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[Critique] TAU

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] TAU

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Titre original : Tau

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Federico D’Alessandro
Distribution : Maika Monroe, Ed Skrein, Gary Oldman…
Genre : Science-Fiction
Date de sortie : 29 juin 2018 (Netflix)

Le Pitch :
Une jeune femme se fait enlever et se retrouve prisonnière dans un mystérieux laboratoire avec deux autres personnes. Rapidement, elle fait connaissance avec le propriétaire des lieux, un étrange scientifique qui fait des expériences sur des cobayes qu’il sacrifie ensuite. Un homme assisté de Tau, une intelligence artificielle aussi avancée que redoutable…

La Critique de Tau :

C’est en travaillant sur les story-boards de films comme Ant-Man, Le Monde de Narnia, Captain America : Le Soldat de l’hiver ou Max et les Maximonstres et en supervisant les animations d’autres blockbusters, que le réalisateur uruguayen Federico D’Alessandro est parvenu à concrétiser son projet de long-métrage. Ce film, Tau, le voit donc faire ses débuts à la mise en scène d’un film. Une œuvre certes un peu bancale, qui cumule de bien des façons certaines des tares les plus courantes inhérentes aux premiers films, mais qui parvient, malgré tout, à faire preuve d’une certaine poésie et d’une efficacité grandement responsable de sa bonne tenue générale…

Tau-Maika-Monroe

Intelligence artificielle

Étrangement, Tau s’impose assez vite comme un sorte de déclinaison techno de La Belle et la Bête. Voyez plutôt : une jeune femme, sublime, est retenue prisonnière par un riche et sombre individu. Tout d’abord cantonnée à sa cellule, elle parvient à gagner sa place dans les appartements de son geôlier et remporte du même coup quelques bénéfices. Est-ce que des sentiments vont pour autant naître entre les deux personnages comme dans le fameux conte ? Non. Disons-le tout net, la Bête n’est pas ce savant-fou porté sur le meurtre de cobayes humains mais Tau, l’intelligence artificielle qui donne son nom au métrage. Un espèce de cousin éloigné de HAL 9000, de 2001, Odyssée de l’Espace, qui parle avec la voix de Gary Oldman. Un système d’emblée important dans le déroulement du récit, amené à prendre de plus en plus de place, allant même jusqu’à supplanter son créateur pour devenir le principal interlocuteur de la jeune femme campée par Maika Monroe. Alors certes, la comparaison avec La Belle et la Bête s’arrête là mais il serait surprenant que le scénariste et/ou le réalisateur n’y ait pas pensé à une étape ou à une autre de la conception de leur film.

Compte à rebours mortel

Tau voit donc Maika Monroe, l’héroïne, une jeune femme un peu paumée mais néanmoins déterminée à survivre, tenter d’apprivoiser son gardien, cet espèce de programme informatique intelligent et capable d’apprendre. Le tout avant que le compte à rebours qui permet au film de suivre une certaine rythmique, n’arrive à zéro. Chaque séquence, à partir d’un moment donné, débutant précisément par un décompte au terme duquel la jeune femme sera sacrifiée au nom de la science. Tau se base ainsi sur les conversations entre l’intelligence artificielle et Maika Monroe. Tout le sel du film se trouve dans ces échanges, desquels se dégage également une certaine poésie. Mais Tau essaye aussi de verser de temps en temps dans l’action. Quand la protagoniste centrale multiplie par exemple les tentatives d’évasion et que le système informatique passe à l’action. Quand elle tente de se confronter au scientifique aussi. Des passages certes utiles pour sortir le métrage de la torpeur dans laquelle il semble parfois se complaire, mais pas vraiment indispensables pour autant car manquant cruellement de puissance et d’originalité.
En fait, nous voici ici en face d’un film pétris de bonnes intentions, aux références partiellement digérées mais illustres. Un long-métrage modeste, aux ambitions réelles mais à l’exécution un peu brouillonne, assurément tiré vers le haut par ses interprètes. On pense à Gary Oldman, présent sans être présent, mais dont la voix charrie de vraies émotions, à Ed Skrein, qui semble avoir été casté parce Nicholas Hoult était trop cher, mais surtout à Maika Monroe. Une actrice découverte avec It Follows, dont la performance confirme sa propension à instaurer, sans trop en faire, une sorte de mélancolie prégnante très intense. Une comédienne aussi belle que charismatique, ici parfaitement à sa place.

En Bref…
Film de science-fiction modeste mais plutôt ambitieux, correctement mis en scène mais souffrant d’un budget qu’on devine assez léger (tout le film se déroule dans un seul décors), Tau vaut surtout par la poésie qu’il s’efforce d’instaurer et par la présence au générique de la magnétique Maika Monroe. Dommage cependant qu’il ne réussisse pas vraiment à donner de l’ampleur à son discours un peu limité sur l’intelligence artificielle et ses répercutions…

@ Gilles Rolland

Tau-Maika-Monroe-Ed-Skrein
   Crédits photos : Netflix


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