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Le droit à l’indifférence

Publié le 26 juin 2018 par Paulo Lobo
Le droit à l’indifférenceMoi le seul combat que je mène, c’est le droit à l’indifférence. Je ne veux pas changer. Je ne veux pas que les choses changent. Je ne veux pas donner le change. Je ne veux pas être changé en statue de sel. 
Je veux chanter sous la pluie, ça oui.Moi le seul combat que je mène, c’est le droit à l’indifférence. Le droit au délire aussi. Et le droit au but. Et le droit à la bise.J’ai le droit de ne pas m’en faire. J’ai le droit de ne pas m’enfermer dans un ascenseur qui ne connaît que le courant électrique, qui ne fait que monter et descendre. Paix à son âme.
Je veux pouvoir ne pas me soucier de tout ce qui vous tracasse. Ce que je veux simplement, c’est me poser sur un petit rocher et regarder la plaine autour de moi, en écoutant une mélopée plaintive et douce, caressante comme l’azur d’un soupir. En me récitant pour moi-même à l’intérieur de ma tête un poème écrit par un illustre inconnu.Je réclame mon droit de ne pas bouger le petit doigt. Je réclame mon droit de somnoler.
Je réclame mon droit d'agiter le drapeau blanc.
De ne jamais troubler l'ogre public.Car ne rien faire est le début d’une prise de conscience collective. J’ai toujours admiré ceux qui ont le courage de faire du sur place. J’ai toujours admiré ceux qui prennent leur temps sur la planche avant de plonger. Pour profiter du point de vue ou se donner en spectacle, pour respirer l’air supérieur, pour se faire un peu peur, pour vouloir le beurre et l’argent du beurre. J’ai toujours aimé ceux qui ne militent pour rien du tout, j’ai toujours aimé ceux qui ne représentent rien d’autre qu’eux-mêmes, ceux qui refusent de se laisser embrigader dans une idéologie, un parti, un clan. Ceux qui n’enfilent aucun gant, qui s’assoient sur leur banc et laissent le volant aux autres.
Faites pan pan si ça vous amuse, moi je panse mes plaies.Je n’ai pas la réponse au mystère de la vie, et je m’en accommode fort bien. 
J’aime les mystères, 
aux réponses je préfère les questions. 
Je préfère tout ce qui est flou à tout ce qui est net. Je préfère l’imprécision à l’exactitude. Je préfère la nonchalance aux ailes explicites. Me promenant par un joli matin brumeux du mois de mai sur les bords du quai, je ne poursuivais aucun but, je n’avais aucune feuille de route, le monde était ce qu’il était, et je n’avais même pas peur de l’amende. J’aime me laisser porter par les rues qui vont où ça leur plaît. Je l’avoue je suis un être passif. Je me sens comme un nuage qui se laisse souffler par le vent. Je me sens comme une vague emportée par la houle. Je me sens comme une boule de neige qui dévale la colline en frissonnant. Je me sens comme l’oiseau qui à la première fraîcheur de l’automne se dit il va falloir partir bientôt. Je n’aime pas le calendrier, les feuilles que l’on arrache l’une après l’autre, et qui tombent sans un bruit, sans un esclandre, seulement parce qu’elles reconnaissent la force qui les nourrit. 
Je ne suis pas meilleur que la fourmi qui fait ce qu’elle a à faire. Je suis pas meilleur que la cigale qui chante tant qu’elle peut. Si je suis fourmi, je ne suis pas cigale. Si je suis cigale, je ne suis pas fourmi. La fourmi ne deviendra jamais cigale. La cigale ne deviendra jamais fourmi. Deux existences deux formes de vie,deux pensées, deux organismes. Chacun semble faire ce qui lui plaît, en réalité chacun fait ce qu’il doit faire. Je ricane je rigole je ris : vous combattez les ailes d’un moulin, vous combattez la poussée de la sève. Vous combattez l’obligation de vous nourrir. Vous combattez l’inéluctable. « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »Respiration résignation retenueAccepte la ceinture qui te moule accepte-la comme une protection comme une obligation comme la parole d’un roi qui sait mieux que toi ce qui est bon pour toi. Ne lutte pas contre la ceinture qui te ceint, qui te tient. Regarde l’arbre - peut-il marcher ?Il n’a jamais vu d’autres horizons que ce petit bout de paysage qui est devant lui - l'arbre.Ce petit mètre carré au sol qui le porte. Toujours au même endroit, il respire regarde s’agite grelotte transpire converse avec les 1000 petites bêtes qui les entourent.
L’arbre est heureux de sa place dans la plaine.

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