C’est aussi un film de prison et un film d’évasion. Une œuvre à la croisée des genres en somme…

[Critique] À NOUS LA VICTOIRE

Match de la dernière chance

Quand il tourne dans À nous la Victoire, Sylvester Stallone est en pleine bourre. Pas au point de pouvoir se targuer de transformer tout ce qu’il touche en or, comme peuvent le prouver les échecs (relatif) des Faucons de la Nuit ou de La Taverne de l’Enfer, mais suffisamment pour s’imposer dans le paysage Hollywoodien comme un acteur qui ne cesse de monter. Fort du succès mondial de Rocky, auquel il a déjà offert une suite, prêt à rempiler avec Rocky 3, Sly n’est pas encore une action star mais plutôt l’équivalent d’un Robert De Niro ou d’un Al Pacino. Un comédien qui en veut et qui n’hésite pas à prendre des risques, écrivant et réalisant qui plus est avec succès. Malheureusement, À nous la Victoire, dans lequel il campe un prisonnier américain qui se retrouve propulsé dans les cages, en vue d’un grand match opposant prisonniers et soldats du IIIème Reich, va confirmer que le public, déjà à l’époque, n’avait pas vraiment envie de le voir dans ce genre de film. Pour autant, il serait injuste d’expliquer le manque de popularité du long-métrage de Huston par le simple fait que c’est parce qu’il met en scène Stallone dans un rôle moins puissant que celui qu’il tient dans les Rocky. Non, car au fond, À nous la Victoire jouit du talent et du charisme de ses acteurs, Sly donc, mais aussi Michael Caine et Max Von Sydow, mais pêche plutôt quand il s’agit de faire preuve de cohérence. Quelque-part à la croisée de genres qu’il échoue à vraiment marier avec efficacité, il s’égare souvent, fait un peu de trop de surplace et s’avère un peu maladroit et bancal pour vraiment marquer les esprits. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit mauvais. Non, car il ne l’est pas. Ce n’est simplement pas le grand film de guerre qu’il aurait pu être. Ni le grand film de foot. Ni le grand film d’évasion…

Escape Game

Plutôt bancal dans l’approche de son sujet et dans sa façon de présenter puis de faire évoluer ses personnages, À nous la Victoire se montre par contre plutôt valeureux. Quitte à ne pas toucher au vif avec autant de force qu’escompté, il tente de rendre justice aux genres auquel il se confronte. Aux manettes, John Huston a déjà été plus en forme mais son expérience et son talent font que parfois, le film sait se montrer à la hauteur des attentes. Concernant le ballon rond tout particulièrement tant le sport est ici exploité avec pertinence et filmé, non pas avec passion, mais plutôt avec respect. Du début à la fin, quand intervient le match entre les prisonniers et les soldats. Huston qui sait aussi diriger ses acteurs afin que chacun puisse apporter sa touche au récit.
Voir À nous la Victoire aujourd’hui peu aussi bien sûr encourager à lui trouver un air vieillot. Cela dit, difficile également de ne pas remarquer la pertinence de son propos et l’honnêteté de sa démarche. Et au final, malgré tous les petits défauts, c’est cette pertinence et cette honnêteté qui font de lui une œuvre valeureuse. À défaut d’être véritablement mémorable. Et puis il faut aussi dire que voir Sly jouer au foot dans un film de guerre, en face de Max Von Sydow et Michael Caine constitue en soi une raison suffisante pour se laisser tenter.

En Bref…
À nous la Victoire n’est pas un film uniquement centré sur le foot. Il parle de la guerre et de prisonniers qui veulent s’évader. Il se perd un peu, est parfois trop lent, pas assez nerveux mais sait aussi attaquer quand il le faut pour gagner ses galons. Attachant, il fait aujourd’hui figure d’outsider dans les filmographies de John Huston ou celles des acteurs qui sont sur l’affiche, mais fait office, à bien y regarder, de cas assez unique dans l’histoire du cinéma. Rien que pour ça, il mérite l’indulgence…

@ Gilles Rolland

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