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[Critique] WONDER WHEEL

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] WONDER WHEEL

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Titre original : Wonder Wheel

Note: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Woody Allen
Distribution : Kate Winslet, Juno Temple, John Belushi, Justin Timberlake, Max Casella, Tony Sirico, Jack Gore…
Genre : Drame/Comédie
Date de sortie : 31 janvier 2018

Le Pitch :
Ginny, une ex-actrice frustrée devenue serveuse, vit à Coney Island avec son petit garçon et son mari. Un jour débarque chez elle Carolina, la fille de ce dernier. Une jeune femme recherchée par la mafia italienne en quête d’un refuge et qui va rapidement détourner l’attention du beau Mickey, un maître-nageur avec lequel Ginny entretient une liaison…

La Critique de Wonder Wheel :

C’est toujours avec une impressionnante régularité, malgré ses 82 ans, que Woody Allen enchaîne les films. Tous les ans, c’est devenu une tradition, on va voir le nouveau Woody. Un cinéaste qui en 2018, a décidé de nous emmener dans le Coney Island des années 50. Un lieu emblématique pour une histoire d’amour contrariée en forme de conte moderne et légèrement acide sur les vicissitudes d’une femme perdue dans une vie qu’elle n’a jamais désirée…

Wonder-Wheel-Juno-Temple

Wonder Kate Winslet

Cette femme, c’est Kate Winslet. Une comédienne qui trouve ici une partition formidable, qu’elle interprète avec le talent qu’on lui connaît, parvenant sans passer en force à traduire à la fois la gravité et la légèreté du script. Sans artifices, elle se met à nu devant la caméra, n’a jamais peur d’y aller franchement et porte au final le film sur ses épaules. Car le pivot de Wonder Wheel, c’est elle. La princesse de Coney Island que tout le monde ignore, si ce n’est ce maître-nageur interprété avec une certaine truculence par Justin Timberlake, qui va de toute façon finir par lui renvoyer toutes ses craintes quand arrive dans l’équation Juno Temple (on n’oublie pas James Belushi, qu’on est d’ailleurs bien content de retrouver). Sorte de vaudeville portant en son sein cette mélancolie impitoyable et inexorable au centre de l’œuvre de Allen, Wonder Wheel profite aussi de son cadre, en mettant en opposition la bonne humeur inhérente à la fête au centre de Coney Island, l’un des plus fameux parcs d’attraction de la banlieue de New York, et la dépression qui gagne le personnage de Kate Winslet.

Mafia love

Car Coney Island est l’autre grand personnage de Wonder Wheel. Bien aidé par la sublime photographie de Vittorio Storaro (l’homme derrière la lumière d’Apocalypse Now, excusez du peu), Woody Allen parvient à redonner vie au Coney Island des 50’s. Sa reconstitution, de toute beauté, traduit bien l’attachement du réalisateur à cet endroit chargé d’histoire de sa chère grosse pomme. Et si il fait quelques allers-retours en ville, c’est bien à Coney Island qu’il donne le rôle principal de son ballet amoureux rythmé par de nombreux rebondissements.
Wonder Wheel est donc un beau film. L’un des plus visuellement soignés de Woody Allen. Une fresque au romantisme étouffé, sur une existence gâchée, où les regrets s’expriment dans la douleur et la frustration. Une pièce que le cinéaste filme avec un dynamisme renouvelé, parvenant à souligner de par sa mise en scène les nombreux morceaux de bravoure d’une écriture au cordeau, bondissante, drôle et tragique à la fois, à la pertinence certaine, dont l’un des nombreux mérites est de ne jamais faire vraiment de surplace et d’instaurer à la fois un véritable suspense (l’ombre de la mafia qui plane sur le récit) mais aussi une nostalgie prégnante.
Wonder Wheel qui, sous couvert d’une légèreté qui pourrait faire croire qu’il s’agit d’un Woody Allen mineur, arrive à faire preuve d’une complexité tout à fait à propos compte tenu des thématiques abordées par le script, mais aussi de cette tendance à regarder en face son côté obscur, soutenu, on y revient, par l’extraordinaire acuité d’acteurs parfaitement dirigés, Kate Winslet en tête.

En Bref…
Wonder Wheel est à l’image de son affiche. Une sublime fresque aux accents nostalgiques, baignée par la lumière d’une Amérique clinquante mais aussi légèrement désuète, et habitée par une magnifique actrice en pleine possession de ses moyens.

@ Gilles Rolland

Wonder-Wheel-cast   Crédits photos : Mars Films


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