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Hozier revient en force avec « Nina Cried Power », un nouvel EP puissant et pertinent

Publié le 07 septembre 2018 par Swann
CHRONIQUE - Cela fait quatre ans qu'Hozier n'avait pas sorti d'album. Ce ne sera pas pour tout de suite. Pour patienter, l'Irlandais a dévoilé " Nina Cried Power ", un superbe nouvel EP.

Certains artistes se font attendre. Ils refont un album qui ne leur plaisent plus, ont des pannes d'inspiration. Ou alors, ils n'ont plus envie. Des tas de raisons qui, parfois peuvent nous laisser amers. D'autres, disparaissent quelques années, et réaparaisse comme des fleurs, avec des albums, ou des EP qu'on n'attendait plus. Et on crie au génie.

Hozier c'est bien sûr " Take Me To Church ". Un hit mondial, engagé et génial. C'est aussi un seul album éponyme au compteur, sorti en 2014. Quand, il y a quelques mois, on a vu que son nom commençait à apparaître dans quelques programmation de festivals, nos petits cœurs ont flanché. Finalement l'Irlandais, presque inexistant sur les réseaux sociaux, confirmait une tournée nord-américaine et quelques dates au Royaume-Uni. Au passage, il calmait les ardeurs de beaucoup en révélant la sortie d'un nouvel EP, Nina Cried Power. " Cette collection de chansons et une illustration de ce sur quoi j'ai travaillé ces derniers temps, et ce sera un petit avant-goût de ce qui viendra dans l'album à venir " postait-il sur sa page Facebook.

Un peu déçus, avouons-le, notre peine fut bien vite mise de côté en entendant les quatre titres figurant sur Nina Cried Power. D'entrée de jeu, Hozier nous offre un featuring avec Mavis Staples, grande prêtresse blues américaine sur le titre qui donne logiquement son nom à l'EP. Un hommage à Nina Simone et sa chanson " Sinnerman ". Et à tous les grands artistes noir-américains de la soul. Une batterie et une basse bien lourdes, des chœurs spirituels et une ligne mélodique de voix absolument orgiaque. Tout un crescendo d'intensité, où Hozier semble avoir gagné en engagement et solidité vocale. " Nina Cried Power " est une chanson anti-oppression que chacun interprétera à sa guise, selon ses convictions. On rappellera juste le clip de " Take Me To Church ", celui de " Cherry Wine " et son positionnement pour la légalisation de l'avortement en Irlande il y a quelques mois de cela.

Nothing Fucks With Hozier

" NFWMB ", littéralement " Nothing Fucks With My Baby " est un titre plus sobre, moins grandiloquent. Une intro à la guitare acoustique, assez semblable à celle de " It Will Come Back ". Un clavier presque dramatique, sur lequel Hozier mêle sa voix dans un souffle, dédoublée. Tout ça, très contenu, exit le lyrisme et la grandeur de " Nina Cried Power ". La troisième chanson, " Moment's Silence (Common Tongue) " est un concentré de tout ce que contenait l'album d'Hozier, en plus Black Keys des débuts. Une guitare électrique qui double la voix, des slaps, des chœurs, une basse bluesy et toujours cette atmosphère grave et flamboyante qui emplie nos cœurs de force et de hargne.

" Shrike " qui clôture l'album a elle, des airs de " Cherry Wine " avec son intro à la guitare folk, son balancement ternaire, ses cordes ses quelques percus et ses couplets poético-passionnés. Les songwriters irlandais au cœurs brisés ne sont pas bien loin. Les bandes originales de film non plus (coucou Tarzan). C'est aussi la plus longue de l'EP, 5 minutes tout rond. Au final, un EP qui nous laissent espérer un album aussi bon que ces quatre titres qui auraient très bien pu figurer sur le premier album. On crie au génie.

Nina Cried Power EP - Universal

En concert le 18 septembre à l'Olympia de Montréal,

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