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[Critique] MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT

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Titre original : Mission : Impossible – Fallout

[ratin:5/5]
Origine : États-Unis
Réalisateur : Christopher McQuarrie
Distribution : Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Henry Cavill, Sean Harris, Simon Pegg, Ving Rhames, Michelle Monaghan, Vanessa Kirby, Angela Bassett, Alec Baldwin, Wes Bentley…
Genre : Action/Thriller/Suite/Saga/Adaptation
Date de sortie : 1er août 2018

Le Pitch :
En mission à Berlin, Ethan Hunt finit par prendre une décision qui le met sur la sellette. Contraint de prendre des risques encore plus grands pour empêcher un cataclysme mondial de se produire, il embarque son équipe à Paris pour tenter le tout pour le tout et rattraper ce que sa direction considère comme une erreur. Affublé d’un agent chargé de le surveiller, il saute à nouveau à pieds joints dans l’action, devant toujours batailler contre la montre…

La Critique de Mission : Impossible – Fallout :

À chaque sortie d’un nouveau volet de la saga Mission : Impossible c’est pareil : la promo se base sur les exploits de Tom Cruise, qui repousse à chaque fois ses propres limites au cours de cascades hallucinantes. Des cascades que l’acteur réalise sans faire appel à une quelconque doublure, dans un environnement « naturel », en limitant au strict minimum l’utilisation du numérique (ici principalement utilisé pour effacer les câbles de sécurité). Oui, à chaque Mission : Impossible c’est pareil… Mais à chaque fois ça marche. Encore mieux, car à chaque fois c’est la grosse mandale qui laisse une marque bien durable. Le genre qui chauffe un moment après l’impact, histoire de se rappeler à votre bon souvenir. Le sixième volet ne fait pas exception, lui qui en plus, comme les précédents, impose non seulement une maestria visuelle hallucinante mais aussi une intelligence probante, tout en faisant avancer les choses au sein d’un univers dont les codes sont toujours remarquablement exploités…

[Critique] MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT

Tour de force

Fallout, le sixième volet de la saga initiée en 1996 par Brian De Palma, se base sur une intrigue plus simple que celle de Rogue Nation, le cinquième épisode ou même que celle de Protocole Fantôme, le quatrième volet. A priori en tout cas vu qu’ici, Ethan Hunt et son équipe doivent « simplement » arrêter une organisation mue par la volonté de faire exploser des bombes atomiques et de renverser l’ordre mondial. Le truc, car il y a toujours un truc dans les Mission : Impossible (les plus récents en tout cas) qui fait toute la différence, c’est que le film vient aussi bien entendu se greffer à la mythologie de la franchise, reprenant ses codes en premier lieu mais aussi ses personnages, travaillant ainsi sur leurs connexions en les faisant évoluer. Dès que Rebecca Ferguson, déjà dans Rogue Nation, entre dans la danse, le film se complexifie, assumant son côté thriller d’espionnage et jouant sur plusieurs tableaux, en exploitant à merveille les faux-semblants au centre de la dynamique de la série TV puis du premier film et des autres. Jamais timoré quand il s’agit de faire face à des lieux communs qui font partie de son ADN, le film de Christopher McQuarrie sublime la moindre parcelle de son intrigue, ainsi que chaque thématique, géo-politique ou autre, de cette dernière.
Alors certes, néanmoins, Fallout est toujours plus « direct » que Rogue Nation et Protocole Fantôme. Il va bien souvent directement à l’essentiel. Et c’est là que c’est brillant car si le scénario est en effet un peu plus linéaire, il n’apparaît jamais moins ambitieux, prouvant, en accord avec l’aspect visuel, qu’on peut toujours aujourd’hui faire de l’action sans que celle-ci ne soit vide de sens, mais au contraire au service d’une vraie histoire, solide et sincère. Avec en plus toujours une réflexion parfaite pour épaissir un peu plus les enjeux avec ici cette notion au centre du personnage d’Ethan Hunt, lui aussi toujours impressionnant dans sa faculté à sans cesse rester en mouvement, au propre comme au figuré.

Profession : life saver

Rapidement, Mission : Impossible 6 met son héros face aux conséquences de ses actes. De quoi le faire trembler et secouer ses fondations et ses motivations. La notion d’engagement se retrouvant au centre d’une dynamique parfaitement nourrie par des dialogues pertinents ainsi que par les inclinaisons d’un récit dont l’une des plus grandes qualités est de ne jamais mettre de côté ses personnages au profit des explosions et des cascades. Un autre trait propre à la saga qui se vérifie encore ici. Dans Fallout comme dans Rogue Nation et les autres Mission : Impossible, l’action n’est jamais gratuite, pas plus que la violence. Ce que beaucoup de blockbusters en forme de roller coaster certes parfois spectaculaires mais souvent assez creux oublient plus ou moins volontairement.
Ethan Hunt n’est pas un héros comme les autres. C’est un sauveur au sens noble. Un justicier pas intouchable pour autant car ici comme auparavant, sa réussite dépend de sa faculté à faire véritablement équipe avec d’autres personnages mais aussi de gérer des émotions, des regrets et une volonté que l’écriture de Christopher McQuarrie sait parfaitement intégrer à la sauce pour lui donner toute sa saveur et ainsi faire émerger une émotion là encore salvatrice.

« Votre mission, si toutefois vous l’acceptez… »

Le secret de Mission : Impossible est donc de remettre en question les concepts à la base de ses fondations à chaque nouveau film. Encore une fois à l’écriture et à la mise en scène, McQuarrie démontre d’une intelligence probante quand il s’agit de faire progresser l’histoire. Il est assez hallucinant de voir comment il gère notamment le suspense, avec des scènes parfois vu mille fois ailleurs, mais dont la dynamique est ici renouvelée au point de filer des sueurs froides comme peut de films sont capables d’en donner. Comme ces séquences durant lesquelles les héros doivent faire face à ce fameux compte à rebours. Un plan sur Hunt essayant de rattraper le bad guy, un autre sur ses acolytes qui tentent de désamorcer une bombe, on fait le point sur le minuteur, la musique est au diapason et ça fonctionne à fond. La montée en puissance est totale. La machine tourne à plein régime, sans aucun raté. Comment ne pas tomber en admiration devant tant de maîtrise ? Comment ne pas se laisser happer au point de ne pas voir passer les 2h28 que dure le film ? Redoutable !

L’union fait la force

La tendance a vraiment commencé a devenir plus marquée avec Protocole Fantôme. Mission : Impossible met en avant une équipe et pas seulement Ethan Hunt. Dans Fallout, tout le monde a son rôle à jouer, de Benji à Luther, en passant par Isla Faust, et personne ne fait de la figuration pour servir la soupe au super-héros. Idem pour les méchants. Ici, ils sont parfaits. Retors, complexes, durs, violents et imprévisibles. Que ce soit Sean Harris ou les autres, dont nous dévoilerons pas l’identité pour ne pas gâcher la surprise. Car des surprises, il y en a !
Sachez simplement que tout le monde est à sa place. Henry Cavill par exemple, parvient à explorer une autre facette de son jeu. Massif, brutal et ambigu, il porte en plus parfaitement la moustache (la même qui bousilla en partie ses interventions dans Justice League. Et bien ça valait le coup !). Simon Pegg n’est pas que le comique de la bande, et fait évoluer son personnage d’une manière aussi intelligente que justifiée, tandis que Ving Rhames, l’autre pilier de la saga, apporte une sagesse et une bienveillance inestimable à l’ensemble. Fallout qui voit aussi Vanessa Kirby (The Crown) faire son entrée, avec la majesté qu’on lui connaît, elle aussi souvent troublante. Rebecca Ferguson pour sa part, la révélation de Rogue Nation (elle faisait d’ailleurs de l’ombre à Cruise) est à nouveau impressionnante. Non seulement d’une beauté incroyable, elle fait valoir un charisme spectaculaire et crève l’écran à chacune de ses interventions. Des interventions mesurées au début, destinées à lui donner là encore un rôle à la mesure de son talent. Ainsi, au cours du dernier quart, elle explose et se montre incroyable, que ce soit quand il s’agit de donner dans le bourre-pif ou de nourrir la dramaturgie de l’ensemble. On n’oublie pas bien sûr Michelle Monaghan, Angela Bassett et Alec Baldwin, membres valeureux d’un casting en or massif, grandement responsable lui aussi de l’éclatante réussite de l’ensemble.

Cruise, Tom Cruise

Et Tom Cruise ? Et bien, comme le dit Ving Rhames dans la bande-annonce de Fallout, il est égal à lui-même. Depuis longtemps maître d’un rôle qu’il a contribué à façonner et faire grandir, il donne tout. Intense de la première à la dernière minute, il se balade avec ce naturel et cette faculté saisissante de pouvoir encore surprendre, au cœur d’un film auquel il contribue bien sûr à donner ses lettres de noblesse.
On pourra toujours regretter que désormais, Mission : Impossible ne change plus de réalisateur à chaque volet mais il est difficile de ne pas saluer l’alchimie entre Cruise et Christopher McQuarrie. Ici, elle fait des merveilles. Dans les scènes d’action notamment. Celles que Tom Cruise a réalisé lui-même. Celles qu’on met en avant dans la promo, en insistant sur le fait qu’aujourd’hui, personne à Hollywood ne s’investit autant dans l’action que Tom Cruise. Qui aurait pu s’en douter il y a 35 ans, quand il donnait la réplique à Rob Lowe, Matt Dillon et Ralph Maccio dans Outsiders de Francis Ford Coppola, que ce type, l’une des dernières véritables superstars du cinéma, allait devenir l’un des principaux et plus valeureux représentant d’un genre, à savoir le film d’action ? Avec sa façon bien à lui de ne faire qu’un avec l’action, d’en devenir le moteur, pour permettre à Fallout de s’imposer comme le parfait antidote à tous ces gros films pleins de pixels. Incroyablement spectaculaire, que ce soit quand Cruise court sur les toits de Londres (se cassant la cheville en sautant entre deux immeubles), qu’il se bastonne dans les toilettes du Grand Palais à Paris ou qu’il roule à tombeau ouvert dans les rues de cette même ville, Fallout est peut-être le film le plus impressionnant depuis… Et bien depuis Rogue Nation en fait. Parce qu’ici, rien n’est fake. Parce qu’ici, on respecte le spectateur et qu’on continue de faire les choses à l’ancienne, en utilisant la technologie intelligemment. Parce qu’ici, rien n’est creux ni vain. Le show est total. À 56 balais, Tom Cruise continue de donner l’exemple. Fallout pose de nouveaux jalons. C’est une nouvelle référence. James Bond n’a qu’à bien se tenir. Les autres aussi d’ailleurs…

En Bref…
Certes narrativement un peu plus direct et linéaire que les deux précédents volets, Mission : Impossible – Fallout n’en reste pas moins étonnant dans sa capacité à exploiter son histoire pour y insuffler des thématiques complexes et justifier ainsi des scènes d’action à tomber à la renverse. Étonnant, il l’est d’ailleurs également quand il questionne le statut de ses héros, ici opposés à des bad guys solides, eux aussi grandement responsables de la réussite de l’ensemble. Pour résumer, c’est encore une fois une totale réussite. Un blockbuster qui domine ses concurrents, ultra spectaculaire, généreux et malin. Mission accomplie.

@ Gilles Rolland

mission impossible 6
   Crédits photos : Paramount Pictures France


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