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Le 4ème Café – « Too Many Friends » (Clip)

Par Le7cafe

Arthur n’est pas là pour le moment. Veuillez ne pas laisser de message après le bip.

Pour terminer ce mois de critiques centrées sur la série Black Mirror (à retrouver ici, et), voici un petit 4ème Café pour parler de la chanson « Too Many Friends » de Placebo, qui certes n’est jamais apparue dans un film ou une série à l’heure actuelle, mais dont le propos se rattache tout particulièrement à la série de Charlie Brooker. De plus, un clip, c’est aussi du cinéma, d’une certaine façon. Et puis je fais ce que je veux. Musique !

« My computer thinks I’m gay… »

« Too Many Friends » est une chanson du groupe Placebo extraite de leur album Loud Like Love sorti en 2013. Il existe deux clips différents pour illustrer la musique : le premier, publié le 9 août 2013, relate les évènements se passant lors d’une fête privée, et il y a toute une histoire et une narration qui s’ajoutent à la chanson. Le second, dont nous parlons aujourd’hui (voir ci-dessus), a été publié le 4 mars 2014. Il n’y a cette fois aucune narration, le clip ne se base que sur la chanson. Pourtant, l’histoire est loin d’être mise au second plan.

Mais au fait, de quoi parle « Too Many Friends » ?

« I’ve got too many friends, too many people. »

C’est une chanson à propos de la solitude et de la facticité des réseaux sociaux. Le refrain est sans équivoque : « J’ai trop d’amis, trop de gens que je ne verrai jamais, pour qui je ne serai jamais là. » On pense bien évidemment à Facebook, Twitter, Instagram et tous ces autres réseaux où l’on accumule les « amis » ou les followers à la pelle sans vraiment toujours savoir qui ils sont. La chanson n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’épisode « Nosedive » de Black Mirror, avec ce monde où la vie elle-même est devenue un réseau social. « Too Many Friends » est une critique amère de nos interactions stériles virtuelles au profit de véritables connexions humaines.

Le clip illustre cela parfaitement. Quand les premières notes de piano retentissent, il s’ouvre sur une jeune femme allongée dans son lit, seule. Dans sa chambre, pas un seul élément de décoration, pas de couleurs, pas d’objets personnels, rien. La seule possession de la jeune femme, c’est son casque audio. La métaphore du casque est d’ailleurs extrêmement marquante : il sert à la fois de lien avec la technologie, et d’outil pour se couper du monde. Et ça a l’air de marcher : dans la vidéo, il n’y a pas une seule interaction entre être humains, ou alors pas significatives. Regards fuyants, évitements, aucunes paroles… Et autre caractéristique quand on voit une succession de portraits de gens portant toujours ce même casque : ils sont toujours tous seuls. Ce n’est pas pour rien que le deuxième couplet se finit avec la phrase « Je me sens tellement seul »…

« What’s the difference anyway ? When all that people do all day is stare into a phone… »

Mais plus que se couper des autres, la chanson montre aussi que la technologie peut finir par nous couper de nous-mêmes et nous faire perdre notre identité : « Mon ordinateur pense que je suis gay, de toutes façons quelle différence ça fait ? Quand tout ce que les gens font toute la journée est regarder leur téléphone. » Le personnage de la chanson n’en a même plus rien à faire de sa propre personne puisque les relations n’existent plus, et c’est d’autant plus vrai pour la jeune femme du clip qui vit dans un appartement complétement stérile.

Le paroxysme est atteint lors du dernier refrain, pendant que la jeune femme danse seule au milieu d’autres personnes toutes coiffées d’un casque dans une boîte de nuit éclairée de rouge. Lorsqu’elle ferme les yeux, elle s’imagine courant dans un champ, les cheveux détachés, sans casque, souriante et libre ; mais c’est bien là le drame de l’histoire. À force d’être dans son monde, elle n’est plus dans le monde. L’emballement des instruments, l’éraillement de la voix du chanteur Brian Molko et l’amertume de la vidéo s’entrelacent et montent en crescendo à la toute fin pour conclure sur ces mots répétés et lourds de sens : « Je ne serai jamais là. »

« I’ll never be there… »

— Arthur


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