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Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 85-86-87

Par Blackout @blackoutedition
Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 85-86-87

Photo de Simon Woolf

Pour le livre de Richard Palachak, "Kalache", c'est par ici : KALACHE

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 85

Mirko n'en avait pas perdu la moindre miette. Il traduisit l'histoire de Sergeï Medev à son ami français, puis il conclut par ces mots : « Tu vois Gino, c'est ça l'Esprit Slave. – Tu veux dire être un romanichel alcoolo ? – Non, je veux dire être capable de tout donner pour atteindre les cimes et toucher les étoiles, histoire de tout perdre en moins de temps qu'il n'en faut pour lâcher une caisse, pour une sombre connerie. – Dans la vie, faut savoir rebondir. – T'oublies que Sergeï sentait la fin de saison. – Kest'entends par là ? – Trop vieux pour se relever. Du coup c'était cuit de chez cuit. Mais quand tu te rétames avant, rien ne t'empêche de redémarrer. – Puis de tout donner pour atteindre les cimes et toucher les étoiles, histoire de tout reperdre en moins de temps qu'il n'en faut pour lâcher une caisse, pour une sombre connerie... c'est ça ? – Voilà Gino, c'est exactement ça l'Esprit Slave ! Un cycle ridicule et débile. – Alors le facteur de mes vieux devait être slovaque. »

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Sur ces bonnes paroles de philo de comptoir, les deux amis se turent, attendant soucieusement le verdict de leurs juges et bourreaux. Mais à l'avant, la parloterie n'en finissait plus. Sans avoir l'air d'y toucher, les deux crapules instillaient l'angoisse en prolongeant l'atermoiement, bien à l'aise au fin fond de leur antre épineux. Mirko tomba dans les bras de Morphée tandis que Gino restait scotché au bredouillage incompréhensible des deux mafieux, les billes exorbitées par la coke et les sens en alerte. Et d'un coup, sans crier gare, Lado mit le contact et prit le chemin d'une autre destination. Toujours inconnue. Décidément, la succession des événements confinait à la partie de snooker, imbitable. On tournait en rond, passant de bled en village, de passages en ruelles, et de trous de balle en rondelles, à l'instinct. C'était du grand n'importe quoi. Et les lascars d'enchaîner les « brblebleblabla » et les « bourougovoristachstach »... Du coup, la peur de Gino s'évanouit. Le Français comprit qu'il était en compagnie de cinglés, qui n'agissaient qu'à l'impulsion, tels des loups sur la piste d'une dépouille invisible et clandestine.

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En cavalant vers la sortie, Mirko commit l'erreur de trop : « c'est pas une grosse pouilleuse de vachasse montagnarde qui va me gruger ! » Du coup, le hacker n'eut guère le temps d'atteindre la lourde qu'il se prit un crochet du droit dans la tempe, lancé par derrière avec explosivité . L'aurait pas dû cracher sur Ritka, la puncheuse freelance des Carpates, qui te le sécha d'une seule praline. Un choc d'une telle violence que sa percussion déclencha du rétamage en quatre étapes. Un étourdissement d'abord, le branle ensuite, et puis la toupie... jusqu'à ce qu'il s'écroule enfin, raide cané sur la planche du coq. Les deux nénettes eurent néanmoins l'obligeance d'empoigner Mirko par les quatre membres et de le porter jusqu'au premier canapé venu. Ça faisait plus propre après tout.

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