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PRIEST Christopher – Conséquences d’une disparition

Par Livrement

PRIEST Christopher – Conséquences d’une disparitionTitre : Conséquences d’une disparition
Auteur : Christopher Priest
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
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Ben Matson vit tranquillement en famille sur l’île écossaise de Bute quand il apprend brutalement la mort de Kyril Tatarov, un scientifique renommé. Il l’avait interviewé voilà dix-sept ans et des souvenirs remontent à la surface. Notamment la disparition de la femme qu’il a tant aimée, Lilian Viklund, dans les attentats du 11 septembre 2001. Les rencontres qui suivent l’amènent toujours au même questionnement : l’effondrement du World Trade Center.

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Réinventer un événement réel dans une version romancée m’avait fait toucher du doigt l’importance de la fiction, de la narration, lorsque la vérité était trop malséante ou trop complexe, ou tout simplement une chose que l’on préférait ne pas révéler. On pouvait toujours raconter une histoire.

Le roman de Christopher Priest tourne autour des attentats du 11 septembre 2001, le plus gros événement médiatique et à controverses. Le sujet n’a pas donné toutes ses réponses. Les conséquences de ce drame ont marqué l’humanité au niveau de la politique mondiale. L’auteur l’indique clairement : ce n’est pas un travail de journalisme même si son protagoniste l’est de métier. Christopher Priest émet des hypothèses sans verser dans le conspirationnisme, en évitant soigneusement la psychose de masse. Il donne même envie de nous replonger dans les informations liées à l’événement.

Si des gens définissent des situations comme réelles, alors elles sont réelles dans leurs conséquences. Autrement dit, c’est l’interprétation d’une situation qui détermine l’action.

Il peut exister des impressions sur les attentats qui reposent sur une dissonance cognitive et c’est par cette brèche que l’auteur s’engouffre.

Deux fils temporels se mélangent : on retrouve Ben Matson, le protagoniste sur plusieurs époques. Dans la (re)construction de ce dernier, une ombre hante son présent, et ce, sans mièvrerie. Le réalisme des personnages est un élément réussi – comme souvent dans les romans de Christopher Priest – et cela me captive.

Par l’utilisation d’un accident cérébral vasculaire à l’un des personnages, on remarque que des souvenirs peuvent être présentés, vécus et surtout rapportés de manière déformée. Quid de l’interprétation ? Cela rejoindra alors les incohérences de cette catastrophe et d’un raisonnement global illogique.

Le symbolisme est manié avec force et intensité, en usant des métaphores. Le cerveau du lecteur démarre alors au quart de tour durant la lecture pour se demander tout simplement s’il n’existe pas plusieurs réalités.

Dernier fil à ajouter à ce schéma : le traumatisme qui va tenailler une personne, celui d’avoir perdu un être proche sans avoir la certitude qu’il est réellement décédé.

On arrive au point d’orgue, on parle de disparition : des deux tours, d’un amour, de la mémoire et de la vérité.

La dernière raison pour laquelle je ne pouvais accepter l’idée d’un complot était la plus difficile à écarter : c’était la peur.
Pour moi, considérer qu’une quelconque officine gouvernementale américaine pût être complice de la mort de tous ces innocents impliquait d’infirmer une vie entière de postulats sur le monde dans lequel j’avais grandi.


La qualité de l’écriture est toujours présente, avec le style raffiné de cette plume ; et de l’habilité à dérouler une telle intrigue.

On reconnait facilement les bases d’un thriller psychologique avec la touche priestienne qui embrasse le jeu avec la réalité, l’interrogation permanente sur la fiabilité des événements exposés et sur l’identité des personnages. On en vient à douter de tout, jusqu’à la narration.

Certains éléments ont été abordés trop succinctement pour moi comme les instants avec Tatarov qui m’ont semblé trop courts. Je me suis également demandé où l’auteur voulait m’emmener, si j’y suis bien arrivée et si j’ai bien appréhendé le cheminement.

Je pense que circonspection répond à la question puisque systématiquement après la lecture d’un roman de Christopher Priest, je songe à l’histoire durant plusieurs jours.

« Conséquences d’une disparition » demeure est un roman abordable, sans doute celui à l’intrigue la moins mystérieuse des titres de l’auteur que j’ai déjà lus. Il reste proche de ses thèmes de prédilection (pour ma plus grande joie), et de façon voulue, quelques zones de réflexion restent ombreuses.

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Le chien critique, Les Lectures du Maki (Yogo)Lorhkan et les mauvais genres ont certainement visualisé l’image d’un Boeing 747.


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