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[Critique] MY DINNER WITH HERVÉ

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] MY DINNER WITH HERVÉ

[Critique] MY DINNER WITH HERVÉ

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Titre original : My Dinner with Hervé

Note: ★★★★☆
Origine : États-Unis
Réalisateur : Sacha Gervasi
Distribution : Peter Dinklage, Jamie Dornan, Oona Chaplin, Mireille Enos, Harriet Walter, Andy Garcia, Daniel Mays…
Genre : Drame/Biopic
Date de sortie : 30 décembre 2018 (HBO)

Le Pitch :
Au début des années 90, le journaliste Danny Tate est envoyé à la rencontre d’Hervé Villechaize. Un acteur autrefois célèbre pour avoir joué dans L’Homme au pistolet d’or et surtout pour avoir interprété Tattoo dans la série culte L’Île Fantastique. Pas vraiment motivé à l’idée d’interviewer celui qu’il considère comme une star has-been, Danny va faire la connaissance d’un homme meurtri, complexe et excessif, mais aussi attachant…

La Critique de My Dinner with Hervé :

Connu pour avoir réalisé en 2008 le rockumentaire Anvil ! The Story of Anvil (probablement l’un des meilleurs documentaires musicaux jamais tournés), Sacha Gervasi s’est également fait remarquer grâce au script du Terminal, le film de Steven Spielberg, qu’il a écrit au début des années 2000, après avoir notamment travaillé en tant que journaliste. Et c’est d’ailleurs quand il occupe cette fonction qu’il rencontre, au début des 90’s, Hervé Villechaize, l’acteur de petite taille connu pour son interprétation du gentil Tattoo dans L’Île Fantastique. Une rencontre l’ayant manifestement marqué puisque l’idée de réaliser un film sur Villechaize, après la mort de ce dernier en septembre 1993, a rapidement germé dans son esprit…

My-Dinner-with-Hervé-Peter-Dinklage

Après la gloire…

Peter Dinklage, le Tyrion Lannister de Games Of Thrones, a longtemps travaillé avec Sacha Gervasi au développement de My Dinner with Hervé. Naturellement concerné par certains des problèmes ayant contribué à construire la personnalité de Villechaize, Dinklage s’est véritablement investi à 100% dans ce rôle afin de rendre le meilleur hommage à l’acteur emblématique. Autant commencer par lui d’ailleurs pour parler du film tant sa performance est éblouissante. Dinklage se fond avec un naturel confondant dans les habits de Villechaize, aidé par des artifices parfois un peu voyants, que l’on oublie heureusement rapidement pour ne voir que la propension de Dinklage à faire preuve d’une mesure et de nuances indispensables pour non seulement ne pas tomber dans l’excès, mais aussi et surtout pour saisir le caractère excessif de Villechaize et sa grande sensibilité. C’est donc un Hervé Villechaize souvent dans la détresse que Peter Dinklage joue avec tout le talent qui le caractérise (la voix qu’il prend est bluffante). Et si on reconnaît son Tyrion au détour d’une séquence de beuverie, Dinklage parvient aussi à suffisamment s’en éloigner pour proposer quelque chose de véritablement unique et viscéral. Que ce soit dans les moments d’allégresse, à la grande époque où Villechaize régnait sur le monde de la télévision dans L’Île Fantastique, ou vers la fin de sa vie, quand il semblait ne plus se définir que par ses excès et des gimmicks d’une époque révolue en forme de douloureux rappels d’une gloire envolée.

« The plane, the plane ! »

En face de Dinklage, presque fatalement, Jamie Dornan apparaît un peu fade, voire largué par moment, écrasé par la performance de son partenaire. Pourtant, parfois, il parvient aussi à tirer son épingle du jeu. Suffisamment en tout cas pour rappeler qu’il n’est pas que le mec fadasse de la saga 50 nuances… Il faut aussi saluer la performance d’Andy Garcia en Ricardo Montalban. Certes assez rare, il se dégage quelques moments où lui aussi nous rappelle, alors que ces derniers rôles ont plutôt consisté à jouer sans trop jouer, quel grand acteur il est. Des comédiens parfaitement dirigés par un Sacha Gervasi investi d’une mission, désireux d’offrir un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de Villechaize sans éluder les périodes sombres. La démarche fait rapidement sens et lui permet de saisir l’essence d’une détresse ayant défini toute l’existence de son personnage principal. Ce désir de s’élever, de devenir célèbre et riche, d’être aimé, sincèrement, ou simplement pour son argent, à défaut de mieux… Souvent touchant, My Dinner with Hervé retranscrit avec force et vigueur, quitte à parfois tomber dans un certain académisme, des sentiments magnifiquement illustrés et met aussi en avant une réflexion pertinente sur les travers de la célébrité. Le format choisi, avec cette interview et ces nombreux flash-back conférant au film une rythmique efficace également appréciable. Alors oui, tout cela manque peut-être d’un peu d’originalité, mais en même temps, on peut aussi apprécier le fait que Gervasi n’ait pas forcé le trait ou cédé à une quelconque forme de sensationnalisme. Son film est sincère. C’est même l’une de ses principales forces.

En Bref…
Porté par la performance d’un Peter Dinklage en état de grâce, ce film en forme d’hommage à Hervé Villechaize s’avère aussi touchant que passionnant. Dommage que le scénario soit un peu trop balisé parce qu’on est vraiment pas passé loin du sans faute…

@ Gilles Rolland

My-Dinner-with-Hervé-cast   Crédits photos : HBO


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