Magazine Culture

Découverte de Musilac : une soirée avec Simple Minds et Depeche Mode

Publié le 30 juillet 2018 par Touteouie @Toute_Ouie

Flashback !!! Comme le chanterait le prodigieux groupe Imagination. En effet, après avoir t'avoir conté nos péripéties parisiennes, retour quelques jours en arrière, pour l'ouverture du festival savoyard Musilac.

Musilac, l'un des 10 plus gros festivals musicaux français, enchante depuis presque 20 ans des dizaines de milliers de festivaliers savoyards. Bien que le cadre soit magnifique, nous venons surtout, en cette première journée d'ouverture, pour les deux grosses têtes d'affiche : Depeche Mode et Simple Minds. Le revival années 80, ce n'est heureusement pas que la tournée Stars 80.

Découverte de Musilac : une soirée avec Simple Minds et Depeche Mode

Someone somewhere in summer time

Nous arrivâmes sur site sur les coups de 18 heures, après avoir marché une trentaine de minutes, les navettes reliant différents parkings stratégiques de la ville étant toutes remplies à craquer. Albert Hammond Jr. a déjà fini sa prestation ; notre indic sur site nous indique que celui-ci n'a pas bâclé son travail, et a même donné de sa personne en s'offrant un bain de foule en fin de set.

Les hostilités débutent avec la chienlit parisienne prodiguée par les pompeux Feu! Chatterton. Perso, et là je mets le je pour ne pas engager mes autres amis rédacteurs, j'ai toujours trouvé que Feu! Chatterton, c'était un peu comme si Lucchini se mettait à la chanson : ça s'écoute chanter. Musicalement, ça me fait chier. On me dit en point positif que le chanteur a une belle moustache. Ouaif. Je retiens le MOU et le TACHE.

On ne reste pas longtemps et on se rend sur le Stage plus underground, celui moins fréquenté, situé entre la sortie, les toilettes et les jeux pour enfants. Et justement, les américains du groupe Mystery Lights viennent de sortir leur guitare. Il n'y a pour le coup aucun mystère concernant leurs inspirations. Revival rock des sixties/seventies, sans pointe de modernité. Attention, c'est bien exécuté, mais ça manque encore de maturité pour que les lumières soient braqués sur eux.

Du coup, direction le stand des victuailles et on se fait péter le bide avec un énorme sandwich à la tartiflette. Toujours goûter aux traditions locales. On enfile tout ça rapidement, pour pouvoir prétendre à une place de choix devant les deux Main Stage

Car oui, une des particularités du festival vient de la juxtaposition de ces deux scènes principales. Avantage : Elle permet aux festivaliers de pouvoir rester toute une soirée au même endroit, et profiter de l'intégralité de tous les concerts se déroulant sur la Main Stage Lac, et la Main Stage Montagne.
Inconvénient :

  • Tu es venu à Aix Les Bains pour savourer de la musique, pas pour faire l'épreuve des poteaux de Koh-Lanta. Car oui, au bout de 4 heures debout, à sauter, à crier, et si tu n'as plus 20 ans, tu vas ressentir un léger bémol au niveau du dos. Et dans Koh-Lanta, ils peuvent se pisser dessus ;
  • Si un jour Nekfeu est programmé sur l'une des deux Main Stage, ça va être le bordel.

Bref, on opte pour une stratégie de mi-terrain, avec vision panoramique sur les deux scènes. Notre soirée romantique les yeux dans les yeux avec Dave Gahan sera pour une prochaine fois, mais cela nous permettra de voir ailleurs. Car il n'y a pas que Depeche Mode dans la vie.

Non, dans la vie, il y a aussi, apparemment, Lomepal. Comme dirait Pagnol, " Telle est la vie des hommes. Quelques bonheurs aussitôt balayé par d'innombrables malheurs ". Ok, objectivement, ce n'est pas notre style de musique et on reconnaît que les jeunes de la foule sont électrisés, enthousiasmés par la certaine poésie fleurie du jeune homme. De plus, Lomepal est investi dans sa prestation, et remerciera même les organisateurs de l'avoir programmé le même soir que Depeche Mode.

Going backwards

La programmation est éclectique, puisque après la pop ratée de Feu! Chatterton et le rap de Lomepal, il est prévu au programme 3 groupes, qui cumulent plus de 120 années d'existence.

Le voyage temporel débute avec The Stranglers. Ces stégosaures du punk, en activité depuis près de 45 ans, ne se sont pas encore éteints, et le démontrent une nouvelle fois ce soir. A presque 65 ans, les derniers membres fondateurs (le line up a un peu évolué au fil des années) assurent le show. Comme leur musique, le spectacle est minimaliste. Malheureusement pour eux, le nombre de leurs fans aussi, et il faut attendre que les notes de leur tube (peut-être le seul) Always The Sun retentissent pour qu'enfin la foule se réveille. Bien que le concert fût plaisant, il faut bien reconnaître que les 1 heures de musique proposée nous ont paru bien homogène, et que plus aurait été fâcheux.

Ou était-ce parce que The Stranglers précède Depeche Mode. Oui, c'est sûrement ça, car quand enfin apparaît le veston de Dave Gahan, après une intro un poil longuette, c'est une révolution.

Découverte de Musilac : une soirée avec Simple Minds et Depeche Mode

Alors oui, la machine Depeche Mode est aujourd'hui parfaitement rodée. On t'en a déjà parlé de nombreuses fois. Mais cette formule transfigure tellement les foules, et ravit aussi bien les néophytes (comme Mme Toute Ouïe) que les connaisseurs (comme moi) qu'il est compréhensible que le groupe choisit de ne pas s'en distancier.
Nous noterons toutefois quelques bémols :

  • Pourquoi avoir viré de la setlist le single principal du dernier album (Where's The Revolution) pour garder des singles qui ne convainc pas en live, comme Precious, présente pourtant sur chaque tournée depuis 2005 ?
  • Pourquoi s'enticher à ne composer la setlist que de singles, alors que 90 % du public non-fan ne connait de toute façon que les 5 plus gros ? De ce fait, d'autres morceaux du dernier album aurait pu être conservé (après tout, les derniers concerts sont toujours inscrits comme faisant partie du Global Spirit Tour) ainsi que des morceaux qui avaient été bien accueillis, lors du premier leg de la tournée (comme Corrupt ou Wrong).

Pour terminer sur un point positif, et bien que cela soit redondant avec toutes les critiques qui ont pu être faites à leur sujet, il nous paraît important de souligner à nouveau combien la présence scénique de Dave Gahan sort du commun des mortels. A 56 balais, notre chanteur amène à sa cause, grâce à sa fougue juvénile et sa dévotion, n'importe quel quidam, qu'il soit jeune, vieux, fan ou ignorant.

No more heroes

23h15, pas le temps de se remettre de ces émotions. 5 minutes après que Depeche Mode soit parti, c'est au tour de Simple Minds de brancher les guitares.

O combien il est difficile de passer après une telle tornade que Depeche Mode, difficile de jouer pour un public déjà fatigué, un soir de semaine, après 23 heures passées. La foule se disperse, se disloque morceau après morceau, et quand enfin Simple Minds sort ses héreaults ( Don't Forget About Me, Alive and Kicking), la motivation n'y est plus.

Dire que le spectacle offert par Simple Minds était mauvais serait toutefois mentir. La troupe, ici fortement recomposée et grandement hétéroclite (on a plus l'impression d'assister à un concert Benetton que de rock), propose un show chaleureux. Le guitariste, Charlie Burchill, a un peu vieilli, ressemble désormais à Dove Attia mais a gardé toute sa vigueur quand il s'agit d'arpenter son manche. Jim Kerr n'a pas aussi bien vieilli que Dave Gahan, mais il garde la pêche. Il doit toutefois s'éclipser pour reprendre des forces en milieu de set et laisse deux chanteuses prendre le relais pendant plusieurs minutes. Grognements dans la foule, malgré les prouesses vocales des deux demoiselles.

00h30, le set des Ecossais terminé, des milliers de spectateurs quittent l'esplanade pour retourner dans leur chaumière. Pourtant, la soirée n'est pas achevée ! Zeal and Ardor sera présent, dans 5 minutes, sur la scène voisine ! Comment ça, personne ne les connaît ? Ce n'est pas une raison pour partir, d'autant plus que ce Z magistral, au-dessus de la scène, et dont nous avons suivi l'installation durant les morceaux mous de Simple Minds, nous intrigue beaucoup.

Nous restons (après s'être toutefois ravitaillé en breuvage), et ce que nous propose alors le suisse Manuel Gagneux est un mélange de blues, de spiritual et de black metal. C'est comme si Rag'n'Bone Man s'était fait pousser des couilles. C'est notre découverte de la journée, et nous te conseillons si tu as l'ouïe aventureuse l'écoute de leur premier album Stranger Fruit.

La journée s'arrête pour nous sur ses tendres musiques, heureux malgré tout de la journée que nous avons vécu et nous rebroussons chemin, toujours à pied car putain les mecs, l'organisation des navettes c'est pas ça.

Mots de Roublard

Crédit photo : Roublard


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Touteouie 3810 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines