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Les Frères Sisters

Par Tepepa
Les Frères Sisters
Les Frères Sisters
2018
Jacques Audiard

J'avais un peu peur que le réalisateur ait peur. Qu'il ait peur, petit Frenchie, de réaliser un vrai western. On peut facilement s'imaginer qu'il est intimidant de s'atteler à un western, quand on est français, qu'on parle mal l'anglais et qu'on sait qu'on va se mesurer à John Ford, Howard Hawks et Sam Peckinpah. Il peut alors être tentant de "faire différent". "Regardez, je ne fais pas vraiment un western, je me contente de rendre hommage au western, d'en utiliser les codes, j'en livre une version revisitée. Parce que je n'ai pas la carrure!"

Si Jacques Audiard s'est retrouvé face à ce type d'angoisses, ça ne transparaît que très peu. Tout juste peut-on regretter un manque de souffle, voire de rythme par moment. Mais Les Frères Sisters est un vrai western, qui ne cherche pas toutes les cinq minutes à raconter autre chose que son histoire. C'est bien.
Le film permet de se poser une question existentielle. Peut-on avaler une tarentule la nuit sans que ça vous réveille ? Surtout si elle vous mord. Si oui, j'aimerais savoir combien d'araignées j'ai avalé dans ma vie. Cette scène, dans sa façon d'être filmée, est déjà à la limite du fantastique. Et dans un même genre, le rêve/cauchemar familial, bien qu'un peu raté, éveille toutes sortes d'angoisses diffuses et malsaines. Quand vers la fin, on découvre les effets cutanés ignobles de la formule toxique chimique du chercheur d'or, on découvre finalement que le film a une petite tendance à lorgner vers l'horreur. Le surnaturel est d'ailleurs quelque peu renforcé par l'invincibilité ahurissante des deux frangins, qui bourrés ou en chaussettes, en solo ou en binôme, contre trois ou dix personnes, s'en sortent toujours.
Audiard fait donc là un vrai western, avec des fusillades, des pistoleros plus rapides que leurs ombres, un notable corrompu et tout puissant qui emploie toutes sortes de malfrats et des chercheurs d'or partout.
Pour le reste, pas vraiment spécialiste de la filmographie d'Audiard, je ne sais pas comment son film s'inscrit dans le reste de son oeuvre. J'ai aimé les expérimentations sur la musique, la tonalité assez sombre du film, et le jeu des acteurs. Au bout d'un moment, on oublie que c'est un film français, on est bien dans un western, moderne mais pour une fois pas trop mélancolique, ni trop introspectif. Une petite réussite en somme... 
Image: Marchand sur western movies

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