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Martial Solal Solo piano " Unreleased 1966 Los Angeles Sessions " Volume 2

Publié le 01 novembre 2018 par Assurbanipal

Solo Piano

" Unreleased 1966 Los Angeles Sessions "

Volume 2

Fresh Sounds Records. 2018

Martial Solal: piano

Lectrices affutées, lecteurs affinés, vous connaissez les Leçons de ténèbres de Marc Antoine Charpentier (1643-1704). Martial Solal (1927) lui, nous donne des Leçons de lumières.

J'avais été enthousiasmé par le premier volume de cette session solo piano inédite en studio, à Los Angeles en 1966. Grâce au travail du label espagnol Fresh Sounds Records, le volume 2 est arrivé et la session complète nous est offerte. Mon enthousiasme a de quoi de nouveau s'alimenter

Cette fois, Martial Solal quitte les standards du Be Bop qu'il avait exploré dans le premier volume. Il nous ballade de standards Old School dont il fait sa chose " Pennies from Heaven " (1), " Fig Leaf rag " de Scott Joplin (3), " Ain't mishebavin " de Fats Waller (5) , " But not for me " des frères Gershwin (8), " Kansas City Stomp " de Jelly Roll Morton (10) en compositions personnelles " Blues Martial " (2) où même ses détracteurs farouches devront reconnaître qu'il sait jouer le Blues et les marches militaires, " Ah non ! " (7) où il tourne en dérision les exercices de la méthode Hanon sur laquelle s'échinèrent tant d'apprentis pianistes en France (autres versions enregistrées en solo, en studio en 1971 et en concert pour France Musique en 1994), la " Suite 105 " (9), le morceau le plus long de l'album, 7'19 où Martial Solal prend le temps de développer son message sans s'étaler bien sûr. Pas du tout son genre.

Dans les hommages aux Maîtres, deux sortent du lot: Jacques Offenbach avec " La chaloupée " (11) et Bud Powell avec " Un poco loco " (13) qui clôt l'album par un feu d'artifice musical.

Si vous croyez que Martial Solal est un pianiste démonstratif, qui n'est à l'aise qu'à très grande vitesse, écoutez sa version de la ballade " Everything happens to me " (12) touchante mais pudique. L'immense maîtrise technique de Martial Solal est au service de sa pudeur. Si vous écoutez attentivement, l'émotion est voilée mais elle n'est pas absente.

Si Martial Solal était Américain, il serait placé au dessus de pianistes de bars de luxe tels que Bill Evans et Keith Jarrett. Le premier dégage toujours une sensation de mal être profond, le second de prétention incommensurable. Martial Solal lui dégage de l'ambition et de la Joie, celles de créer de la Beauté et de surprendre. Il est bien meilleur pour la santé de ses auditeurs.

Cet album solo enregistré en studio à Los Angeles, en 1966, en est un exemple éclatant. Heureusement pour vous, lectrices affutées, lecteurs affinés, il est enfin édité grâce au label Fresh Sounds Records dont le travail inlassable de réédition de trésors disparus et de découverte de jeunes talents doit être salué.

Pour illustrer cet article, " Ah non! " tel qu'il figure dans cet album et tel que Martial Solal le jouait en concert à Munich en 1999. Bonne dégustation, lectrices affutées, lecteurs affinés.


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