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[Critique] SANS UN BRUIT

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] SANS UN BRUIT

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Titre original : A Quiet Place

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : John Krasinski
Distribution : Emily Blunt, John Krasinski, Noah Jupe, Millicent Simmonds…
Genre : Épouvante/Horreur
Date de sortie : 20 juin 2018

Le Pitch :
Il y a quelques années, de mystérieuses créatures ont fait leur apparition, décimant rapidement la population. Aveugles, elles sont par contre sensibles au moindre bruit. Dans la forêt, une famille tente tant bien que mal de survivre en respectant une série de règles strictes visant à tenir à distance les monstres…

La Critique de Sans un bruit :

Rendu célèbre par la série The Office, John Krasinski est ensuite apparu dans des films comme Jarhead, Jeux de Dupes, 13 Hours et Detroit, en poursuivant en parallèle une carrière de scénariste (on lui doit le script de Promised Land, de Gus Van Sant) et de réalisateur. C’est d’ailleurs à la fois devant et derrière la caméra qu’on le retrouve à l’occasion de Sans un bruit, le film d’horreur phénomène de l’année. Un carton surprise au box-office américain, où il a cumulé à ce jour plus de 185 millions de dollars de recette, se payant en plus le luxe de satisfaire une grande majorité de critiques…

Sans-un-bruit-Emily-Blunt

It’s oh so quiet

Sans un bruit est l’exemple typique du film-concept. Un long-métrage qui repose donc sur une idée principale qui définit toute sa dynamique. Ici, c’est le silence. Le silence qu’il faut respecter pour ne pas attirer l’attention des monstres rodant dehors depuis que le monde a sombré dans le chaos. Une idée redoutable au centre d’un métrage lui aussi parfaitement huilé, percutant, sensible et calibré pour atteindre son but sans prendre de détours. John Krasinski ayant parfaitement assimilé les codes du genre auquel il a souhaité se frotter, sans se priver de faire preuve de quelques touches d’audace ici ou là histoire de joliment enjoliver ses références.
Le jeune cinéaste, qui signe par ailleurs ici son troisième essai et débute dans le registre horrifique, fait ainsi preuve d’une maturité appréciable, lisible dans cette maîtrise impressionnante de l’espace et du concept au centre de la dynamique. Sans jamais se départir de cette volonté de ne pas sombrer dans l’excès, si ce n’est à la fin, quand Sans un bruit penche du côté d’une outrance un poil dommageable à son caractère jusque là plutôt mélancolique, Krasinski n’essaye pas de sonner à tout prix original mais veille plutôt à véritablement soigner la forme, au profit du fond. La première demi-heure, durant laquelle aucun mot n’est prononcé, est ainsi un modèle de mise en place. Une première partie où les peurs et le sentiments ne s’expriment que par le talent du metteur en scène, de l’écriture et bien sûr des acteurs, tous impeccables.

Piégés dans le silence

Sans un bruit gagne également ses galons quand il parvient, sans forcer là encore, à orchestrer des situations remarquablement retorses et donc propices à l’émergence d’un suspense à couper au couteau. Comme par exemple quand le personnage incarné par une Emily Blunt à fleur de peau, accouche. Une scène terrifiante, qui convoque des peurs viscérales inhérentes aux thématiques que Krasinski s’efforce d’illustrer avec une pertinence renouvelée. Car au fond, Sans un bruit, avant même d’être un film d’horreur, est un drame familial. Un film sur le deuil, portant également sur le rôle des parents. Une tragédie cachée sous les apparats de l’épouvante, traversée d’instants de bravoure et de poésie, comme quand Krasinski invoque Neil Young à l’occasion d’une séquence de toute beauté.

Dehors… les monstres

Finalement, Sans un bruit parvient à se montrer plus émouvant que véritablement effrayant. Si on fait exception des séquences évoquées plus haut, où la peur émerge, le film, si il n’oublie jamais la menace tapis dans l’ombre au centre de son récit, celle qui fait office de catalyseur des émotions, n’installe pas de vrai malaise. Pas à la façon d’œuvres plus radicales et moins fédératrices comme le récent Hérédité, The Witch ou même It Follows. Au fond, Sans un bruit est beaucoup plus conventionnel. Quelque-part à mi-chemin du pur film de monstres et du drame, il conserve une certaine légèreté et s’avère donc plus accessible. Un film parfaitement maîtrisé au niveau du fond, plus modeste qu’annoncé. Un film plus simple aussi. Et c’est tant mieux tant sa valeur réside justement dans ce refus de trop en faire pour aller directement à l’essentiel…

En Bref…
Porté par des acteurs impeccables, qu’il s’agisse des enfants (formidables Millicent Simmonds et Noah Jupe) ou des adultes (excellents Emily Blunt et John Krasinski), réalisé de main de maître et relativement bien écrit, Sans un bruit exploite son concept avec une très grande efficacité, à défaut de surprendre ou de faire preuve d’une trop grande audace. Cela dit, pas de doute, il mérite l’avalanche de louanges dont il fut la cible depuis les premières projections. À l’opposé des films d’horreur opportunistes et bâclés, Sans un bruit respecte son sujet, le style auquel il s’attache et son public et se montre à la fois ludique, tendu et souvent impressionnant. Une réussite, c’est indéniable.

@ Gilles Rolland

Sans-un-bruit
   Crédits photos : Paramount Pictures France


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