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Eux sur la photo

Publié le 04 septembre 2018 par Adtraviata

Eux sur la photo

Quatrième de couverture :

Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu’elle avait trois ans. Ses indices: deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu’Hélène ne connaît pas. 

Une réponse arrive: Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père. Commence alors une longue correspondance, parsemée d’indices, d’abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire.

Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu’on leur avait dit.

Ma mini-série sur la photographie était l’occasion de sortir ce livre de ma PAL, où il reposait bien gentiment depuis longtemps (il a eu beaucoup de succès à sa sortie sur les blogs).

Le secret de famille, c’est un thème qui m’intéresse. Il se révèle ici d’une façon à la fois originale et familière : qui ne s’est jamais posé de questions devant les vieux albums-photos familiaux ? C’est par une petite annonce qu’Hélène Hyvert commence sa recherche. S’ensuit alors une correspondance entre elle et Stéphane Crüsten, dont les étapes se marquent par la description de différentes photos : autant de jalons de l’histoire de sa mère à elle et de son père à lui pour lever de plus en plus le vole sur la relation interdite qui a existé entre eux.

Des vieilles photos, des échanges de lettres (mais aussi de courriels), voilà des choses qui peuvent paraître désuètes aujourd’hui. Et de fait, le roman est empli de mélancolie sur ce qui a été, ce qui n’a pas été et aurait pu être, mais aussi plein de résilience sur la manière dont les descendants assument un secret de famille.

Ceci dit, j’ai trouvé ce premier roman un peu trop gentil, même s’il est très bien écrit et rythmé. On pourra encore dire que je suis un chameau sans coeur, mais il m’a manqué un peu de piquant, de sel pour garder une trace durable de cette lecture.

Premières lignes : « La photographie a fixé pour toujours trois silhouettes en plein soleil, deux hommes et une femme. Ils sont tout de blanc vêtus et tiennent une raquette à la main. La jeune femme se trouve au milieu : l’homme qui est à sa droite, assez grand, est penché vers elle, comme s’il était sur le point de lui dire quelque chose. Le deuxième homme, à sa gauche, se tient un peu en retrait, une jambe fléchie, et prend appui sur sa raquette, dans une posture humoristique à la Charlie Chaplin. Tous trois ont l’air d’avoir environ trente ans, mais peu être le plus grand est-il un peu plus âgé. Le paysage en arrière-plan, que masquent en partie les volumes d’une installation sportive, est à la fois alpin et sylvestre : un massif, encore blanc à son sommet, ferme la perspective en imprimant sur la scène une allure irréelle de carte postale.

Tout, dans ce portrait de groupe, respire la légèreté et l’insouciance mondaine. »

Hélène GESTERN, Eux sur la photo, Arléa, 2011

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