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Meurtres en clair-obscur : Episode 28.

Par Pmazet

Meurtres en clair-obscur : Episode 28.

Episode 28 : Les visions du mari.

La découverte du commissaire Genet était loin d'être mineure. Cependant, il restait à démontrer que le gardien de nuit connaissait le mari de Ginette et jusqu'à présent, aucun témoin n'affirmait les avoir vus ensemble et tous deux allaient sûrement nier s'être rencontrés.

- Bien joué, commissaire ! Voilà qui charge un peu plus la barque du mari. Il n'empêche que je suis d'autres pistes.

- Vous êtes toujours à la recherche de votre " internationale des égorgeurs " ?

- Oui, figurez-vous que je pense avoir découvert un troisième crime identique, à Amsterdam.

- Vous vous préparez à aller voir les canaux et les digues, monsieur Laplume ?

- Pas d'emballement, commissaire ! Toutefois, vous conviendrez que ces crimes nécessitent une organisation hors du commun !

- Pas faux, monsieur Laplume ! Que me suggérez-vous ?

- Continuez d'enquêter de manière classique, commissaire. Cela nous permet d'éliminer des pistes.

- Monsieur Laplume, je me demandais si vous accepteriez d'aller discuter du mari de Ginette avec un médecin de la Salpêtrière. Avec vous, il sera plus bavard qu'avec moi !

- Avec plaisir, commissaire.

Sans plus attendre, Laplume prit la direction de la Seine, par le boulevard de l'Hôpital. Après une demi-heure de marche, il se trouva au pied de l'imposant bâtiment, mieux gardé que l'Elysée. Il avait une idée très précise de l'homme qu'il venait voir. Il s'agissait du professeur Guillain, qu'il avait maintes fois croisé au Palais de Justice. Après quelques discussions, il trouva un infirmier complaisant qui le conduisit vers le bureau du professeur.

- Monsieur Laplume, j'hésite à vous demander quel bon vent ! Car je suppose qu'il s'agit d'une affaire criminelle.

- Vous avez raison, professeur, il s'agit même d'une affaire assez sordide.

- Je vous écoute, monsieur Laplume.

- Il s'agit du crime du Louvre.

- Ah oui, l'histoire de cette fille qu'on a retrouvé vidée de son sang dans une galerie du musée.

- Oui et c'est à son mari que je m'intéresse. Il se trouve qu'il a été enfermé durant deux ans ici.

- Rappelez moi, son nom.

- Lacroix.

- Ah oui, cela me dit quelque chose. C'était plutôt un pauvre type.

- Qui avait quand même essayé de poignarder une passante. De quelle maladie souffrait-il ?

- Je pense qu'il s'agissait d'une forme de schizophrénie, doublée de crises hallucinatoires.

- C'est-à-dire ?

- Quand on lui a demandé pourquoi il s'en était pris à cette personne, il nous a dit qu'il avait reçu des ordres.

- Du genre.

- D'après lui, il contemplait une image du Christ quand il aurait entendu Saint-Paul lui commander de supprimer un être maléfique afin de gagner son paradis.

- Comment l'avez-vous soigné ?

- On ne dispose pas d'un grand arsenal de moyens pour ce genre de maladie. On l'a attaché pendant quelque temps pour éviter qu'il ne s'en prenne aux autres malades. Puis, petit-à-petit, il est devenu doux comme un agneau. Nous l'avons installé dans une salle commune. Il est vrai qu'il était renfermé, mais c'est souvent le cas des schizophrènes.

- Et vous avez pris la décision de le libérer.

- Oui, il ne présentait plus de symptômes dangereux. Nous n'avions aucune raison de le garder.

- Je comprends, mais pensez-vous qu'il ait pu rechuter ?

- Tout est possible, monsieur Laplume.

- En apparence, tout semblait bien aller. Il s'était marié.

- Et vous le soupçonnez d'être l'auteur du meurtre !

- Disons que c'est une hypothèse parmi d'autres. Il paraît qu'il serait impuissant, pensez-vous que cela expliquerait cet accès de folie.

- Voilà quelque chose que j'ignorais et qui renforce singulièrement les soupçons. Dans son esprit troublé, la femme qu'il ne peut posséder pourrait devenir un être maléfique.

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