Magazine Culture

Miles Kane, un retour solo qui frappe fort avec « Coup de Grace »

Publié le 13 août 2018 par Swann

LE RETOUR - Après 5 années d'attente, Miles Kane revient enfin en solo avec " Coup de Grace ". Il était grand temps de se défaire de l'ombre d'Alex Turner et de reprendre la place qui lui est due. Le devant de la scène.

Ces 5 dernières années, on a connu Miles Kane quasi-exclusivement comme la moitié de The Last Shadow Puppets. Le double d'Alex Turner. Presque son ombre. Pas forcément le mec qui attire toute la lumière à lui. Alex Turner le crooner sait faire ça mais Miles Kane, c'est une autre histoire. Et pourtant, il y a eu The Rascals puis ses deux très bons albums solo ( Colour of the Trap en 2011, Don't Forget Who You Are en 2013). Tous ceux qui ont vu Miles Kane seul en scène le savent : il était temps qu'il revienne en solo.

Ce sera avec le bien nommé Coup de Grace. Coup de grâce, soit le coup fatal porté à quelqu'un pour abréger ses souffrances. Cet album signerait-il le glas de quelque chose ? Est-il censé être l'uppercut qui mettrait l'adversaire définitivement K.O ? On connaît l'amour de Miles Kane pour le combat, alors avait-il besoin d'écrire la bande son de ses affrontements ? Pas vraiment, puisqu'il semblerait qu'on tienne là un de ces fameux albums de rupture. Alors voilà, ce serait donc ça... Donner le Coup de Grace aux sentiments post-rupture ? Pour tourner la page, il fallait respecter les deux caractéristiques évidentes de tout coup de grâce qui se respecte.

Album condensé aux collaborations imparables

La première : couper net. Trancher vif. C'est ce que fait Miles Kane en enchaînant des chansons au rythme frénétique, et ce dès l'ouverture de " Too Little Too Late ". Même si on alterne avec quelques moments plus tendres (comme " Killing The Joke "), on arrive à " Something To Rely On " avec les nerfs à vif, sur la corde. Et la coupure, nette, est aussi extrêmement rapide. 31 minutes à tout casser, pour 10 petits titres. Et tant pis si l'auditeur reste frustré et en veut plus.

Au milieu de tout cela, un disque bien différent des autres. La faute à Jamie T. et Lana Del Rey probablement, qui ont épaulé Miles Kane lors de l'écriture et de la production à Los Angeles. Si le résultat est le plus visible sur " Loaded ", belle balade imparable dévoilée en 1er single, la patte de Jamie T. est bel et bien présente sur la grande majorité des titres, apportant une rythmique différente aux paroles. Mais l'essentiel est conservé : on retrouve la voix nasillarde de Miles et l'esprit 100% british qui le caractérise. Et même si l'album a été écrit à Los Angeles, c'est bien le son et l'esprit de Liverpool qui coule dans ce Coup de Grace. Un riff de " Something To Rely On " nous suffira à le prouver.

L'irrésistible talent so british de Miles Kane

Beaucoup diront de cet album qu'il n'est pas forcément à la hauteur des précédents, trop inégal, avec une moitié de titres " dispensables ". Pour une fois, je vais aller à contre-courant. Miles Kane ne nous offre peut-être pas le meilleur album de l'année. Mais il y a dans Coup de Grace l'immédiateté qui manquait à ses deux prédécesseurs. Le ce qu'il faut de perte de contrôle au profit de l'énergie brute. Le truc qui fera de cette album une terrible pépite sur scène. On se voit déjà onduler et chanter en choeur sur le shalalalala oh yeah de " Cry On My Guitar ". Et peut-être même pleurer sur la parfaite, magistrale, " Wrong Side Of Life ", climax douloureux et intense de cet opus qui nous achève.

Et puis on peut dire ce qu'on veut. Mais arrivés à la fin de l'album, qui peut résister à " Shavambacu " ? Même si on a très envie d'apprendre à Miles Kane les rudiments du français pour qu'il cesse d'appeler son album Coup de Gras (cf l'interview pour NME juste au-dessus), comment résister au charme tout britannique de la conclusion de l'album ?

My French is bad, some say " Je t'aime beaucoup "
I say, my darling " Shavambacu "

Pour nous, le coup de grâce, il est là. Et on l'aime beaucoup.

► En concert le 4 octobre à La Cigale

À LIRE AUSSI
>> The Last Shadow Puppets à Europavox, un cours magistral de rock'n'roll
>> Arctic Monkeys : " Live at BBC ", comment (bien) dire adieu


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Swann 78144 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte