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Pupille de Riadh Hadir

Par Labibdadi

Auteur : RIADH HADIRPupille de Riadh Hadir

Titre : Pupille

Edition : ANEP éditions (215pages) Année 2017

Quatrième de couverture : « La foie est l’ardent carburant de notre espèce. La foi divine, idéelle, scientifique, matérialiste, amoureuse ou amicale guide l’humain sur le chemin de la conquête. Comme tout carburant, la foi est instable lorsqu’elle est maniée sans discernement. Le dévot devient extrémiste, l’ami ennemi et le savant guerrier. Il est raisonnable de supposer  que toute mutation historico-sociale, indépendamment de ses conséquences souvent désastreuses, est le fruit d’un délai fort et intense porté par une foi inébranlable. « Pupille », à travers les différentes facettes de ses fois brisées, mauvaises ou dévoyées. Une fois saine, fraîche et intacte peut-elle mener vers un salut que l’on croit perdu ? »

Ce livre commence à faire mon petit bonhomme de chemin, malgré un sérieux handicap au départ, son éditeur. L’ANEP, (acronyme de Agence Nationale de l’Edition et de la Publicité), est un organisme étatique, qui a la réputation d’être utilisé par les pouvoirs publiques, pour ce qui est de son volet publicité à arroser les journaux progouvernementaux, et à essayer d’étouffer ceux et celles dont la tête dépasse un peu. Pour son volet édition, elle était jusque là pour moi inexistante, mis à part dans le salon du livre d’Alger où l’agence bénéficie d’un énorme stand chargé de livre surtout arabophone à la gloire du FLN et de la guerre de libération. Ce livre là Pupille, n’était pas disponible, l’année dernière, à moins qu’il ne fut très bien caché.

Revenant à notre livre, et à notre cher et finalement bien talentueux Riadh Hadir (que je soupçonnais d’être fils ou neveu d’un directeur de l’ANEP) avant d’avoir lu le roman. Déjà, dès les premières pages, j’ai été vraiment surpris par la maitrise narrative. On sent très rapidement que l’auteur a  son doute noircit du papier, beaucoup écrit, mais aussi surement beaucoup lu. La construction de ses personnages est imperceptible et d’une grande efficacité, le style est fluide, et le monde dans lequel le livre est construit murement réfléchi, bien bâti, sur les ruines de notre civilisation actuelle, un monde post apocalyptique (car il s’agit là bien d’une dystopie) où l’on vit après une guerre totale et mondiale, une avancée technologique majeure, et une régression sociétale immense. L’hypocrisie est générale et généralisée, et l’intolérance de tout ce qui n’est pas dans les rangs est un dogme quasi religieux. Un monde où l’on produit de l’humain à la chaine, avec une pensée unique, et où toute diversité culturelle, cultuelle et intellectuelle est largement combattu par la société, et par quelques leviers (police des mœurs) de celle ci.

Petit bémol pour la fin, que je ne vais surement pas spoiler, ou divulgacher, mais bien que se voulant optimiste,(je rassure tout le monde ce n’est pas une fin neuneu), je l’ai trouvé un peu pauvre, manquant d’épaisseur et de consistance, surtout par rapport à tout le reste du livre, si riche. J’ai aimé certaines références culturelle, chargée d’humour, comme (Billal Ibn Rabah premier blues-man musulman, l’inconnue d’une équation en math, que seul Dieu connait… ).

🙂

Pupille de Riadh Hadir

Des livres comme celui ci ont un  bienfait énorme, en plus du divertissement qu’il procure, celui de poser des questions, de mettre sur la table un sujet aussi épineux que la place de la foi, la religion ou plutôt de la religiosité, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, dans l’organisation de la vie et de la société. Que ce soit dans nos sociétés nord-africaines que dans les sociétés occidentales.  Large débat, hélas tabou de notre côté de la méditerranée

Pour cela je dis merci Riadh!!

Autre chose concernant l’éditeur ANEP, coup de gueule contre cette agence étatique, c’est l’absence totale de diffusion du livre. En général, les livres de cette éditeurs ne se vendent pas en librairie, je pense que le gros des ventes est grâce au bibliothèques municipale, régionale…, mais presque jamais en librairie. Je parle là biensur des petites villes d’Alger, où je ne me rends que rarement. Mes deux libraires à Annaba n’arrivent pas à le commander. L’un me répond que l’ANEP ne diffuse pas, l’autre que le numéro qu’il a réussit à avoir ne répond jamais. C’est quelque chose auquel je suis continuellement confronté, la disponibilité des livres dans les librairies algériennes répond plus au hasard qu’à un réseau professionnel du livre. C’est une honte.


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