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Bons baisers de Bruges (2008)

Par Eric Culnaert

Bons baisers de Bruges sur La Fin du Film

Martin McDonagh, le réalisateur de ce film simplement intitulé In Bruges, ne doit guère aimer la ville, qualifiée par trois fois, dès la première phrase du dialogue, de « shit hole » (je n’ose traduire, les sous-titres disent pudiquement « trou à rats »), et dont le héros dit à la fin que « l’enfer doit être comme de passer l’éternité dans cette foutue ville ». Il ne doit pas aimer non plus les Yankees, couverts de sarcasmes, mais là, il est comme tout le monde ! Le récit, lui, oscille entre le sarcastique et le tragique, ce premier caractère étant dévolu au dialogue. Le tragique, on t’explique, cher lecteur cinéphile, si tu veux bien changer de paragraphe.

Le Britannique – très parano – Harry Waters (Ralph Fiennes) emploie deux tueurs à gages, Ken (Brendan Gleeson) et Ray (Colin Farrell), un Irlandais, dont le premier contrat se passe mal : dans une église, il abat un prêtre catholique de sept balles de pistolet, ce qui à la rigueur n’est pas très grave, mais l’un des projectiles, égaré, tue un petit garçon qui attendait pour se confesser. Ray ne s’en remet pas, ne cesse de parler de l’enfer, pleure et devient suicidaire. Furieux, Harry, leur employeur, un homme qui doit aimer le travail correctement fait, entend bien se débarrasser du maladroit, mais seulement… après lui avoir payé des vacances, en guise de faveur ultime ou de prime de départ, comme tu voudras. L’ennui, c’est qu’au lieu de choisir les Bahamas, il envoie les deux tueurs à Bruges, en pleine semaine de Noël pour tout arranger (cohue touristique garantie), séjour que Ken apprécie car il est porté sur la culture, mais que Ray, plouc accompli, voit comme un purgatoire, dans tous les sens du mot.

Bien sûr, tu as deviné, lecteur extra-lucide, que c’est Ken qui a été chargé de la mission : expédier son copain en enfer. Mais, pas de chance, au moment où il va lui loger une balle dans la tête, Ray est justement occupé à se suicider ! Du coup, il l’empêche de mettre fin à ses jours, comme on dit à la page des faits divers dans les journaux bien écrits, puis le force à prendre un train et à fuir pour six ou sept ans, histoire de se faire oublier.

Apprenant par téléphone que Ken n’a pas accompli sa mission, Harry débarque à Bruges pour abattre le tueur défaillant, il le blesse, Ken se suicide en se jetant du haut d’une tour… et atterrit aux pieds de Ray, qui est revenu à Bruges parce que la police l’a arrêté dans le train pour une histoire de bagarres avec un touriste canadien, que Ray avait pris pour un Yankee et qu’il avait corrigé, histoire de venger le Vietnam et John Lennon. Ça va, tu suis ? Si bien que Ray se retrouve affrontant Harry, et le duel attendu depuis une demi-heure a lieu en pleine rue. Or, en tirant sur Ray, Harry abat un nain, croit qu’il a, comme Ray, tué un enfant (décidément…), et se suicide d’une balle dans la bouche. Gravement blessé, Ray se retrouve à l’hôpital, où il survivra peut-être, mais peut-être pas. Et là, ce n’est pas Allôciné qui te le dira.


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