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À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3

Publié le 15 juin 2018 par Aude Mathey @Culturecomblog

Piscine, mur monumental de la Poste, mais aussi ancienne cure de la paroisse Saint-Nicolas…Saint-Gervais Mont-Blanc continue son voyage dans les différentes formes de l’art et de la création contemporaine.

2KM3 Acte II, le street art indoor

À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3
C’est le paradoxe de cet art de rue, sa reconnaissance officielle, son intronisation à la fois dans les galeries, mais aussi les fondations et les lieux publics. Dedans dehors, tel est le pari de l’opération lancée par le maire de Saint-Gervais Mont-Blanc, Jean-Marc Peillex en 2017, à l’occasion de l’Acte I, acte fondateur de 2KM3. L’an dernier les artistes avaient le parking semi-enterré de la ville, grand monolithe gris s’enfonçant jusqu’à 7 niveaux dans les entrailles de la Terre. L’an dernier deux artistes et amis, Irsut et Zoer (ci-contre, crédits photo: Sylvie Roman), étaient chargés, en tant que commissaires d’exposition, de l’ensemble de la « performance » artistique : créer des œuvres sur les 12 000 m2 de parkings. Ils avaient donc convié 10 autres artistes à les rejoindre dans les méandres des plateformes automobiles. Elian Chali, Etienne de Fleurieu, Jaw, Felipe Pantone, Roids, SatOne, Sten & Lex, Sobekcis, Swiz et Velvet… A chaque étage, une personnalité, et une création singulière, colorée, psychédélique, figurative, poétique, énigmatique, sombre, ou éclairée.

Cette première édition, entièrement soutenue par des entreprises mécènes de la région, a rencontré un franc succès, faisant entrer la petite commune du Mont-Blanc (3600 habitants à l’année) dans le monde de la création contemporaine accessible à tous.

La télécabine du Bettex, écrin pour toiles…

Le challenge 2018, lancé aux artistes réunis à nouveau cet hiver, dans d’anciens ateliers de Saint-Gervais « pour travailler dans une sorte d’émulation », comme le souligne Zoer est encore plus insolite. Le nouveau terrain de jeu des six compères pour y accrocher des toiles, est très mécanique et technique : la gare de départ de la télécabine du Bettex, et la piscine municipale flambant neuve…

À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3
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L’oeuvre et Irsut, son artiste… (crédits photo: Sylvie Roman)

Une dizaine d’oeuvres réalisées avec des médiums plus traditionnels de la peinture classique, huile, acrylique, sur des toiles montées sur des châssis particuliers, en raison des conditions extrêmes des lieux d’exposition (châssis alu).

La gare de la télécabine du Bettex promet une surprise aux visiteurs qui se presseront dès cet été : un grand triptyque de Irsut (Hugues Chevalier de son vrai nom), qui déroule sur plus de 5 mètres une toile abstraite mais à la limite de la figuration, si ce n’est l’inverse. On imagine reconnaître un haut pic pyramidal, couronné d’un disque rouge… Rappel des cimes enneigées en fin de journée ? Traité dans les trois couleurs primaires, « comme à son habitude », confie l’artiste, le tableau est puissant, solaire, franc. Le contraste est particulièrement heureux avec la pénombre de la gare, la machinerie complexe, faite d’engrenages, câbles, tirants, et les bennes de la télécabine à l’arrêt. Cela nous replonge dans le Fernand Léger des années 30, puissant, coloré, mais très éloquent !

À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3
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L’Art contemporain s’invite à la piscine

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La piscine elle, s’est parée d’oeuvres de différents formats, d’un « classique » 100 x 100 cm à un panneau de 5 mètres de long ou encore, des œuvres au format mural, sur l’un des côtés du bassin. Dès l’entrée, et visible depuis les baies vitrées en façade, de Zoer nous accueille, dans des tons francs et très colorés, jouant les contrastes, et où la silhouette d’une « frite de natation » jaune poussin est parfaitement reconnaissable. Pas de doute, l’escalier qui s’ouvre sous nos pieds (paré d’un béton brut gris architectonique) nous mène dans une arène aquatique… Au fil des étages, parant les murs des escaliers ou des liaisons entre les vestiaires et les douches, d’autres œuvres s’égrènent : Swiz explore les mondes de l’architecture et des profondeurs de la toile, par un jeu de facettages, d’ombres, et de trompe-l’oeil. Ses toiles sont comme des nouvelles dimensions, invitant à passer « de l’autre côté ». Etienne de Fleurieu (ci-contre) continue d’explorer la voûte céleste, les milliers de points lumineux, parant le plafond d’un escalier de ses rêveries poétiques et constellaires, appelant le nageur à oublier un peu le sport, pour regarder le ciel si pur et étoilé au pied du Mont-Blanc.

À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3
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À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3
Sobekcis, nom de code des frères Gajic (serbes) a travaillé un grand format étonnement placé dans une transition entre l’escalier et l’ascenseur : impossible de le voir dans toute sa frontalité, mais c’est une toile en et du mouvement. Des couleurs qui flashent, qui tranchent, un roller qui semble vouloir s’échapper de son cadre, un contraste saisissant avec les murs en béton gris où il est accroché. Dans la zone du bassin, trois œuvres sont posées, accessible aux regards de tous, trois œuvres qui jouent avec les reflets de l’eau, les reflets de la montagne et des cimes qui miroitent dans les immenses baies vitrées. Les lignes pures des poteaux métalliques, mettent en valeur ses taches de couleurs vives pourtant rondes et douces, œuvres d’Irsut (ci-dessus à gauche) et du duo Zoer et Velvet (ci-dessus à droite).

Fresque murale

À Saint-Gervais Mont-Blanc, l’art contemporain réinvestit la cité avec l’acte 2 du projet 2KM3
Les sportifs ne sont pas les seuls à pouvoir profiter des dernières créations graphiques et artistiques de 2KM3 : une fresque murale a recouvert le mur de la Poste (12 m x 6 environ), en plein centre de Saint-Gervais. Œuvre des deux amis Zoer et Velvet (ci-contre), une sorte de montagne en déconstruction et chaotique, où des pierres se fracturent et semblent se décrocher pour, peut être, venir se fragmenter un jour sur la chaussée.

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Les blocs hiératiques

Deux lieux plus classiques, l’ancienne cure de Saint-Nicolas, et la maison Forte Haute de Tour, sont investis par les œuvres de Denis Monfleur (ci-dessus et dessous), un sculpteur qui s’intéresse à la forme épurée, dans des roches très dures, granites et laves. Une invitation et une méditation autour de la mort et de la résurrection, des corps et de leur évolution.

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