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Qu’est-ce qui vous prend ?

Publié le 25 juin 2018 par Le Journal De Personne
Prendre. Je prends, tu prends, il ou elle prend.

Nous sommes pris, vous êtes pris et priés de le rendre.

Parce qu'on ne peut prendre parti sans courir le risque d'être pris à partie ! Sans être repris de justesse ou sans être un repris de justice...

Un voleur qui ignore ou feint d'ignorer que la propriété c'est du vol ou du bol, ce qui pour tous les malheureux ou les malchanceux, revient au même.

On prend part à l'économie du marché pour faire la part des choses, pour ne pas renoncer à sa part du marché sans jamais se rendre compte qu'on est pris avant de prendre et toujours surpris de l'apprendre !

On ne nous dit pas que tout est parti pris mais seulement qu'il faut prendre parti... c'est ainsi et c'est à prendre ou à laisser... à se laisser prendre... dans les rets du langage ou par l'attrait de l'image.

On prend une liberté qu'on n'aurait pas dû prendre... parce qu'on nous le fait payer... un peu trop cher !

Entreprendre... parce que nous sommes censés être libres d'entreprendre... pour ne pas dépendre ou être dépendant. On ne prend plus les choses comme elles sont, on entreprend de les rendre autrement... propres ou impropres, l'essentiel étant de se les approprier. C'est du vol organisé pour que toute prise soit justifiée par la création d'une entreprise. On s'autorise un truc puis on se sent autoriser à truquer. On lève les fonds pour se laver de tout soupçon. Qu'importe la fin, pourvu qu'on ait les moyens !

Qu'est-ce qu'entreprendre sinon faire en sorte que quelqu'un d'autre se fasse prendre à votre place au point de vous rendre grâce... vous remercier sous peine d'être congédié.

Oui en effet, il ne faut pas faire les choses mais les faire-faire à un tiers qui n'a rien d'autre de mieux à faire !

Le mérite vous revient et les satisfécits aussi... parce que vous avez pris de l'avant, vous vous êtes donné du mal pour avoir des subordonnés. Vous avez eu le pouvoir de faire quelque chose pour avoir le pouvoir sur quelqu'un.

Parce que vous avez réussi à entreprendre, vous avez désormais le droit d'exiger des autres de vous surprendre... ou d'aller se faire pendre !

Enfin, comprendre... et cesser de se méprendre sur soi et sur tout ce qui ne va pas de soi : les autres. Autrement dit, tous ceux qui vous prennent la tête... ou vous rendent bête.

Beauvoir toujours belle à revoir disait : "je suis UN intellectuel et ça m'agace qu'on fasse de ce mot une insulte : les gens ont l'air de croire que le vide de leur cerveau leur meuble les couilles".

Je la rassure en lui disant que ces andouilles n'ont ni cerveau, ni couilles... ils prennent, entreprennent mais ne comprennent rien à la scène, à la vie comme mise en scène.

Naïfs, ils croient que c'est interactif. Spectateurs, ils s'estiment équivaloir aux acteurs qu'ils payent pour les voir se faire valoir. Commentateurs, ils se prennent pour des auteurs.

Le contraire d'intellectuel, ce n'est pas manuel mais sans cervelle !

Et pour ne pas décevoir Beauvoir, imprimons bien cette contre-évidence : nos couilles ne se situent ni dans le bas-ventre, ni dans le cœur mais dans la tête. Elle en a Simone, et nous incite à en avoir.

Auteur interprète : Emeline Becuwe
Scénario : Emeline Becuwe
Actrice : Emeline Becuwe


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