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Interview | Terrence Parker, from Detroit to Paris (with phone)

Publié le 27 juillet 2018 par Le Limonadier @LeLimonadier

Qui a dit qu'il ne se passait rien d'intéressant, l'été, à Paris ? Ceux qui sont là, à envier leurs amis vacanciers, ont une petite revanche : ce vendredi 27 juillet, à la Plage du Glazart, le collectif Open Minded clôture sa saison avec un plateau de choix en conviant le légendaire Terrence Parker, qui jouera pour l'occasion avec la DJ prometteuse, Merachka.

Terrence Parker, on ne le présente plus, c'est l'un de ces natifs de Détroit qui ont su donner à la musique une incursion nouvelle, unique, et qui ne cesse d'impressionner par ses prouesses techniques. Il a parcouru le temps : il commence à mixer sur cassettes dès l'âge de 11 ans, avant d'acquérir ses premières platines trois ans plus tard ; mais aussi l'espace, avec des performances dans plus de 200 villes à travers le monde. Fort d'une carrière de DJ de presque trente ans, Terrence Parker, qui est aussi producteur, est de ceux pour qui la musique est une vocation, et même un sacerdoce, une mission divine de partage et de communion. Loin des excès dont un DJ pourrait être affublé, Terrence est fidèle à l'authenticité de sa musique comme il l'est à sa foi. En témoignent non seulement son rapport à la vie, mais aussi les nombreuses références qui transparaissent dans sa discographie, notamment " God Loves Detroit ", son dernier LP, sorti en 2017.

A l'occasion de son prochain passage à Paris, il a accepté de répondre à nos questions, une interview pleine d'humilité à découvrir ci-dessous !

Avec des dates dans plus de 200 villes, on peut dire que tu as parcouru le monde en tant que DJ. Y a-t-il des lieux, une ville, qui t'ont particulièrement marqué ?

Terrence Parker : Effectivement, j'ai maintenant été dans 45 pays. Quand j'étais enfant à Détroit, je n'aurais jamais imaginé voyager dans tant d'endroits différents à travers le monde. Je suis heureux de jouer dans chaque lieu où je suis invité, c'est difficile d'en sélectionner que quelques uns. Ceci dit, j'aime vraiment jouer à Détroit, New York, Los Angeles, San Francisco, Paris, Lyon, Barcelone, Mourmansk, Dublin, Enoshima, et tant d'autres.

Chaque lieu doit dégager sa propre atmosphère. Qu'est-ce que ça fait, de jouer à Paris ?

Jouer à Paris, c'est toujours un moment particulier, parce que ma musique est faite pour réunir les gens. Paris est une ville si diverse, avec tant de cultures différentes, des personnes qui y vivent comme de celles qui la visitent. C'est un merveilleux sentiment de voir une population aussi cosmopolite dans les événements qui ont lieu à Paris.

Peu de choses parviennent à rassembler les peuples comme la musique : le football (la coupe du monde nous l'a encore prouvé), la foi... Ça montre en quelque sorte le besoin qu'on a de vivre quelque chose de fort tous ensemble, malgré les crises, les désastres. C'est une véritable source d'espoir et d'énergie. Qu'est-ce que ça signifie, pour toi, de parcourir le monde pour faire vivre ta vision de la musique ?

Je vois ça comme un sacerdoce. C'est par la grâce de Dieu qu'Il m'utilise pour jouer de la musique comme un outil destiné à réunir les gens dans l'amour et la paix, pour partager de la bonne musique élevant les âmes, la mienne incluse.

Penses-tu qu'il y ait toujours une dimension politique et des revendications qui traversent cette musique, comme à ses débuts, maintenant qu'elle est devenue si populaire ?

Oui, je pense que toute musique a une certaine pertinence dans les questions sociales. Les morceaux iconiques comme " What's Going On " de Marvin Gaye soulevaient déjà les problèmes sociétaux d'une époque, notamment la guerre du Vietnam. J'ai pu écouter quelques morceaux dans les genres House & Techno qui parlent des enjeux mondiaux d'aujourd'hui. L'époque dans laquelle nous vivons est folle. Il est important que nous en soyons conscients et que nous gardions espoir en un avenir meilleur.

Comment continuer à renouveler ce genre musical de nos jours, sans tomber dans un revivalisme purement nostalgique ? Tu dis que tu n'aimes pas être mis dans une case. C'est peut-être la clé d'une œuvre sans cesse renouvelée (tant dans la sélection musicale que dans les aspects techniques du mix) ?

Je joue de la musique avant tout. Tous types de musique. Si ça sonne bien et que ça peut apporter quelque chose au set, je le joue. J'essaie de m'amuser et j'aime présenter la musique de manière unique à mon audience.

Tu as clairement laissé une marque dans l'histoire de la musique. Ton iconique téléphone est entré dans un musée (Submerge à Détroit). Tu es considéré comme le pionnier d'un genre musical et l'une des personnalités majeures de Détroit. Quel est ton sentiment ?

C'est pour moi un honneur que ma contribution dans la musique soit appréciée et bien reçue par tant de gens dans le monde. Je suis béni d'être né et d'avoir grandi à Détroit. Là-bas, j'ai tant appris à propos de Dieu, de la musique, de la vie. Tout ceci se reflète dans mon univers.

L'importance de Détroit dans la genèse de ce qu'on écoute aujourd'hui est en effet mondialement reconnue. Il y a même des soirées dédiées à ses pionniers qui sont organisées à Paris. Ses artistes semblent former une famille, vous jouez souvent ensemble, remixez les morceaux des uns et des autres...

C'est vraiment une bonne chose que de célébrer la musique de Détroit dans des soirées dédiées. Les artistes de Détroit ont une expérience de la vie et des sonorités uniques qui se reflètent dans notre musique.

Merachka est originaire de Détroit également. Tu joueras avec elle ce vendredi. Comment la présenterais-tu à ceux qui ne la connaissent pas ?

Merachka est une incroyable productrice, chanteuse, compositrice et DJ. Elle dit souvent qu'elle vient de nulle part et partout à la fois, parce que sa connaissance de la musique de nombreuses régions du monde est exemplaire. Elle dit souvent aussi qu'elle est honorée de travailler avec moi, mais en réalité, c'est moi qui suis humblement honoré de travailler avec elle. Elle est si talentueuse et c'est super de voir comme les gens apprécient lorsqu'elle joue et chante durant nos shows. Je suis un fan de Merachka, moi aussi !

Et nous aussi ! En tant que bons compatriotes français, on en profite pour poser cette question : étais-tu pour les bleus pendant la Coupe du Monde ??

Je n'ai malheureusement pas eu la chance de suivre la Coupe car mon père était malade. Cependant, j'ai pu voir d'autres matchs auparavant et j'ai été hautement impressionné par l'équipe française ! Je suis très heureux que la France ait gagné.

Pour finir, la question traditionnelle du Limonadier : si tu étais une boisson, ce serait laquelle ?

L'eau !!! C'est la boisson la plus saine pour notre corps !

Cheers ! Merci de nous avoir accordé cette interview !

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