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[Critique] LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD

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Titre original : Fantastic Beasts : The Crimes of Grindelwald

Note: ★★★☆☆
Origine : Grande-Bretagne/États-Unis
Réalisateur : David Yates
Distribution : Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Jude Law, Johnny Depp, Ezra Miller, Zoë Kravitz…
Genre : Fantastique/Aventure/Suite/Saga/Adaptation
Date de sortie : 14 novembre 2018

Le Pitch :
Enfermé dans une prison new-yorkaise, Gellert Grindelwald parvient comme il l’avait annoncé à s’évader. S’empressant de rallier le vieux continent, il convainc plusieurs sorciers de l’aider à réaliser ses sombres desseins, faisant peser sur le monde une terrible menace. C’est alors qu’Albus Dumbledore fait appel à son ancien élève Norbert Dragonneau, qui n’a alors pas d’autre choix que de s’opposer au terrifiant sorcier…

La Critique des Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald :

Et voici le retour de Norbert Dragonneau (Newt Scamander en version originale), qui doit arrêter le méchant Grindelwald qui pour le coup, comme nous l’avions vu à la fin du précédent épisode, a choisi de laisser tomber la trombine de Colin Farrell pour adopter celle de Johnny Depp. Un nouvel épisode des Animaux Fantastiques donc, avec toujours David Yates à la barre et J.K. Rowling au scénario. Voilà qui ne se refuse pas… Et pourtant, force est de reconnaître que ce deuxième volet, même si il se montre souvent méritant et quoi qu’il en soit suffisamment divertissant pour encourager l’indulgence, déçoit aussi…

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Dumbledore is back !

Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald a créé l’événement pour plusieurs raisons certes, mais si il a bien un détail qui n’a pas échappé aux fans, c’est que c’est l’épisode que J.K. Rowling a choisi pour introduire le célèbre Dumbledore, ici interprété par le flegmatique Jude Law. L’acteur qui s’en sort avec les honneurs, avec classe et ce détachement si savoureux propre aux meilleurs acteurs anglais. Pour autant, l’intrigue, elle, ne se focalise pas vraiment sur Dumbledore. Pas entièrement en tout cas. Et à vrai dire, on a un peu de mal à définir sur quoi elle se centralise. Car Les Crimes de Grindelwald, si il raconte, pour résumer, la montée en puissance de Grindelwald et le combat des gentils emmenés par Dragonneau pour le contrer, tente aussi d’aborder plus ou moins maladroitement d’autres thématiques. Pour le meilleur et pour le pire.

It’s a kind of magic

Pour le meilleur car J.K. Rowling a réussi à glisser dans son scénario une satire bien senti sur la politique américaine et donc sur Trump. Satire intelligente et percutante qui sait conférer au film, par moments en tout cas, suffisamment de profondeur pour l’éloigner du simple statut de gros blockbuster à destination des masses. Pour le pire car au fond, le script de ce second volet est aussi très bordélique. On a alors du mal à comprendre où le film veut en venir alors qu’au fond, il n’y a rien de vraiment complexe, si ce n’est les interactions entre les personnages, les allers-retours dans le temps confus et cette propension à toujours en rajouter des couches alors que c’est rarement nécessaire. On suit ainsi les aventures de ces magiciens pour la plupart attachants, confrontés à un bad guy crédible (Johnny Depp, plutôt dans la mesure, est meilleur que dans la plupart des productions récentes dans lesquelles il s’est compromis), mais on a du mal à se passionner pour ce qui se déroule à l’écran, si ce n’est à quelques moments plutôt bien agencés par une scénariste semble-t-il un peu dépassée.
Un exemple assez flagrant ? Régulièrement, J.K. Rowling nous propose une scène de capture d’animaux (fantastiques) comme si elle se sentait obligée de donner un rôle conséquent aux bestioles il est vrai à la base du concept de la saga. Malgré tout, ces scènes, pour la plupart pas du tout nécessaires à l’avancée du récit, alourdissent le propos et rallongent une durée qui aurait en effet mérité d’être plus courte.

Showtime

Les Animaux Fantastiques 2 qui sait aussi bien sûr proposer du grand spectacle. Malheureusement, là aussi, le bilan est en demi-teinte car au fond, bien souvent, le film est noyé dans une bouillie de pixels un peu indigente. Comme l’intro et surtout comme la fin, dans un cimetière du Père Lachaise (une grande partie du film se déroule dans un Paris qu’on a bien du mal à reconnaître) fantasmé. Et le fait qu’un film aussi « cher » que Les Animaux Fantastiques 2 ne se montre pas irréprochable quand il est question d’envoyer du lourd au niveau du show et des effets-spéciaux, c’est quand même problématique. Heureusement, les décors sont souvent magnifiques bien que globalement, la production design n’est pas à la hauteur de celle du premier et surtout de celle des films de la saga Harry Potter, beaucoup plus « merveilleux » et immersifs.
Enfin, rajoutons que la volonté de faire des Animaux Fantastiques 2 un film beaucoup plus sombre et adulte que son prédécesseur, n’arrange pas vraiment les choses tant la photographie, comme pour souligner le propos, rend l’action beaucoup moins lisible qu’espérée. En gros, sur le fond et sur la forme, ce second volet est tiraillé entre un désir d’avancer dans une direction plus crépusculaire tout en entretenant un lien étroit avec l’univers d’Harry Potter. David Yates et J.K. Rowling, malgré leur connaissance de ce même univers, ont peut-être commis leur premier véritable faux pas. Pas un gros faux pas, mais un faux pas qui fait qu’au final, on craint un peu de ce que pourra donner le troisième épisode bien entendu déjà prévu.

En Bref…
Les Animaux Fantastiques 2 n’est pas un mauvais film mais ce n’est pas pour autant une bonne suite. Plus sombre, plus violent et plus adulte, un peu brouillon dans son écriture, brillant quand il verse dans la satire et ampoulé quand il tente d’étendre l’univers de ses personnages tout en faisant encore plus le lien avec Harry Potter, le film déçoit un peu. Surtout que visuellement aussi le bilan est en demi-teinte. Finalement, seuls les acteurs sont vraiment irréprochables.

@ Gilles Rolland

[Critique] LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD   Crédits photos : Warner Bros France


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