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Kimberose (1re partie : Mathieu Pesqué) à La Grande Ourse- Saint-Agathon, le 9 novembre 2018

Publié le 11 novembre 2018 par Concerts-Review
Kimberose (1re partie : Mathieu Pesqué) à La Grande Ourse- Saint-Agathon, le 9 novembre 2018

Kimberose (1re partie : Mathieu Pesqué) à La Grande Ourse- Saint-Agathon, le 9 novembre 2018

'Complet' renseigne l'écriteau à la porte d'entrée.

Une information répétée par une majorité de salles de concert où doit se produire la nouvelle sensation soul made in Macronie.

Le concert devait débuter à 21:30', Mathieu Pesqué, armé de deux acoustiques et d'un harmonica se présente à 21:20' afin d'allonger son set à 40'.

Excellente initiative!

Le garçon au look d'étudiant piocheur prend place, confesse ' je m'appelle Mathieu Pesqué' avant d'entamer son sermon.

Quoi, Pierre?

Qui c'est celui-là?

Sa bio mentionne Pau comme lieu de naissance, indique qu'il débute en accompagnant Frank Blackfield, puis compose ses propres chansons et écume les festivals blues/jazz du Sud-Ouest et d'ailleurs.

Après 'A secret garden', une rondelle à laquelle les disquaires ont collé l'étiquette folk, il fonde Blues Bound avec Roll Pignault, le gars que t'as croisé récemment dans l'Iku Trio. En 2012 sort "Beneath the rising moon" enregistré avec Hansel Gonzales, d'autres albums ( solo) paraissent ( 'Nightbirds', 'Here and there' , 'Parallèles') et, cerise sur le cake, un nouvel enregistrement pointe le bout du nez, le gars du Béarn a réussi à convaincre Neal Casal de pousser la chansonnette avec lui pour un titre.

Je vous concocte une première partie tranquille en débutant par une reprise, ' The Power of love'.

Une excellente version, folky', du hit de Huey Lewis and the News, les intonations dans la voix renvoyant vers le grand James Taylor.

Saint-Agathon, merci d'avoir bravé les éléments ( un ouragan sans nom s'était abattu sur la région), je vais vous interpréter quelques unes de mes compos, celle-ci, datant de 2012, se nomme 'Get ready' et n'a rien à voir avec Rare Earth, tu peux classer sur l'étagère Americana.

Bon Dieu, il y a énormément de monde ce soir, il doit y avoir un groupe après moi.

Grand plaisantin, va!

Après un morceau anti-militariste ( 'My love, My life, My Sweet) , il se propose d'exécuter un morceau d'un mec qui n'est pas réputé pour être une bête de scène.

Il ne cite aucun nom et balance ' Don't think twice it's alright' du monsieur qui a failli ne pas aller chercher son prix Nobel de littérature.

Jeu de guitare ciselé, voix convenant idéalement au propos, Monsieur Pesqué n'est pas du genre pékin avachi.

Il ramasse sa seconde gratte, la pose sur ses genoux pour la caresser avec un bout de ferraille, ça sent le blues à plein nez.

Bien vu, ' I can't be satisfied' de Muddy Waters passe la revue, après avoir utilisé un sachet de kleenex pour étancher ses larmes, il enchaîne sur 'Nobody's fault but mine', un autre classique.

Saint-Nicolas m'a refilé un harmonica, je compte l'utiliser pour l'émouvante ballade ' Where you belong'.

On t'avait déjà parlé de James Taylor, on ajoute Jackson Browne à la liste.

Après Willie Dixon, ' I just wanna make love to you', entendu ici même, dimanche dernier, interprété par Annika Chambers, vient une dernière tirade, mon Samsung m'indique qu'il me reste 5', pas vraiment fleur bleue.... t'as même pas remarqué que je suis parti, I don't feel that good...

Nous, on se sentait bien après le set brillant de Mathieu Pesqué.

Après un bref entracte le Kimberose's team investit la scène.

Pour décrire Kimberose la presse hexagonale n'hésite pas à déployer les louanges les plus emphatiques si on considère que le groupe de Kimberly Rose Kitson Mills n'a que quelques années d'existence: la nouvelle diva de la soul, une tornade de feeling, une chanteuse sidérante, sa voix fige dans l'instant l'auditeur.... les comparaisons sont flatteuses: Amy Winehouse, Billie Holiday, Nina Simone... c'est plus porteur que Rika Zaraï ou Claudia Sylva.

La petite histoire dit que c'est le guitariste Anthony Hadjadj qui l'a poussée à s'inscrire à La Nouvelle Star en 2013, elle n'était pas encore tout à fait prête, en 2018 son premier album 'Chapter One' ( après un EP l'année précédente) cartonne.

Pour cette tournée, le groupe se compose d' Alexandre Delange, soy franco-argentino, (excellent) pianista profesional y compositor/ de Kubix Barberousse Guitsy, un guitariste flamboyant ( Pierpoljak, Ma Saïsara, Mo' Kalamity and the Wizards...)/ de Jeremy Louwerse à la basse et de Rémi Ferbus ( Zaho, Holy Two...) aux drums.

L'intro agrémentée d' un son monumental a surpris tes petites voisines toutes frétillantes et quand la séduisante Miss Mills rejoint les musiciens pour entamer 'I'm broke', elles ne se tiennent plus.

La voix est noire, ample, rocailleuse, le morceau remue en mode r'n'b concupiscent et, effectivement, tu te dis que cette grande fille dispose d'un petit quelque chose de plus que toutes les starlettes quelconques qu'on essaye de nous vendre tous les trois mois.

Le midtempo ' About us' ne présente pas une surface lisse comme la plupart des morceaux de nu soul mais renvoie vers des grandes dames telles que Dusty Springfield.

Mention spéciale pour le groove dégoulinant proposé par le solo de basse.

Après le sublime 'Needed you' vient le slow profond et envoûtant 'No more', le style de truc qui t'invite à clore les paupières et à rêver d'une chorégraphie rapprochée avec une créature inabordable.

Alexandre amorce la ballade 'Waiting for you' dont l'allure imperceptiblement s'active lors du mouvement final.

'Human' de Rag'n'Bone Man reçoit un traitement dramatique, il est suivi par 'I'm fool' qui t'évoque Sam Brown, une chanteuse qu'on a malheureusement perdu de vue.

Kimberly se complaît dans les downtempi et peut compter sur des musiciens impeccables, Alexandre Delange illuminant cette dernière ballade d'une envolée majestueuse.

'Alone in my dreams' est probablement le titre le plus romantique de notre répertoire, confie-t-elle, en effet cette plage nous refile la chair de poule.

Il faut oser reprendre Nirvana en mode soul, Kimberose le fait et donne un dimension différente à 'Where did you sleep last night'.

L' émouvant 'Wolf' est dédié à son père, aujourd'hui disparu, les dernières notes se dissipent, trois des musiciens s'éclipsent.

Une voix s'élève et crie, 'Revenez'.

Je suis là, t'inquiète, réagit la demoiselle qui se tape ' I say a little prayer' en mode piano/voix.

L'émotion la gagne, elle flotte, oublie le texte, le piano continue sans elle, elle balbutie.. désolée, je vais me ressaisir , elle reprend ... The moment I wake up before I put on my makeup (makeup), I say a little prayer for you.. flanche à nouveau, confie je ne vais pas y arriver et promet de reprendre le titre d'Aretha Franklin ( ou Dionne Warwick) plus tard.

Ce qui ne se fera pas.

Meanwhile, let's dance to forget, le band est revenu et attaque ' Reason' suivi par le hit 'I'm sorry' qui n'a aucun lien de parenté avec le morceau de Brenda Lee.

Acclamation méritée, suivie par un petit reggae ' Bla bla bla'.

Le terminus est en vue, Saint-Agathon je veux tous vous voir debout et danser sur 'Mine' , un rhythm and blues ruisselant décoré d'un solo fulgurant de red beard au crâne glabre.

On se quitte avec 'Strong woman', ce que je n'étais pas aujourd'hui.

Personne ne lui en a voulu, ils sont revenus pour nous offrir 'A change is gonna come' de Sam Cooke.

Tu l'as aimée pour ça!

Kimberose (1re partie : Mathieu Pesqué) à La Grande Ourse- Saint-Agathon, le 9 novembre 2018
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