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10 conseils pour vivre la vie de vos rêves en devenant Slasher !

Publié le 02 octobre 2018 par Frederic Canevet @conseilsmkg

Je m'appelle Cédric Anjuère, je suis professeur et organisateur de soirées Rock 4 Temps dans Paris, j'ai 31 ans, ingénieur en bâtiment de formation, et je suis Slasher depuis maintenant 2 ans.

    Comment es-tu devenu Slasher ?

J'ai toujours eu la passion du Rock 4 Temps. J'ai découvert cette danse à 11 ans avec ma mère, et l'ai redécouverte à 16 ans lors de soirées chez ma meilleure amie. En ayant marre de faire tapisserie, de rester les bras croisés sur la banquette pendant que les autres invités s'amusaient en dansant, j'ai pris mon courage à deux mains et je leur ai demandé de m'apprendre. Depuis ce jour, je n'ai eu cesse de découvrir de nouveaux mouvements, de développer ma technique et ma pédagogie, pour finalement lâcher mon métier et passer au Rock à temps plein.

La construction de cette mutation d'un métier imposé à un métier choisi s'est lentement faite dans mon esprit, et ce depuis mes 17 ans. J'avais déjà conscience à cet âge-là que la vie formatée que l'on m'imposait en me faisant croire que je l'avais choisie était une mauvaise idée. Elle ne me motivait clairement pas à me lever le matin.

J'ai cependant suivi le mouvement scolaire, étapes après étapes, tout d'abord pour me tester, me confronter aux autres à travers le bac, la prépa scientifique, puis les concours, et finalement l'école supérieure.

Une fois la prépa achevée, j'ai de suite pensé à reprendre le Rock que j'avais mis en pause pour me concentrer sur mes études. J'ai commencé à chercher des soirées Rock 4 Temps, mais je ne trouvais que du Rock 6 Temps, où la moyenne d'âge des danseurs était supérieure à 60 ans... et où les pas n'étaient pas les mêmes !

Je me suis alors fait une première réflexion : il n'est pas normal qu'on danse à 30 chez ma meilleure amie, et qu'il n'existe aucune soirée publique pour cette danse pourtant si enthousiasmante !

J'ai alors commencé durant mes études par créer une association de Rock 4 Temps dans mon école d'ingénieur en 2008. Avec 117 inscrits à l'année, et plus de 200 curieux au cours d'essai, l'enthousiasme était là encore plus que présent ! J'ai tenu les cours et les soirées pendant la saison complète, et j'ai enfin passé le flambeau à la nouvelle équipe, comme dans toutes les associations d'écoles supérieures.

En 2010, je prends une année sabbatique pour créer un site internet avec un associé et ami, ayant pour objectif de proposer des formations en ligne de danse de couple, d'abord du Rock, mais rapidement de la Salsa, du West Coast Swing, de la danse de boîte de nuit, etc. Ce site existe toujours, et je continue de le développer.

Suite à la fin de ma formation d'ingénieur en bâtiment issu de l'ESTP, j'ai directement pensé à faire du rock mon métier, mais pour les mauvaises motivations. Ma réflexion de l'époque, mon inquiétude du moment était la crise de 2008, ayant pour fâcheuse conséquence à ma sortie d'école une totale absence de propositions d'embauche dans mon secteur. J'ai démultiplié les envois de CV, j'ai prié pour des entretiens pendant 2 mois, rien. Pas une seule réponse. C'est alors que j'ai commencé à rechercher un métier alternatif, en proposant des cours à domicile de Maths, Physique, Chimie, mais également de Rock. Dans cette optique, j'ai par la même occasion contacté une dizaine d'écoles supérieures et de facultés en région parisienne, en tentant d'y ouvrir des cours rémunérés par les associations tel que je l'avais fait dans mon école.

Les résultats furent florissants ! 7 écoles m'ont répondu positivement, et j'ai commencé à organiser ma semaine en conséquence... jusqu'à avoir une réponse positive également pour un CDI de chargé de projet BTP dans une PME !

Ma femme m'a alors imposé de prendre le CDI, garantissant des revenus stables, elle qui avait peur de la précarité d'un job en tant que professeur de danse. J'ai eu la faiblesse de l'écouter.

J'ai alors redistribué la majorité des cours fraîchement obtenus à d'autres professeurs de Rock, et me suis jeté à corps perdu dans ce premier job. J'ai conservé mon site en revenus complémentaires, et m'y employais tous les WE et toutes mes vacances.

Malheureusement l'entreprise dans laquelle je me suis retrouvé a tourné au vinaigre, les missions ne rentraient plus et les patrons se servaient honteusement dans la caisse, ne respectant plus les contrats de travail. Je suis donc parti, en gagnant aux Prud'hommes une somme qui m'a permis alors de me lancer dans l'entreprise qui comptait réellement pour moi : le Rock 4 Temps.

Suite à un commencement timide en tant qu'auto-entrepreneur, j'ai peu à peu convaincu des lieux prestigieux de Paris, gagné du terrain dans l'univers du Rock 4 Temps, et suis devenu le pionnier en devenant le premier professeur de danse vivant uniquement du Rock 4 Temps.

Au vu de mon développement, j'ai alors créé une SASU il y a 3 mois, et j'ai multiplié mon nombre de cours, de soirées, d'happenings, tout en continuant le développement de mon site de cours de danse.

Aujourd'hui, je forme plusieurs centaines de danseurs par an, et j'ai de nombreux projets de développements, notamment avec de nouveaux professeurs de danse qui travaillent de temps à autres pour moi. Je remplis mes cours et mes soirées, grâce à l'aide de danseurs formant une communauté en or massif !

Pour rien au monde je ne rebasculerais vers un métier classique, tant que je pourrai continuer cette vie, je le ferai !

    Quels conseils tu donnerais à une personne qui veut devenir slasher ?

Slasher, c'est avant tout prendre un risque. Il m'a fallu un passage aux Prud'hommes, un divorce et une belle dépression pour finalement réaliser que la prise de risque en valait le coup.

Dans l'idéal, je pense qu'il faut déjà avoir un pied dans le domaine où l'on souhaite slasher. Devenir musicien sans avoir touché à un instrument de sa vie, c'est se suicider professionnellement. Le bon sens est sa meilleure arme dans cette situation, et l'envie son meilleur moteur pour avancer au long de ses projets.

Le premier conseil que je pourrais donner à une personne souhaitant changer radicalement de vie tel que je l'ai fait serait de se poser, de réfléchir devant une feuille blanche en pesant les pours et les contres, en les pondérant en termes financiers mais également de joie de vivre.

Pour prendre mon exemple personnel, je préfère assurer des revenus faibles avec un loyer faible et potentiellement baisser mes charges en cas de coup dur, plutôt que de me lancer dans un achat, avec des charges qui me bloquent à une rémunération forcément supérieure pour rembourser un prêt pendant 20 ans.

Le plus difficile est le calcul financier a priori, sachant que tout va changer. Maintenant, si le modèle économique semble viable, se lancer est une magnifique aventure !

    Quelles sont les 10 astuces pour lancer son activité ?

La première astuce est la plus difficile à mettre en place : faire des économies de bouts de chandelles. Plus vous faites de tâches seul, plus vous travaillez en autonomie, quitte à vous former en ligne (et les tutoriels sont légions, en cherchant bien très souvent gratuits), plus vous pourrez subvenir à vos besoins et aux besoins de votre entreprise rapidement et durablement.

Passer des heures à comparer des hôtels, des vols, des trajets en train, des pc portables, des téléphones, des assurances VAUT le coup. En effet, gagner de l'argent est TOUJOURS plus difficile que d'en dépenser.

La deuxième astuce serait de ne jamais négliger l'aspect commercial. Il est primordial, il est central. Je connais surtout l'univers du B to C, mais je pense que c'est très largement généralisable : un produit moyen à la visibilité parfaite se vend toujours mieux qu'un excellent produit moins présent sur le marché. Il est TOUJOURS plus facile d'améliorer un produit avec des revenus assurés par les premiers clients, même s'ils ne sont pas 100% satisfaits qu'en attendant éternellement le produit techniquement parfait.

La troisième astuce concerne l'organisation de son temps, la priorisation des tâches. Frédéric l'explique très bien, je ne reviens pas dessus.

La quatrième astuce est de se rendre toujours disponible et réactif pour ses clients. La source de la rentrée d'argent est comme la poule aux œufs d'or. On ne la critique pas, on cherche à la satisfaire et à la fidéliser. Chaque tentative que j'ai effectuée de prendre un client désagréable par-dessus la jambe m'est revenu en pleine tête par la suite avec un problème encore plus important.

La cinquième astuce est d'exploiter son réseau au maximum. S'ils sont dans votre réseau, familial, amical, professionnel, extra-professionnel, c'est qu'ils vous considèrent. Ils pourront alors vous aider, même si ce n'est pas financièrement, pour un conseil, un point de vue, une critique, une remarque, un déménagement, un transport, peu importe, ils vous soutiendront à leur manière. Apprenez alors à les en remercier et à leur rendre la pareille.

La sixième astuce traite de la part importante que l'on doit réserver au développement de son engineering métier. Passer son temps à résoudre des points commerciaux et techniques sans améliorer sa solution en trame de fond rendra la société éphémère. La recherche et le développement, quel que soit le projet, sont l'assurance d'une continuité.

La septième astuce est d'avoir un coup d'avance par rapport à ses concurrents, ce qui nécessite de les scruter en permanence.

La huitième astuce consiste à suivre l'instinct primaire de l'acheteur. S'il n'est pas convaincu immédiatement, de prime abord, alors il y a très peu de chances qu'on arrive à le convaincre par la suite. Il faut que le produit soit la réponse immédiate à un besoin immédiat, et que l'acheteur ressente instantanément qu'il serait incapable d'effectuer aisément le travail nécessaire à l'aboutissement du produit, dans le cas où il pourrait potentiellement l'effectuer en interne / tout seul.

La neuvième astuce est de trouver des partenaires de confiance, solides, fiables et avec lesquels vous avez des intérêts croisés.

La dixième astuce est de se fier à son instinct. Une fois que tous les arguments rationnels et quantifiables sont posés devant vous, peu importe les avis des uns et des autres, ne vous fiez qu'à votre instinct. Si vous avez raison, ce sera indolore, et même gratifiant. Si vous avez tort, c'est ainsi qu'on apprend, et la prochaine fois vous mettrez des paramètres supplémentaires dans l'addition !

    Quelles sont les 7 erreurs à ne pas commettre quand on veut être Slasher ?

Devenir Slasher n'est pas donné à tout le monde. Il faut une énergie sans faille, une vision claire, réussir à segmenter son travail en tâches successives menant à l'accomplissement de la vision initiale, ou d'une version upgradée de cette vision, mais tout en conservant l'essence initiale.

La première erreur serait à mon avis de perdre cette essence initiale, de pervertir son premier amour en se laissant guider de travers par des facteurs extérieurs nous influençant, et parfois avec toute la bonne volonté du monde, vers une voie non souhaitable, et in fine non souhaitée.

La deuxième erreur résonne avec mon parcours : ne pas attendre trop longtemps ! Une bonne idée ou un projet qui vous tient à cœur ne restera pas éternellement disponible, libre. La nature a horreur du vide, aussi un autre plus aventureux que vous peut prendre votre place en moins de temps qu'il vous en faut pour, au choix, acheter un appart, attendre la naissance de votre enfant, déménager dans une autre ville, attendre au moins 2 ou 3 ans dans votre boîte actuelle pour ne pas salir votre CV en cas d'échec du Slash, etc. Décidez-vous, et décidé-vous vite, mais en y ayant BIEN réfléchi.

La troisième erreur est de profiter de sa nouvelle situation une fois la décision prise pour ne pas assez travailler car personne ne vous flique. Se motiver seul, chez soi, à monter un projet de grande envergure, est pour beaucoup une montagne impossible à gravir. Personne ne connaît mieux que vous-mêmes vos ressources personnelles. Personne d'autre que vous pourra savoir si vous êtes prêt à monter une échelle où l'étage suivant s'éloigne au fur et à mesure que l'on monte les échelons.

La quatrième erreur est de sous-estimer ses charges. L'accompagnement par un professionnel est une aide formidable lorsqu'on débute, car il est très difficile d'embrasser dès le début l'ensemble des charges auxquelles nous devons faire face.

Enfin la cinquième erreur serait de s'aveugler sur sa réussite / son échec. Les outils statistiques d'aujourd'hui permettent un suivi quantifiable de son activité, aussi cela permet d'être lucide sur ses revenus et son chiffre d'affaire tout en déterminant d'où il vient, pourquoi il augmente ou baisse, quand, et comment. Je suis très régulièrement les statistiques Facebook par exemple, et il me faut parfois plusieurs semaines avant de comprendre pourquoi une publication a mieux ou moins bien fonctionné qu'une autre. Se remettre en question avec humilité est primordial !


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