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[Critique] MORTAL ENGINES

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] MORTAL ENGINES

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Titre original : Mortal Engines

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : Etats-Unis
Réalisateur : Christian Rivers
Distribution : Hera Hilmar, Robert Sheehan, Hugo Weaving, Jihae, Stephen Lang, Leila George, Ronan Raftery, Patrick Malahide…
Genre : Aventure/Science-Fiction/Adaptation
Date de sortie : 12 décembre 2018

Le Pitch :
Dans le futur, les villes sont devenues mobiles. Les plus grandes engloutissent les plus petites et roulent inlassablement sur une terre dévastée, à l’image de Londres. Une cité carnassière, dirigée d’une main de fer par un homme motivé par de sombres désirs de conquête. Un homme que la jeune Hester s’est jurée de tuer…

La Critique de Mortal Engines :

C’est Peter Jackson qui a initié l’adaptation du livre Mécaniques Fatales de Philip Reeve, en achetant les droits dès 2008. Un projet mis en route quand Bilbo tira sa révérence au terme de La Bataille des Cinq Armées, le troisième volet de la trilogie du Hobbit. Néanmoins, Jackson préféra confier la mise en scène de cette ambitieux long-métrage (et de ses potentielles suites ?) à Christian Rivers, un de ses collaborateurs de longue date. Rivers dont nous avons pu indirectement apprécier le travail avec Bad Taste (le premier film de Jackson, pour lequel Rivers a signé le story-board) et plus directement avec King Kong, qui vit Rivers se charger des effets visuels (il a même gagné un Oscar pour son travail) ou encore Peter et Elliott le Dragon (il fut réalisateur de la seconde équipe) et Le Hobbit (il fut appelé en renfort par Jackson). Tout sauf un débutant donc même si il signe bel et bien ici son premier long-métrage en tant que metteur en scène…

Mortal-Engines-Hugo-Weaving

Steampunk

Si Peter Jackson n’a pas pris les manettes, il a manifestement suivi de près la fabrication de Mortal Engines. Sa patte étant visible à de nombreux moments. On reconnaît sa générosité, son sens du détail et certaines thématiques propres à son œuvre. En soi, Mortal Engines vient se greffer à la filmographie du maître mais n’atteint jamais néanmoins le niveau de ses films. Que ce soit les premiers ou les plus récents… Bon, Mortal Engines n’est pas mauvais pour autant, loin de là. Le truc, c’est que Christian Rivers, si il se montre plus que valeureux, doit composer avec une histoire assez prévisible et relativement classique. La faute à qui alors ? Au livre de Philip Reeve ou à Peter Jackson et à son équipe qui se sont chargés du scénario ? Difficile de répondre à cette question mais une chose est sûre : souvent, Mortal Engines bouffe un peu à tous les râteliers et à la fin, on a ainsi un peu l’impression, en faisant abstraction de l’habillage, d’avoir déjà vu ce film plusieurs fois.

Influences écrasantes

Dans Mortal Engines, il y a du Star Wars. Pour un passage en particulier. Il y a aussi du Mad Max et du Terminator (la musique va jusqu’à pomper des passages entiers du légendaire thème de Terminator 2). Pour ce dernier point, la créature humanoïde un peu bizarre, incarnée à l’écran par Stephen Lang, donne l’impression d’avoir été parachutée là et peine à vraiment trouver son utilité. Une sorte de trait d’union un peu maladroit, dont la présence met ironiquement surtout en exergue la relative incapacité du film à composer à la fois avec ses références et ses aspirations. Et on ne parle pas de l’esthétique steampunk, là aussi un poil opportuniste pour vraiment convaincre, même si, globalement, le film fait preuve d’un bon goût certain et d’une belle cohérence esthétique.

Pied au plancher

Mais Mortal Engines sait tout de même envoyer du lourd. La première scène par exemple, est justement… exemplaire. Magnifiquement orchestrée, elle fait montre de la flamboyance des effets-visuels et de la maîtrise du réalisateur. L’action est lisible, le spectacle est flamboyant et impressionnant et le découpage vraiment efficace. Rien à redire. Et des scènes comme celle-là, Mortal Engines en regorge. De quoi lui permettre aisément de faire oublier ses défauts au niveau du fond et les nombreux clichés qu’il avale sans broncher en espérant que le show va détourner notre attention. Paradoxalement, c’est un peu ce qui se passe. Mortal Engines est parfois tellement beau, les acteurs sont totalement dedans, valeureux et charismatiques (mention à la révélation Hera Hilmar, à Robert Sheehan et au méchant parfait Hugo Weaving) et la photographie si belle que ça passe comme une lettre à la Poste. Rajoutons aussi que les défauts du film ne l’empêchent pas non plus de faire mieux que la plupart de ses concurrents jouant dans la même catégorie.
Car au fond, même si il s’en cache un peu, Mortal Engines est une sorte de dystopie young adult. Un blockbuster enthousiasmant, beaucoup plus cohérent que tous les Divergente et autres Hunger Games, plus furieux aussi (même si on reste dans un spectre grand public) et plus simple. Et oui, la simplicité, ça a également du bon ! Mortal Engines renoue avec une des grandes recettes du film d’aventure populaire typique mais assume la plupart du temps. Du coup, il est difficile de ne pas pointer les facilités auxquelles il se raccroche mais il est tout aussi difficile de ne pas apprécier sa sincérité.

En Bref…
Généreux, spectaculaire et visuellement ambitieux, Mortal Engines est par contre beaucoup plus ordinaire, voire un peu feignant du côté du scénario. Heureusement, on reconnaît la patte de Peter Jackson, les acteurs sont tous remarquables et le réalisateur, malgré son manque d’expérience à ce poste, fait preuve d’une bravoure notable.

@ Gilles Rolland

Mortal-Engines-Hera-Hilmar
  Crédits photos : Universal Pictures International France


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