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Hermann Hesse – Grincements d’une branche tordue

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Hermann Hesse – Grincements d’une branche tordueBranche tordue fendue
Qui pend déjà d’année en année,
Sèche, elle grince dans le vent sa chanson,
Sans feuilles, sans écorce,
Blême et nue, fatiguée de vivre trop longtemps,
D’une trop longue agonie.
Sa chanson sonne dure, et endure,
Sonne obstinément, sonne un secret effroi,
Encore un été,
Encore un hiver entier.

*

Knarren eines geknickten Astes

Splittrig geknickter Ast,
Hangend schon Jahr um Jahr,
Trocken knarrt im Wind sein Lied,
Ohne Laub, ohne Rinde,
Kahl, fahl, zu langen Lebens,
Zu langen Sterbens müd.
Hart klingt und zäh sein Gesang,
Klingt trotzig, klingt heimlich bang
Noch einen Sommer,
Noch einen Winter lang.

*

The Rustling of a Broken Branch

The broken branch, splintered branch
hanging year after year,
dryly rattles its song in the wind;
without foliage, without bark,
it is barren and faded.
Tired of living too long,
tired of dying too long,
its song is hard and tenacious;
it sounds arrogant, hiding the fear.
One more summer.
Another long winter.

August 1962 (Last poem)

***

Hermann Hesse (1877-1962) – Troisième et dernière version de « Knarren eines geknickten Astes » – C’en est trop : Poèmes 1892-1962

(Bruno Doucey, 2019) – Traduit de l’allemand par François Mathieu – Miguel Serrano, C.G. Jung and Hermann Hesse – A Record of Two Friendships (Daimon) – Translated by Frank MacShane.


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