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(Anthologie permanente) Olivier Apert, "Si et seulement si"

Par Florence Trocmé

Olivier Apert  si et seulement siOlivier Apert publie Si et seulement si, aux éditions Lanskine
BROMAZÉPAM
ça — c'est du titre (en veux-tu : en voilà) :
[à l'instant me souviens d'un pouaîte auto-proclamé (entre
pithécanthrope au front borné par la gravitation et
outre lâche à pastis nuitamment ânonné) — dont la
salive ne cessait de ressasser 2 ou 4 titres, faisant
avec gravité office de « valeur absolue » : comme c'était...
ridicule (?) pathétique (?) grotesque (?) ou que sais-je
commesi, par sa métonymie à volonté englobante, un titre
pouvait-devait signifier le sens d'un livre ainsi,
par mémoire imbécile (fixée à quelque obsession déjà
sans avenir), dispensé d'être lu] : donc — ça
c'est du titre   (en voilà) : : en voudras-tu ?
PARACÉTAMOL (en mémoire)
de titre, ils en cherchaient 1, les G.E* (pour Mémoires) — dociles
cabris entre accroupissement & assoupissement — trop heureux
après coup de mimer, extatiques, la « parole » » : alètehia   alètehia !
épistémé
 !!!
   habitus !!!
[en lieu et place, JNV (je pleure) & votre serviteur étions   Jean-Noël Vuarnet**
décoiffés par le soleil — un philosophe-artiste celui-là —
dardant la Triumph Spitfire 1500 de ses rayons
allant bénir les cocktails au château de Marmontel]
au retour sans retour les G.E* — vaguement avertis
de la relation pedagogus-discipulus
(les microphones remplaçant le poulet offert par la fille du paysan mal lavé aux « hussards noirs de la république »)
s'extasiaient comme cabris du narrateur intradiégétique
abordé par la grammaire générative du schéma actantiel : : comme c'était mignon.
*G.E : Gentils étudiants — comme il y eut G.0 et G.M au Club Méditerranée
** : on me permettra de reprendre ci-après un texte-tombeau écrit juste après sa défenestration, en 1996

Post-scriptum

Giovanni Natale : où es-tu ? Jean-Noël Vuarnet, 11 rue Servandoni — Paris 75 006. Comme tu m'avais fait rire : « Un matin, j'écrivis à nouveau quelques pages, ce qui n'arrivait plus tellement — Si vous saviez mes chers amis ce que je souffre, pas un seul d'entre vous ne voudrait accomplir ma mission, elle est célèbre mais que me rapportera-t-elle ? — pas autre chose que de la peine — (...)
— Mais ça sert à rien, je disais tous les matins : quand je pense, ça plisse, quand j'image, ça dégringole.
Stop, basta, basta cosi ! je disais tous les matins... À quoi bon ? Pour quoi faire ». Et l'on partait, nos fronts
solaires offerts au vent que décapotait ta Triumph, verte : cocktails au château de Marmontel en lieu et place des cours à l'Université de Paris VIII, toi enveloppé de cette canadienne-trench coat à col de fourrure : le col de fourrure : l'hommage à Lacan comme Le philosophe-artiste offert à Deleuze – mais ta façon toute intuitive de t'emparer de la pensée, de la féconder sensuellement... Comme on riait : cette jeune étudiante qui te traquait, old young Beau & ton whisky apéritivé sous un dessin de Klossowski, moi dessous, dans le petit crapaud si accueillant : bon dieu ! Que n'es-tu parti vivre, même un temps, ailleurs : Tahiti comme Gauguin, ou Venise que tu connaissais tant ou dans une île, comme ton personnage & son livre : il y avait là, cités pour le vendre : Hélène Cixous, Roland Barthes (ton voisin ?), Frédéric Benrath, Cioran, Gilles Deleuze, Ariel Denis, Viviane Forrester, Julien Gracq, Ernst Jünger, Pierre Klossowski, Jacques Lacan, Claude Mauriac, Catherine Millot, Valère Novarina, Maurice Roche, Jean Vauthier : le poids de la littérature est-il si lourd ? Et pourquoi le payer ainsi ? Ces Saintes, dont tu as tant tenu à être le scribe, oui ces Saintes disaient-elles en vérité la dette d'impuissance, et comment cette impuissance allait te conduire à ... bon dieu ! Que n'as-tu tenu, même à bout de force, ce bel enjeu de la séduction que tu connaissais si bien : Giovanni Natale, t'en souviens-tu ? La séduction blanche, la séduction noire : il faut voir comment, quand on en parlait, tu grillais clopes sur clopes — et tes amis, ces dîners dans ton petit appartement, ta petite bonbonnière de la rue Servandoni & ce balcon, celui-là ou un autre : en bas, un excellent petit bougnat, cela remonte à loin déjà : nous avions déjeuné ensemble, après un moment douloureux pour toi : je pensais à toi en traversant le jardin du Luxembourg, un peu ivre : je pense à toi, j'ai pensé à toi : pas assez. Nous ne sommes comptables de rien ni de personne. Je sais tant d'ordures vivantes que cela me fait mal : Giovanni Natale : tes doubles, où sont-ils maintenant ?
BÉTAÏNE (citrate de — 2g x 2)

de titres — nous* en avons plus que de livres & de gloire —
[encore un peu :
nous* ne parlons pas ici de noblesse (sinon
des 3 mages** du petit Rimb.), 1 minute monsieur le bourreau]
nous avons plus de titres   Baudelaire
que si nous avions écrit mille livres : à quoi bon nalors***
en ajouter r1*** quand Un seul suffit, coupe court
monsieur Deibler
*nous = je tu il nous vous ils elles (id est : mézigue tézigue cézigue, etc.)
** le cœur, l'âme et l'esprit — ou quelque chose comme ça
*** j'indique la liaison nécessaire
Olivier Apert, Si et seulement si, éditions Lanskine, 2018, 112 p., 14€
Olivier Apert dans Poezibao :
bio-bibliographie, extrait 1, Upperground (P. Drogi et A. Vasiliu), ext.2, [note de lecture] Anthologie "Women" d'Olivier Apert, par Geneviève Huttin, (Note de lecture) Olivier Apert, "Si et seulement si", par Dan Ornik, (Anthologie permanente) Olivier Apert, "Si et seulement si"


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