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#Cherbourg - Plus de nature en ville grâce à la gestion différenciée !!

Publié le 19 juillet 2018 par Philippe Vimard @cotentinweb

Plus de nature en ville grâce à la gestion différenciée !

La ville de Cherbourg-en-Cotentin compte 460 hectares d'espaces naturels et 37 km de bordures enherbées à entretenir. En 2018, la collectivité a opté pour la gestion différenciée sur une partie de ces espaces. Mulching, fauchage, éco-pâturage... Différentes méthodes sont développées en fonction des typologies des sites et contribuent à encourager la biodiversité.

" Auparavant, les 298 hectares de pelouse exigeaient à eux seuls un minimum de quinze tontes par an. Le plan de gestion différenciée adopté depuis le début d'année consiste à appliquer de nouvelles méthodes d'entretien et à adapter la fréquence et le type d'intervention afin d'encourager la biodiversité en milieu urbain. Objectif : ramener de la nature en ville. "
" La présence d'herbes spontanées sur nos espaces publics correspond à une gestion volontairement respectueuse de l'homme et de la nature. Il existe de nombreuses alternatives mais beaucoup exigent davantage de temps et de main d'œuvre. Nous avons investi dans du matériel pour être plus performants. "
" Pour que les riverains et promeneurs sachent pourquoi nous laissons volontairement la végétation pousser en certains endroits, nous installons sur place des panneaux d'information sur lesquels nous rappelons que les herbes favorisent le fleurissement et attirent ainsi les pollinisateurs "
" Pour certains habitants, la propreté passe par des lieux parfaitement tondus et désherbés.C'est au contraire le signe d'un déséquilibre des écosystèmes et de gestes à bannir pour la préservation des espèces. Les habitants des pays d'Europe du Nord portent un autre regard que nous sur la végétation spontanée et se méfient d'un trottoir sans aucune végétation. "

Régine Besuelle, maire-adjointe aux espaces verts, parcs et jardins de Cherbourg-en-Cotentin

Aujourd'hui, les services de Cherbourg-en-Cotentin entretiennent 298 hectares d'espaces enherbés (hors parcs), 67 hectares de prairie, 80 hectares de bois et 15 hectares de zones humides, auxquels s'ajoutent 25 kilomètres de rives de ruisseaux et 12 kilomètres de chemins ruraux.

LE BON GESTE POUR DÉSHERBER

Depuis plusieurs années, la Ville n'emploie plus de produits chimiques pour désherber

Pour procéder au désherbage sur voirie, la Ville compte aujourd'hui onze désherbeuses mécaniques et une balayeuse récemment acquise qui permettront aux équipes d'entretenir plus facilement les trottoirs, chemins et bordures du domaine public municipal, caniveaux inclus. Pour mémoire, les habitants sont quant à eux tenus d'entretenir le trottoir longeant leurs habitations.

LE PLAN DE GESTION DIFFÉRENCIÉE

DE NOUVELLES RECRUES POUR L'ÉCO-PÂTURAGE DE L'ÉCHOVALLÉE

A l'origine principalement constituée d'anciennes parcelles agricoles et de petits sous-bois, l'Échovallée de Crèvecœur est un espace de 30 hectares en pleine ville, devenu un site de référence en éco-pâturage à Cherbourg-en-Cotentin.

19 brebis, 11 chèvres et deux ânesses, Quenotte et Périnnes, contribuaient jusqu'alors à l'entretien de l'Échovallée. Sans oublier les chevaux présents également sur certaines parcelles louées à des particuliers.

Aujourd'hui, afin de répondre à l'accroissement de la surface d'éco-pâturage sur le secteur des Hauts-Vents, 8 chèvres rejoignent le troupeau, de race commune de l'Ouest, aussi appelée chèvre des Fossés.

#Cherbourg - Plus de nature en ville grâce à la gestion différenciée !!

Les deux ânesses ont pris leur quartier d'été à l'Échovallée. En septembre, après la fête de la Saint-Gobain, elles retrouveront leur pré au Village de La Glacerie où elles résident le reste de l'année.

Accès à l'échoVallée de Crèvecœur : * depuis le rond-point Bellevue * depuis l'arrière de la mairie déléguée * depuis le bas du chemin de Crèvecœur * depuis la rue des Eaux-Minérales

L'objectif est d'y faire venir la nature en milieu urbain en utilisant les recettes d'antan. C'est aussi l'opportunité de sauvegarder les races anciennes locales, comme ces huit chèvres des Fossés qui viennent d'y être installées.

Biodiversité, promenades familiales sur 5 km de sentiers piétons et développement de projets pédagogiques contribuent à rendre le lieu attractif.

Douze parcelles de 150 m² ont aussi été aménagées en jardins familiaux. Un rucher école comptant une quinzaine de ruches peuplées d'abeilles noires offre, de mars à septembre, des initiations à l'apiculture par les bénévoles du Syndicat Manche Apicole.

Parmi les espaces enherbés, 20 hectares ont été cette année reclassés en zones à faucher, qui s'ajoutent aux 67 hectares de prairie. Les méthodes de fauchage sont multiples et Cherbourg-en-Cotentin les adapte en fonction des lieux. La plupart d'entre elles sont assurées directement par les agents municipaux, quelques-unes sont déléguées.

* Le mulching est une technique de tonte sans ramassage de l'herbe, déjà employée depuis plusieurs années par les équipes municipales. Les agents utilisent une tondeuse mulcheuse pour broyer finement l'herbe qui se dépose uniformément sur les pelouses. En se décomposant, ce paillis discret sert d'engrais naturel.

* L'éco-pâturage est actuellement pratiqué sur une dizaine d'hectares à l'Échovallée de Crèvecœur et au village de la Verrerie, et sera prochainement étendu au fort des Couplets. Des troupeaux de chèvres, moutons et ânes, directement gérés par les services de la mairie, se régalent des différents végétaux qu'ils se répartissent et contribuent ainsi à l'entretien des espaces naturels.

* Certaines parcelles en ville, comme dans la rue d'Alsace, sont réservées au fauchage du fourrage afin de nourrir, durant l'hiver, les animaux dédiés à l'éco-pâturage. Ce printemps, plus de 5 hectares ont permis de constituer une réserve de 150 balles de foin.

* Le commodat ou prêt à usage permet de déléguer l'entretien d'une parcelle à des agriculteurs ou particuliers. 12,5 hectares de terrains en herbage sont ainsi proposés gratuitement pour des pratiques de fauchage et/ou de pâturage. Certaines parcelles accueillent actuellement des chevaux.

* Sur ces 87 hectares à faucher, seuls 7,5 hectares sont confiés à des entreprises chargées ensuite d'évacuer la tonte. Ce fauchage avec exportation se justifie sur certaines parcelles afin d'appauvrir des sols trop riches et de diversifier les variétés végétales dans le but d'accroître la biodiversité. Alors que le fauchage est généralement pratiqué au printemps et au début de l'été, les zones humides exigent un fauchage plus tardif, réalisé en septembre, afin de ne pas perturber la nidification des oiseaux et la reproduction des batraciens.

Cet entretien comprend le désherbage et le démoussage du trottoir jusqu'au fil d'eau, le balayage des feuilles mortes et le déneigement. S'agissant du domaine public, l'emploi des produits phytosanitaires est aussi proscrit pour les habitants. Autant adopter dès maintenant les bons gestes car à compter du 1er janvier 2019, la vente des phytosanitaires sera aussi interdite aux particuliers.

" L'objectif est de restaurer le site. Le pâturage permet de maintenir un milieu ouvert. Sans cela, les prairies évolueraient vers un embroussaillement et un boisement à long terme. Cette gestion durable des espaces verts est gratifiante. L'action conjointe des animaux présents sur le site permet de retrouver des prairies de pâtures diversifiées et faire émerger une faune et une flore insoupçonnées ", explique Chantal Ronsin, adjointe déléguée à l'environnement à La Glacerie. " Comparé à un entretien mécanique ou chimique, l'éco-pâturage présente plusieurs avantages : faible empreinte carbone, développement de la biodiversité, absence de produits polluants... C'est aussi un gain économique certain ! Après des débuts concluants, nous venons d'agrandir la surface en éco-pâturage de l'Échovallée et projetons d'expérimenter la méthode au Fort des Couplets à Équeurdreville-Hainneville ", complète Régine Bésuelle.

" Elles ont été acquises auprès du syndicat mixte des espaces littoraux de la Manche (SyMEL) afin de nous assurer d'employer une race locale et rustique, explique Philippe Mercier. Les chèvres cohabitent parfaitement avec les ânes et les moutons. Chaque espèce assure un rôle et les associer nous permet d'optimiser la gestion en
éco-pâturage. Alors que le mouton choisit son herbe, la chèvre débroussaille ronces, lierres et feuillus jusqu'à 1,50 m du sol. L'âne mange l'herbe que délaisse le mouton et joue les gardiens de troupeau en chassant chiens errants et renards. "


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