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Le voyage aux pyrénées

Par Rob Gordon
Le voyage aux pyrénéesPour pénétrer l’univers de Jean-Marie et Arnaud Larrieu, il faut habituellement accepter que la gravité soit traitée avec loufoquerie et la loufoquerie avec gravité, dans une sorte d’équilibre à la fois primaire et subtil. Taratata : Le voyage aux Pyrénées, c’est du loufoque ascendant loufoque, cent minutes délirantes qui rebondissent régulièrement au gré de situations tellement improbables qu’elles finissent par devenir complètement absurdes. Un ton bizarre mais assumé de la part des frangins, qui s’offrent un fil mineur en forme de vacances dans cette région qu’ils chérissent tant.
Que les fans d’un cinéma français bien poli soient prévenus : Le voyage aux Pyrénées, c’est un trip auteuriste mais inconfortable, qui revendique ses moments les plus ridicules avec un aplomb déconcertant. On peut légitimement se lasser de la surenchère perpétuelle dans laquelle se lance le scénario, ainsi que de son absence totale de fil conducteur. On peut également regretter le temps où ce ton si particulier n’était pas le centre même des films des frères Larrieu. On nage en pleine fantaisie, et il semble difficile d’en tirer un quelconque enseignement ou d’en garder un petit morceau avec soi, comme c’est souvent le cas pour les films ayant un minimum d’épaisseur.
Mais voilà : on a beau trépigner, s’impatienter par endroits, Larrieu & Larrieu nous reconquièrent régulièrement grâce à quelques séquences irrésistibles ou à des détails savoureux auxquels on aime à s’accrocher. Tout cela ressemble furieusement à de l’écriture automatique, qu’on croise un faux ours, un tibétain amateur de champignons ou qu’on aille encore beaucoup plus loin dans l’étrange (dernier quart d’heure très très charmant ou très très agaçant, c’est selon). La fin est magnifique, confirmant le talent de monsieur Darroussin quel que soit le registre où il évolue, ainsi que celui de mademoiselle Azéma lorsqu’elle est bien dirigée (c’est-à-dire un peu bridée mais pas trop, érotisée mais pas hystérisée). On espère revoir ce beau duo le plus vite possible chez les Larrieu, de préférence dans une œuvre un peu plus consistante que celle-ci.
6/10

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