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Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019

Publié le 02 février 2019 par Concerts-Review
Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019

Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019

J'ai grandi au Bahreïn, en fait mon vrai nom est Yasmeen, qui est le nom en arabe pour le jasmin.

Ma famille est partie s'installer à Londres, je suis devenue Yazz, car les Anglais ne parvenaient pas à prononcer mon prénom convenablement...

Et la trompette?

Terry Brown was born in Islington in north London in 1928. He was playing the trumpet at the age of thirteen and was playing local gigs at the age fourteen. In 1945 he joined Johnny Claes when he was only sixteen years old...et bien, c'est mon grand-père, il était féru de be-bob.

La prometteuse trumpet and flugelhorn player a sorti deux albums, 'Finding My Way Home", en 2011, et en 2017, 'La Saboteuse', que Jazzaround décrit en ces termes "Les treize titres qui garnissent la " Saboteuse " oscillent entre le jazz et le psychédélisme, avec une forte résonance orientale."

Début janvier Yazz était à Bruxelles ( Flagey) pour le Brussels Jazz Festival, après un bref détour par le UK, c'est la France qui l'accueille. Pour son étape bretonne, elle a choisi l'imposant Théâtre du Champ au Roy, à Guingamp.

Le concert est prévu à 20:30', afin de caser les moins ponctuels, il débutera avec un léger retard.

Un signal lumineux vers la table de mixage indique que l'heure du kick off est imminente, Yazz Ahmed ( trompette, bugle, looping and sampling) , Martin France ( drums), Ralph Wyld ( vibraphone), George Crowley ( clarinette basse) et Dave Manington ( bass) prennent place et, sans un mot, amorcent une première compostion à l'allumage flegmatique.

La plage initiale fait partie d'une suite qu'elle a composée pour le Southbank's Women of the World festival.

Après les premières effluves voyant la clarinette basse en pole position, Ralph entre en action, il manie des arcs ( de loin on pouvait imaginer voir des scies) à la manière du Steve Reich's sextet pour jouer de l'idiophone, la mélodie se teinte de coloris arabiques mystérieux, invitant à la rêverie ou à la méditation.

Après un premier solo de vibraphone, la trompette se paye une escapade aux accents Sketches of Spain, les samples futuristes apportant une touche electro psychédélique à la phase finale du morceau.

Pas un mot, pas de réaction du public, ils ont abordé la ballade filandreuse 'La Saboteuse' pour lequel Yazz a ramassé le bugle.

Le dosage des éléments électroniques et de l'instrumentation classique s'avère subtil, une nouvelle fois, tu clos les paupières et laisse ton esprit vagabonder en terre exotique.

Les partitions de la seconde plage font place à celles de 'Jamil Jamal' entamé par un solo de batterie, au terme duquel la frontlady fait un signe au public l'incitant à applaudir l'efficient Martin France. Le vibraphone et la clarinette basse entament un dialogue mélodieux, la basse et la batterie assurent l'assise rythmique.

Une trompette ample, majestueuse, solennelle prend le relais, avec l'apport de l'électronique la plage se colore de nuances trip hop.

Pause, trente minutes viennent de s'écouler, la jeune dame présente ses équipiers et lève un voile sur les titres joués puis annonce une nouvelle suite dont le premier titre, lyrique, est inspiré par le Bahreïn, il débute d'ailleurs par un chant samplé.

Dans la salle quelques auditeurs, plus ouverts au jazz mainstream ou au swing se sont assoupis, les férus d'aventure et de sonorités inhabituelles savourent, il est vrai que l'univers de la jolie dame favorise l'introspection et l'onirisme.

Le sort des migrants est le thème du second volet, grave, de la suite (The Shoal of Souls) , puis ' Her light' s'engage sur un tempo accéléré avant un break plaintif et une nouvelle activation du rythme. Des effets stridents et un jeu de batterie furieux conduisent le morceau vers une explosion finale sidérante.

Yazz vient présenter les derniers morceaux, 'Whispering gallery' une commande du London Jazz Festival, la compositrice s'est laissée imprégner par l'atmosphère régnant dans la St Paul's Cathedral pour composer une pièce baignant dans un univers ambient que n'aurait pas dénigrer Brian Eno.

Une dernière plage fluide, malgré la complexité des arrangements, nous conduit au terme d'un concert pendant lequel les musiciens ont fait preuve d'une cohésion et maîtrise exemplaires.

Ils reviendront pour un bis à nouveau inspiré par le pays d'origine de la jeune trompettiste, 'The Lost Pearl' ( ?), un rondo noir survolté.

Après la France, Yazz Ahmed and band seront en Suisse pour une date avant de regagner le UK

Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019
Yazz Ahmed au Théâtre du Champ au Roy, Scène de territoire, à Guingamp, le 31 janvier 2019

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