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« Le Procès du cochon » d’Oscar Coop-Phane

Par Angelalitterature

Le Procès du cochon, d'Oscar Coop-Phane, Grasset, janvier 2018, 125 pages, 12€.

Nous ne savons pas trop ni où ni quand nous nous trouvons : sans doute en France, dans un village, et surtout dans une autre époque. Un jour, ce village se trouve chamboulé par le meurtre d'un bébé laissé sans surveillance : il aurait été mordu par un cochon... Nous assistons alors à l'enquête et au procès du cochon, appelé " le croqueur ". La quatrième de couverture du roman évoque clairement le procès d'un cochon et le jugement des animaux qui avaient lieu en Europe du XIIe au XVIIIe siècle. Je n'ai lu la quatrième de couverture qu'après avoir lu le roman. Tout au long de ma lecture, j'avais en tête un homme appelé le " cochon " et le " croqueur ", et non un véritable cochon. À aucun moment je n'ai pensé que le cochon pouvait réellement être un animal.

Là est toute la réussite de ce livre : l'allégorie voulue fonctionne puisque nous voyons immédiatement dans le cochon un homme, qui ne parle pas, qui se comporte comme un animal, qui se retrouve être traqué par la police et la justice...

Ce livre pose la question de l'homme qui ne serait pas civilisé et qui aurait affaire à la justice, à la morale, à la loi, à des hommes et des femmes qui se comportent selon certaines mœurs, qui ont appris à vivre en société. Entre l'animal et le monstre, montré du doigt, ce livre pose, entre les lignes, mille questions sur l'humain. Un roman court et passionnant. Vous le lirez rapidement, mais vous y penserez pendant longtemps...

Extrait :

" Voilà les preuves : le croqueur a été trouvé dans les bois, juste à côté de la maison. Du sang coulait encore à la lisière de ses gencives. Quand on l'a arrêté, il n'a montré aucune résistance ; il avait les yeux vides. Il ne s'est pas révolté.

Voilà les témoignages : quatre enfants, les frères Bernard (huit et dix ans), Jeanne Forton (huit ans) et Edouard Petit (cinq ans), reconnaissent avoir aperçu le vagabond, sur la route des Colombes, le matin du crime, alors qu'ils jouaient avec des bâtons. Ils l'ont formellement identifié.

Voici les faits : le suspect ne transportait avec lui aucune affaire. Pas un canif, pas un sac, pas même une couverture. C'est un corps nu. N'ayant pas l'air de vouloir se faire comprendre, le suspect ne s'est pas défendu. Il n'a pas avoué le crime non plus.

Voilà les traces : les empreintes de pieds concordent, de la forêt jusqu'au couffin. On peut retracer un itinéraire précis. Ensuite, à en croire les moulages réalises par le docteur Richard, les dents du suspect, pointues et arquées, correspondent aux déchirures relevées à l'épaule gauche de la victime. "

Site des éditions Grasset

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